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Interview de Bruno Lachaussée (ERDF):


Quelles sont les grandes étapes de l’expérimentation Linky en cours ?

C’est une expérimentation qui se déroule du 1er mars 2010 au 31 mars 2011. Du point de vue d’ERDF, elle a deux grandes finalités :

Il s’agit, tout d’abord de démontrer une capacité de notre entreprise à déployer en masse un peu moins de 300 000 compteurs dans un temps donné (cette première démonstration en cours est plutôt bien avancée) ;

Le second point consiste à confirmer la faisabilité technique du système au regard de la réalité sur le terrain et à vérifier que les performances attendues sont atteintes. En effet, même si les tests en laboratoire, ou à petite échelle, des compteurs évolués ont donné satisfaction, il est nécessaire de valider notre capacité à les exploiter sur une grande masse avec toutes les configurations possibles et imaginables de réseaux, de localisation et de matériels (3 fabricants de compteurs, 2 fabricants de concentrateurs, 1 fabricant de système d’information). Sur cette démonstration nous sommes un peu en retard par rapport à nos prévisions, puisque nous  n’allons ouvrir les nouveaux services aux fournisseurs que prochainement.

L’expérimentation doit servir principalement à montrer ces deux aspects.

Quelles sont les fonctionnalités qui vont concerner les fournisseurs ?

Je vois deux grandes fonctionnalités. La première concerne le télé-relevé (capacité à relever à distance) : le système prévoit que les index du client soient relevés tous les jours. À travers l’expérimentation, nous cherchons à savoir si nous sommes capables de remonter vers notre SI central les index enregistrés tous les jours à minuit dans le compteur. À quoi cela va-t-il servir ? Remonter les index tous les jours permet d’abord de vérifier que le compteur communique correctement avec le système. Mais surtout nous avons énormément de prestations demandées par les fournisseurs, qui ne requièrent que la mise à disposition de l’index de consommation (par exemple, pour changer de fournisseur, c’est uniquement l’index entre le fournisseur d’avant et le fournisseur d’après qui compte,). Nous avons simplement besoin de dire « aujourd’hui, les index du compteur sont de tant ». Vis-à-vis des fournisseurs, avoir les index du jour déjà dans notre SI central garantit la rapidité attendue de la plupart de nos prestations.

La seconde a trait à la télé-action : cela permet d’agir sur le compteur à distance (par exemple, pour changer la puissance souscrite, changer les plages horaires heure pleine / heure creuse, etc.) dans les temps impartis, ce qui permet d’éviter tout déplacement occasionnant une perte de temps voire un dérangement pour le client.

Est-ce qu’il fallait faire une expérimentation sur 300 000 clients ?

Ce volume nous a permis de rencontrer les différentes typologies de réseaux, de clients et de configurations techniques et d’en tirer des enseignements nécessaires quant à l’effort à fournir lors de la généralisation (notamment à propos des problèmes techniques liés à la masse).

A la date du 30 septembre 2010, pouvez-vous nous dresser un bilan de l’expérimentation en cours ?

153 000 compteurs ont déjà été déployés, ce qui représente 76 % de ce qui était prévu à cette date. Il faut toujours garder à l’esprit qu’il est normal que nous n’atteignions pas 100%. Nous nous étions fixés des cibles ambitieuses dans le but d’en apprendre le plus possible afin d’être prêts pour la généralisation. Nous savions donc que nous allions rencontrer des difficultés imprévues.

Concernant le déploiement, nous avons un taux de réclamation raisonnable et dans les standards du métier, et un taux de satisfaction client à l’issu de la pose qui est tout à fait satisfaisant puisque 93 % des clients déclarent être satisfaits de l’opération.

Quel accueil les clients réservent-ils à ces 153 000 nouveaux compteurs ?

