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Interview de Gilles Bideux (Lyonnaise des Eaux) :

Les déchets des stations d’épuration des eaux usées (STEP) font partie des intrants nouvellement autorisés pour produire du biométhane injecté sur les réseaux. Pouvez-vous nous présenter le dispositif réglementaire qui autorise l’injection dans les réseaux de gaz naturel du biométhane issu des boues de STEP ?

Le 24 juin 2014, deux arrêtés du ministre chargé de l’énergie et de l’environnement ont été publiés :

  • le premier texte a intégré les boues de stations d’épuration à la liste des intrans autorisés dans la production de biométhane pour l’injection dans le réseau de gaz naturel ;
  •  le second texte introduit un tarif d’achat du biométhane, après injection dans le réseau de gaz naturel, spécifique au biométhane issu de la méthanisation des boues de stations d’épuration.

Que représente le marché désormais rendu possible par ce dispositif réglementaire ?

Ce dispositif réglementaire permet de garantir, au producteur de biométhane, un tarif fixe d’achat de ce gaz durant quinze ans. Ce tarif est fonction des quantités de biométhane produites annuellement, les petites installations bénéficient d’un prix d’achat plus élevé que les installations de plus grandes tailles. À travers ce dispositif, le ministère encourage la méthanisation des boues des stations d’épuration : les quantités de biométhane qui pourraient être produites par ces installations sont estimées à 2 TWh à horizon 2030, ce qui représente le consommation de gaz nécessaire au chauffage de 250 000 logements moyens.

Quels avantages y a-t-il à produire du biométhane à partir des boues des STEP ?

La méthanisation est le point central d’une économie circulaire sur le territoire d’une collectivité. Grâce au traitement des eaux usées qu’ils rejettent, les habitants contribuent à la production locale et renouvelable d’une énergie verte. Grâce à son injection dans le réseau de gaz naturel, cette énergie renouvelable peut être valorisée, à proximité des sites de production, dans les installations de chauffage et d’eau chaude sanitaire. Le biométhane peut également être utilisé par les véhicules, sous forme de biocarburant, dans les transports en commun notamment.

Quels étaient les freins à l’autorisation des boues de STEP comme intrants pour produire du biométhane ?

L’étude sanitaire menée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) avant la publication des arrêtés de novembre 2011 autorisant l’injection de biométhane issu de la méthanisation des déchets ménagers et agricoles, n’avait pas pris en compte les boues de stations d’épuration en l’absence de données sur la qualité du biogaz produit par ces installations.

En effet les méthaniseurs installés sur les stations d’épuration avaient pour objectif essentiel de réduire les quantités de boues à évacuer. Quelques grosses installations valorisaient le biogaz sous forme de chauffage ou en cogénération, les autres installations brûlaient ce gaz résiduel dans des torchères.

Les analyses poussées du biogaz étaient rarement effectuées et, de ce fait, l’ANSES n’a pas pu rendre un avis sur l’innocuité sanitaire du biométhane après injection. Depuis le retard a été comblé et la réglementation a été complétée, elle est maintenant semblable à celle des autres pays européens.

Quels sont les projets innovants que vous développez dans ce cadre ?

Lyonnaise des Eaux a démarré dès la publication des arrêtés en juin 2014 deux projets innovants de différentes tailles.

Le premier projet qui sera mis en œuvre est celui de la Communauté urbaine de Strasbourg qui produira 200 m3/h de biométhane. Ce gaz, issu de la méthanisation des rejets de la station d’épuration dimensionnée pour traiter un million équivalent habitant, sera injecté dans le réseau de Gaz de Strasbourg à la fin du 3e trimestre 2015.

Le second projet, d’oreset-déjà sur les rails, est celui de la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin–en-Yvelines. Le biométhane produit par la station d’épuration d’Élancourt (40 000 équivalent habitant) sera injecté à partir du 1er trimestre de 2017.


Gilles Bideux
01 mars 2015





Gilles Bideux est Responsable Pôle Energie à la Direction de l’Ingénierie Environnementale de la Lyonnaise des Eaux.



Forte de 130 ans d’expérience dans la gestion technique de l’eau, Lyonnaise des Eaux innove pour la santé de l’eau en apportant des solutions qui répondent aux besoins de tous types de clients (collectivités, habitants, industriels, agriculteurs, gestionnaires de bâtiments, etc.) tout au long du cycle de l’eau et met tout en œuvre pour garantir durablement au consommateur une eau sûre de qualité irréprochable.


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