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Point de vue de Mauritz Quaak (Bioénergie de la Brie) :

L’expérience concrète du projet Bioénergie de la Brie en Seine-et-Marne, premier projet d’injection de biométhane agricole dans les réseaux de gaz naturel, prouve qu’il existe de belles opportunités à choisir d’injecter le biométhane dans les réseaux de gaz naturel plutôt que de l’utiliser pour produire de l’électricité mais que ce n’est pas toujours simple.

Déjà fabriquée à partir du blé, du colza ou de la betterave aujourd’hui, la biomasse a toute sa place dans la transition énergétique française en cours, que ce soit pour produire de l’électricité, du biométhane ou du carburant.


Source : Bioénergie de la Brie

Le site web que nous avons développé pour l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France porte le slogan « L’énergie du territoire ». Les agriculteurs veulent pouvoir répondre localement aux besoins de chaleur, de gaz, d’électricité et de carburant. Et le potentiel existe : les études menées par l’ADEME montrent qu’à l’horizon 2030, entre 12 et 30 TWh de biométhane pourraient être produits.


Source : Bioénergie de la Brie

L’exploitation de Bioénergie de la Brie regroupe à la fois des cultures et de l’élevage. Les deux activités se complètent tout à fait, puisque l’alimentation pour l'élevage est produite par des cultures et que les effluents d’élevage retournent aux champs pour les fertiliser.

L’idée de la méthanisation s'est avérée très intéressante dans la mesure où elle ne constitue qu’une étape supplémentaire dans l’économie circulaire qui existe déjà sur l’exploitation agricole. Les effluents d’élevage sont intégrés dans le méthaniseur afin que soit extraite la partie carbonée et le digestat qui en est issu garde toutes ses valeurs agronomiques (azote, potasse et phosphore) pour amender les terres.

Afin d’avoir une économie circulaire parfaitement vertueuse, il est possible d’intégrer dans le méthaniseur d’autres biodéchets.

La mise en œuvre d’un projet de méthanisation possède trois intérêts :

  • la réduction des émissions de gaz à effet de serre : au lieu d’être en bout de champ et de générer des gaz à effet de serre, le fumier est traité directement par le méthaniseur ;
  • la réduction des intrants chimiques : l’utilisation du digestat permet de limiter l'usage d'engrais chimiques fabriqués avec du méthane (l’ammonitrate est produit à partir d’hydrogène provenant du méthane). Le méthaniseur de l’exploitation a été dimensionné de telle sorte que le digestat couvre 100% de la surface agricole et donc se substituer à l’engrais utilisé habituellement. La méthanisation a permis de diminuer les intrants chimiques de 30 % la première année et 60 % la deuxième année. Cette substitution prend du temps puisque le digestat n’est ni complètement minéral ni complètement organique ;
  • Pour Bioénergie de la Brie, le choix s’est porté sur la production de biométhane dont le rendement énergétique est meilleur qu’en cogénération (85 % contre 40 %) Iil semblait par ailleurs plus cohérent de produire une énergie aujourd'hui importée plutôt qu’une énergie produite à des coûts relativement faibles en France. Aujourd’hui, Bioénergie de la Brie exporte plus 90 % de sa production et en valorise 100 % puisque le biogaz produit est utilisé par la chaudière du méthaniseur.


Source : Bioénergie de la Brie

Dans le méthaniseur de l’exploitation agricole sont intégrées des Cultures Intermédiaires à Vocation Energétique (CIVE). Il s'agit de cultures qui s’intercale entre deux cultures. Elles jouent le rôle de piège à nitrates en captant l’azote non consommée par la plante alimentaire et permettent de produire un tiers de la biomasse utilisée par le méthaniseur. Les deux tiers restants proviennent des effluents d’élevage et des biodéchets extérieurs (poussières de céréales, pulpe de betteraves et lactoserum issu de la fromagerie voisine).

Cela prouve qu’il est possible de produire une énergie locale avec des gisements locaux. Les agriculteurs ont d’autant plus leur place dans la mise en œuvre de ce type de projet fondé sur l’économie circulaire qu’ils sont les seuls à maîtriser l’amont et l’aval du projet : en amont, les gisements et en aval l’épandage du digestat. En France, le digestat a toujours le statut de déchet et est donc un produit non normé. Cependant, il est utilisable sous certaines conditions pour amender les cultures biologiques.


Source : Bioénergie de la Brie

Aujourd’hui, dans le cadre de la transition énergétique, différentes sources d’énergie sont mises en avant tel que l’éolien ou le photovoltaïque. Cependant, ce sont des énergies variables qui ne produisent pas toujours l’électricité quand les consommateurs en ont besoin. À l’inverse, la méthanisation a la vertu de produire en continu. Le seul inconvénient est qu’elle a une inertie importante (la durée de digestion de la matière est de plus deux mois) et qu’il est donc difficile de jouer sur cette production.
Les graphiques ci-dessous représentent les relevés du poste d’injection de GRDF sur lequel est raccordée l'installation de production de biométhane. Il s’agit d’une plage de production de 24 heures : les courbes permet de voir que le débit fluctue mais que la qualité (courbe inférieure) reste parfaitement constante qu’elle que soit la production. En effet, le réseau des cinq communes sur lequel est raccordée l’installation de biométhane s’est retrouvé saturé lors des périodes de faible consommation (en été notamment, mais également la nuit). Le débit d’injection doit donc être réduit pour s’adapter à la consommation.


Source : Bioénergie de la Brie



Mauritz Quaak
27 janvier 2015





Mauritz Quaak est le gérant de Bioénergie de la Brie, première exploitation agricole produisant du biométhane à l’injecter dans les réseaux de gaz naturel.



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