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Interview de Patrice Caillaud (Itron) :

Comment se déroule le projet Linky chez Itron ?

Le projet Linky pilote est, pour Itron, une opportunité de montrer ses compétences AMM dans le domaine du comptage et de la communication CPL.
Sur notre partie industrielle comprenant les compteurs et les concentrateurs communicants par CPL, le développement et les livraisons sont en ligne avec les objectifs, nous sommes en train de finir les livraisons de l’ensemble du matériel (3 500 concentrateurs et 100 000 compteurs)
Cette expérimentation est d’une richesse et d’un enseignement incroyables pour aborder le déploiement avec sérénité.

La presse a beaucoup relayé des problèmes sur le système, qui vont être réglés dans les mois à venir. Si les constructeurs retenus pour l’expérimentation ne sont pas les mêmes que pour le déploiement, y a-t-il un risque que ces problèmes ressurgissent lors de la généralisation ?

Une expérimentation est faite pour résoudre tous les problèmes qui ne sont pas visibles sur le papier ou même sur 1 000 ou 5 000 points. Notre vision d’industriel fournissant les compteurs et les concentrateurs ne permet pas d’avoir la vision globale des points relayés par la presse, qui sont au niveau du système.
Néanmoins, pour le matériel, que ce soient les compteurs ou les concentrateurs, la fonction de téléchargement depuis le système central d’une partie du code permet de régler à distance la majorité des problèmes rencontrés et de faire évoluer en continue les applications logicielles.

Pour ce qui est du déploiement, le pilote va jouer pleinement son rôle pour affiner l’ensemble des fonctionnalités sur toute la chaîne, y compris celui de l’interopérabilité des matériels entre les 3 fournisseurs de compteurs et les 2 fournisseurs de concentrateurs. D’ores et déjà, les matériels sont installés sur le réseau et répondent à 99% de ces critères d’interopérabilité.

Dans ces conditions, si le déploiement est réalisé sur des bases fonctionnelles et des choix technologiques proches du pilote, les problèmes réglés sur le pilote ne se représenteront plus.
En revanche, si des modifications sensibles ont lieu sur un de ces aspects techniques ou fonctionnels, un nouveau pilote significatif sera nécessaire.

Dans le cas où la généralisation serait lancée, quels sont les enjeux pour une entreprise telle qu’Itron ?

Les projets AMM sont très importants pour ITRON, c’est une vague de fond qui va s’imposer sur nombre de territoires pour des raisons différentes en fonction des continents.
En France et en Europe, ce sont les aspects d’ouverture des marchés, de maîtrise de l’énergie et de développement des énergies de sources renouvelables, qui constituent les principales raisons. Elles sont guidées par des Directives européennes, le Grenelle de l’environnement auxquelles la France a largement participé.

Dans ce contexte de prise de conscience de la rareté et la cherté de l’énergie, tout le monde se rend compte que pour mieux gérer l’énergie et mieux consommer, il faut d’abord commencer par mesurer, puis il faut informer le client sur ce qu’il consomme et ensuite lui apporter des outils d’aide à la gestion automatique de sa consommation.

Dans le contexte également d’un équilibre de plus en plus tendu, entre production et consommation, avec l’apparition de problématiques nouvelles liées à la prise en compte sur le réseau des productions issues des énergies de sources renouvelables et au rechargement des véhicules électriques, le compteur et les systèmes de comptage AMM sont devenus un enjeu formidable pour répondre à ses nouveaux besoins.

Pour Itron, les projets Smart grids sont  donc un enjeu industriel important, nous avons déjà en cours de déploiement plus de 15 millions de compteurs AMM dans le monde, principalement hors d’Europe, la prochaine étape sera le territoire Européen sur lequel nous espérons prendre une place importante, en particulier en France, avec la fabrication de millions de compteurs AMM à partir de 2012.

Pour notre site de Chasseneuil basé en France, c’est l’assurance de la pérennisation et du développement de notre site industriel de 300 personnes. Nous avons la volonté de rester implantés en France et d’y garder la fabrication de l’AMM.
L’AMM constitue un grand projet industriel pour le territoire français, il est l’occasion pour les entreprises françaises qui seront choisies d’être à la pointe sur ces sujets et d’exporter ainsi leur savoir-faire en Europe et partout dans le monde.
Pour nous, industriellement, le pilote a été l’occasion de mettre en place une ligne de fabrication dédiée que nous pourrons démultiplier facilement pour le déploiement de masse.

