Haut de page

Accueil » Dossiers » Le consomm'acteur

Quels nouveaux produits et services pour le consommateur ?

Les Smart grids conçus pour accompagner une transition énergétique inédite

Les Smart grids naissent d’une union entre l’électrotechnique et les technologies de l’information et de la communication (TIC), moteur d’innovation dans de nombreux secteurs (médias, finance, etc.). Un mariage de raison, car il s’agit de gérer, dans des délais contraints, une transition énergétique inédite visant à ce que la société émette moins de gaz à effet de serre et réduise son état de dépendance coûteux envers des énergies non renouvelables et polluantes.

Il s’agit, donc, de moins consommer (efficacité énergétique) et de consommer différemment (mix énergétique de plus en plus tourné vers des énergies d’origines plus renouvelables).

Le résultat de cette union inédite laisse nombre d’observateurs perplexes. Les Smart grids bouleversent en effet les chaînes de valeur technologique et économique bien établies.

On peut dire pour l’essentiel qu’ils consistent à passer :

  • d’un réseau essentiellement analogique, faiblement communicant, unidirectionnel, gérant une production majoritairement centralisée, dimensionné et équilibré par rapport à une demande « presque aveugle » et croissante …
… à un réseau …
  • numérique, largement communicant, bidirectionnel, gérant de nombreuses sources de productions décentralisées et difficilement prévisibles, et équilibré grâce à un ajustement de l’offre, mais aussi de la demande.

Les Smart grids : de multiples voies de concrétisation

Les Smart grids sont davantage définis par ce qu’ils peuvent faire que par les technologies qu’ils intègrent (approche fonctionnelle de la Commission mixte sino-américaine sur l’énergie propre (JUCCCE - joint US-China Collaboration on Clean Energy)). Chaque marché doit décliner les fonctions Smart grid sur les différentes composantes de son système électrique (production, transport / distribution, comptage, équilibre offre / demande, réglages, etc.) en prenant en compte son patrimoine existant, ses contraintes et ses besoins prioritaires.

Au regard de la complexité technique, des règles de marché à adapter et des investissements à mobiliser, on comprend aisément que la transition énergétique puisse être délicate, tâtonnante et longue. Elle l’est d’autant plus que les modèles économiques sont extrêmement difficiles à établir pour couvrir les investissements par des gains en matière de productivité, d’efficacité énergétique, d’exploitation, etc.

Aussi toute description des changements qui vont s’opérer à court terme en France va-t-elle davantage relever du pronostic que de l’affirmation, la réalité se jouant souvent des conjectures.

Devant le voile d’incertitudes sur la déclinaison des Smart grids par marché, à quels produits et services « aval compteur » le consommateur peut-il raisonnablement s’attendre ?

Préoccupés par l’évolution de leur facture énergétique, les consommateurs, s’interrogent légitimement sur les nouveaux produits et services qui leur seront proposés à moyen terme et en particulier chez eux, « en aval » de leur compteur.

Un début de réponse peut être apporté par l’observation des signaux faibles, au travers notamment de start-ups innovantes présentes sur des marchés ayant mis en place des conditions propices à l’expérimentation de nouveaux produits, services et modèles d’affaires, comme la Californie.

Les start-ups remarquables, dont certaines ont dépassé les 20 millions de dollars de chiffre d’affaires en 5 ans, sont à la croisée du Smart home et du Smart building (respectivement ‘domotique’ et ‘GTB/GTC’ dans leurs dénominations classiques), du système de gestion énergétique et des applications Smart grids de maîtrise de la demande.

Leur offre : des solutions ludiques, accessibles, rivalisant de simplicité et de design, visant à rendre l’efficacité énergétique « cool » et attrayante, mettant en avant des retours sur investissements courts (réduction de la facture d’énergie du particulier).

L’innovation n’est pas tant dans la technologie embarquée que dans la capacité à combiner dans un bon concept des technologies et des services : prises intelligentes, afficheurs de consommation, thermostats intelligents, logiciels de reporting en ligne, architectures déportant l’intelligence et l’analyse des données vers des serveurs dédiés, etc.
La promesse de retour sur investissement rapide n’est cependant pas évidente en phase de transition énergétique du fait de grilles tarifaires pas encore suffisamment incitatives, de modèles de gestion active de la demande en cours de définition, etc. Aussi est-il indispensable aujourd’hui pour répondre aux attentes du marché, que ce soit dans le tertiaire ou le résidentiel, de proposer un certain nombre de services. Exemples :

  • audit énergétique de l’existant par diagnostic de dysfonctionnements et recommandations visant à améliorer l’efficacité énergétique et/ou optimiser l’utilisation du contrat de fourniture ;
  • fonctions visant à informer, sensibiliser et responsabiliser les occupants :
    • monitoring des consommations en temps réel de façon agrégée (au niveau du compteur), ou désagrégée (par reconstitution ou mesures directes de chaque usage) ;
    • Social gaming visant à susciter l’adhésion envers les nouveaux systèmes : objectifs à atteindre, inter-comparaison des performances, jeux, etc. ;
    • Alertes ;
  • fonctions de management énergétique avec intelligence artificielle visant à minimiser les interactions via l’interface Home Machine (systèmes auto apprenants en dynamique les préférences et habitudes d’utilisation, intégration de variables sociologiques, etc.) ;
  • pilotage actif des usages :
    • énergétiques : principalement le chauffage et l’ECS dans le résidentiel ; l’éclairage, le chauffage et la climatisation dans le tertiaire ;
    • de confort ;
    • de sécurité.
  • gestion de l’ensemble des paramètres en lien avec des programmes de gestion active de la demande.