Globalement, les choses se passent bien. Pour mesurer l’accueil réservé par les consommateurs aux compteurs, nous suivons le critère du nombre de refus de pose des compteurs. Les proportions observées sont relativement faibles : 800 refus connus ce jour. Attention, il s’agit d’un chiffre à un instant t, ceux qui sont dans les refus d’aujourd’hui ne seront pas forcément dans les refus de demain. Nous ne voulons pas « passer en force », nous avons choisi d’accepter les refus de pose. Le taux est pour l’instant faible mais très lié aux déclarations médiatiques. En effet, on observe une corrélation évidente entre un article de presse négatif et le refus des clients.

Quelles sont les difficultés rencontrées pendant l’expérimentation ?

Nous avons rencontré deux problèmes que nous devons surmonter :

La première difficulté est la mise au point technique de bout en bout du système pour atteindre une qualité de communication de niveau industriel et acceptable pour les fournisseurs, c’est-à-dire que nous visons la garantie d’un taux de réussite proche de 100 % à chaque demande d’opération. Nous voulons être certains que si un fournisseur prend un engagement par télé-opération d’une mise en service ou d’un changement de puissance, cela se réalise bien. Nous allons certainement atteindre prochainement ce taux sur des territoires donnés et ouvrirons progressivement ces services aux fournisseurs.

La deuxième difficulté n’était pas prévue : il s’agit du bruit médiatique qui entoure le compteur Linky. L’analyse des différentes déclarations nous a conduits à identifier trois peurs.

La première peur concerne le coût du compteur. Un prix a été donné à un objet qui, dans l’esprit des consommateurs, n’en avait pas, et, en plus, il s’agissait d’une somme excessive. La deuxième peur a trait à  des coupures intempestives du compteur. L’analyse a posteriori a montré que très peu de clients ont eu à subir des coupures. Elles résultent de dépassement de puissance et étaient générées par des clients qui avaient de longue date un réglage de leur disjoncteur qui leur était favorable, et qui bénéficiaient donc d’une puissance supérieure à la  puissance souscrite qui leur était facturée. Autrement dit, ils bénéficiaient localement d’une puissance supérieure à celle qu’ils payaient. Le compteur n’a fait que détecter ces anomalies et, en raison de ses réglages, a coupé. La troisième peur est nourrie par le caractère intrusif du compteur, mis en exergue par la communication dans de nombreux médias de l’exemple de la connaissance de l’heure de la prise de douche. Pour reprendre cet exemple, il est  quasiment impossible de savoir à quelle heure une personne prend sa douche puisque l’eau utilisée est généralement chauffée par un ballon d’eau chaude la nuit. Enfin les données enregistrées par le compteur appartiennent au client et elles ne seront communiquées qu’avec son accord.

Quels sont les tests qui vous restent à faire d’ici la fin de l’expérimentation ?

Nous devons continuer à progresser dans l’amélioration de la fiabilité du système : nous sommes toujours dans la phase de réglage du système pour qu’il se rapproche des 100 % de réussite. Après avoir ouvert aux fournisseurs les processus courants clientèles (relevé sur index réel et télé-opérations) nous allons devoir mettre également au point les fonctionnements des offres « maquettes » proposées aux fournisseurs pour un panel limité de client. Ceux-ci pourront exploiter quatre types d’offres : un relevé à dates choisies, une communication des courbes de charges des clients à un rythme de leur choix, des offres de fourniture heures creuses au choix et enfin des offres à pointe mobile.

Si demain, le compteur Linky est généralisé, quel sera l’impact sur le système d’information ?

Ce sera un système d’informations qui traitera les données d’environ 35 millions de compteurs. Or une des problématiques de l’informatique est de faire grossir un système. Aujourd’hui nous avons développé  les principales fonctionnalités. Demain il faudra faire  grandir le système tout en maintenant ses performances. Pour y arriver, nous déploierons les compteurs par étape.

Bruno Lachaussée
17 septembre 2010

ERDF participe au bon fonctionnement du marché de l’électricité en poursuivant un double objectif de qualité (continuité et la qualité de la desserte) et de neutralité (l’accès au réseau de distribution sans discrimination).


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