Que va-t-il se passer entre l’expérimentation et la généralisation ?

Le décret publié le 31 août 2010 prévoit l’installation de compteurs communicants à partir de 2012. L’enjeu est donc, en fonction des résultats de l’expérimentation, de prendre des décisions dès la mi-2011 afin que les projets démarrent en 2012.
Nous attendons donc les éléments de ce déploiement avec impatience afin de développer les moyens nécessaires pour ces quantités.

Quelles sont pour vous les conditions pour que l’AMM réussisse auprès du grand public ?

Le grand public est intéressé par sa facture, la qualité de la fourniture, les économies d’énergie et d’éventuels services additionnels.

Pour que l’AMM réussisse, il faut donc jouer sur ces différents tableaux. En particulier pour que la consommation du particulier soit optimisée, il faut lui donner les moyens de visualiser facilement ses index et ses éléments de facturation en euros.

Un afficheur distant ou des données accessibles sur un portail web semble donc indispensable pour cet objectif.

Quelles sont les autres expériences dans le monde, avec une philosophie différente de celle développée en France ?

Nous avons à ce jour 6 millions de compteurs intelligents installés sur un total de 15 millions en cours. C’est d’ores et déjà considérable.

Les expériences significatives existent principalement aux Etats Unis et dans les pays Scandinaves. Les drivers de ces grands projets sont soit des impositions législatives, soit des besoins importants d’amélioration de la qualité du réseau et la gestion de la pointe, soit la possibilité de nouveaux services jusque dans le pilotage des appareils de la maison.

Aux Etats-Unis, les services accompagnant les systèmes de comptage évolué dans la maison permettent de valoriser les systèmes AMM, en lui donnant une valeur ajoutée et en permettant une lecture simplifiée de la consommation d’énergie.

Comment reliez-vous les compteurs évolués et les Smart grids ?

Les Smart grids facilitent et améliorent l’exploitation des réseaux et, de ce fait, améliorent la qualité de l’alimentation en électricité.

L’AMM, en installant des nœuds intelligents sur tous les points du réseau et en permettant un suivi précis de l’offre et de la demande, contribuera à l’amélioration de la qualité des réseaux. Les compteurs évolués communicants sont donc un préalable pour des fonctions de Smart grids.

L’intégration des énergies renouvelables et de la recharge des véhicules électriques ne pourra se faire qu’avec un compteur évolué relié à un système de Smart grids.

Nous avons par exemple instrumenté, par l’installation de comptage, tous les sites de production d’énergie dans les DOM, avec un système de relevé permettant de reconstituer toutes les 5 minutes, la part des énergies aléatoires (photovoltaïque ou éolien) dans la production totale. Si ce ratio devient trop élevé, l’équilibre du réseau peut devenir instable, et il peut être nécessaire de délester certains sites de production aléatoire.
Cet exemple montre qu’un comptage évolué, communicant avec un système intelligent permet de gérer des problématiques de réseau, qui sont apparentés à du Smart grids.

Le Smart grids est une des grandes révolutions technologiques de demain.



Pour en savoir plus :

Présentation ITRON

Dossier de presse ITRON


Patrice Caillaud
30 septembre 2010


Patrice Caillaud, né en 1956, est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en électronique et titulaire de niveaux universitaires.
Après une carrière d’enseignant, il est entré dans le monde industriel du comptage dans la compagnie Schlumberger, devenue Actaris, puis Itron à ce jour.
Il a participé à tous les grands projets d'EDF sur le comptage électronique et le comptage communicant depuis de très nombreuses années, il est un des représentants français dans les groupes internationaux de normalisation sur les protocoles du comptage (TC13 de la CEI). Il a, à ce titre, été amené à concevoir ou mettre en œuvre des protocoles de type Euridis, Mbus, CPL .
Depuis 2005, il est Directeur Commercial et Marketing de Itron France pour sa partie électricité, et donc très impliqué dans  les projets AMM et Smartgrid sur le territoire français en particulier AMM Linky d’ERDF et des autres régies françaises, et les projets liés à l’arrivée des productions d’énergie renouvelables.


Le groupe Itron, qui a intégré la société Actaris en avril 2007, propose des solutions de comptage intelligent, de collecte et de gestion des données de comptage pour les secteurs de l’électricité, du gaz, de l’eau et de l’énergie thermique.

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