Les points majeurs de différenciation se font sur les promesses d’économies (efficacité énergétique, temps de retour sur investissement), de services, d’accessibilité (ergonomie, simplicité d’utilisation, interfaces multicanales), d’intégration avec l’existant (interopérabilité, évolutivité, pérennité), de design, sur l’accès au marché, sur les partenariats et, naturellement, sur la capacité à tenir ces promesses.

Quelques exemples notables dans le secteur :

  • Résidentiel : Opower, Energate, Passivsystems, EnergyHub, AlertMe, Ijenko, Tendril, GainSpan, 4Home, PeoplePower, etc.
  • Tertiaire : Adura, BuildingIQ, Scientific Conservation, Agilewaves, etc.


FIGURE 1 EXEMPLES D’INTERFACES PHYSIQUES DE RESTITUTION DES INFORMATIONS POUR LES CONSOMMATEURS (ICI ONZO ET ENERGYHUB)


FIGURE 2 EXEMPLE DE RESTITUTION DIGITALE POUR LE CONSOMMATEUR : VISUALISATION DE LA COURBE DE CONSOMMATION D’ELECTRICITE ET DE GAZ, ET COMPARAISONS AVEC LES VOISINS (ICI OPOWER)


FIGURE 3 EXEMPLE DE RESTITUTION DIGITALE POUR LE CONSOMMATEUR : REPARTITION DES CONSOMMATIONS PAR USAGES, ET RECOMMANDATIONS POUR REDUIRE SA CONSOMMATION (ICI OPOWER)

Services aval compteur : « must have » ou « nice to have » ?

Outre l’efficacité énergétique, la gestion active de la demande est une variable économique centrale du Smart home / Smart building.

Inversement il est difficile d’envisager la généralisation de la gestion active de la demande, en particulier l’effacement diffus dans le résidentiel, sans automatisme en aval compteur. Le consommateur résidentiel devra potentiellement d’ici à 2020 être en mesure de prendre en compte des signaux tarifaires d’une richesse inédite de la part du compteur Linky (ex. côté fournisseurs : 10 index tarifaires et un calendrier infiniment plus riche que grille tarifaire actuelle). Or, s’il est écrit que l’accès à sa courbe de charge sera donné, le consommateur restera responsable de son installation aval compteur, libre de souscrire à des offres et services du marché concurrentiel pour mettre à niveau son installation lorsque cela s’avèrera pertinent (à défaut d’incitations fortes, au plus tard lors de la rénovation profonde de son logement / bâtiment).

La question n’est, donc, pas tant si les produits et services aval compteur se développeront un jour, mais plutôt selon quelle feuille de route et à quelle échéance ? A ce titre, le déploiement du comptage communicant risque d’être un accélérateur en France.

Or, dès lors qu’on touche au domaine des TIC, les bouleversements peuvent être rapides, inattendus et de grande ampleur. Aucun géant des télécoms ne pariait il y a 5 ans sur le Smart phone. Il a fallu qu’un nouvel acteur ait l’audace de sortir une offre en rupture avec l’existant en 2007, raillée par les experts, pour que 20 % des mobiles aujourd’hui soient des Smart phones et qu’on ait dépassé le million d’applications disponibles.

Dans cette fiche, Innhotep tire ses enseignements d’une étude réalisée en propre qui offre un éclairage nouveau sur le positionnement et les propositions de valeur des principales start-ups sur le marché des applications et services Smart grids, en aval des compteurs et analyse la transposabilité de leurs expériences sur le marché national et les conditions nécessaires à cela.

Pour en savoir plus :

Etude complète sur les Smart Grids et l'efficacité énergétique


Cette fiche a été rédigée par Innhotep.


«Page 5 de 16»

Rechercher

Partager ce site


Se tenir informé

Abonnez-vous à notre liste de diffusion pour être informé régulièrement des mises à jour du site.

S'abonner

Participer au site

Vous souhaitez participer à notre site ou réagir à un dossier, contactez-nous dès aujourd'hui.

Nous contacter

Les forums de la CRE

La CRE organise des forums, associés à chaque nouveau dossier, pour donner la parole aux experts des Smart grids.
Se tenir informé des prochains forums

Nos contributeurs

Notre site se nourrit aussi de vos contributions. Nous tenons donc à remercier "Areva" qui fait partie de nos 123 contributeurs.
Découvrir nos contributeurs