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Accueil » Tous les dossiers » L’éclairage public et le mobilier urbain intelligents

Point de vue de Jean-Noël Guillot (EDF) :


EDF accompagne les collectivités dans leur réflexion sur l’éclairage public. Pour mener à bien cette réflexion, l’éclairage public doit être repositionné dans les enjeux globaux des collectivités.



Elles sont aujourd’hui confrontées à un triple défi :

  • l’attractivité de leur territoire ;
  • l’urbanisation croissante ;
  • le respect de l’environnement.

Et les stratégies d’action et d’optimisation peuvent être menées à différentes mailles du territoire : celle du bâtiment, de la collectivité mais aussi celle de la région.


Source : EDF Collectivités

Pour mettre en place une démarche de transition vers la ville durable, il existe une multitude de leviers :

  • travailler sur les bâtiments publics afin de réduire la consommation énergétique du patrimoine de la collectivité ;
  • travailler sur les mobilités pour développer des modes de transport durables ;
  • et travailler sur la rénovation résidentielle, notamment pour lutter contre la précarité énergétique, etc.

Pour choisir les leviers d’action à activer, il est nécessaire de déterminer, à horizon de temps fixé, quelles seront les évolutions de la population sur un territoire et quels en seront les impacts sur la consommation énergétique du territoire. Il s’agit de faire de la prospective territoriale. Grâce à cette prospective territoriale, il est possible de déterminer le poids de l’éclairage public dans l’ensemble des contraintes énergétiques et environnementales d’une collectivité, de définir les trajectoires d’évolution possibles et, par la suite, de guider les choix d’investissement pour réduire l’impact de l’éclairage public sur ces contraintes.


Source : EDF Collectivités

Aujourd’hui, l’éclairage public représente plus d’1 % des consommations d’électricité en France (soit 6 TWh). 9 millions de lampes sont installées dont 40 % ont plus de 25 ans et dont 1/3 sont encore des lampes à vapeur de mercure. Le taux de renouvellement de candélabres est relativement lent. Seuls 3 % du parc sont renouvelés annuellement Source Cluster Lumière. Le passage d’une technologie à l’autre prend donc du temps.

Pour les communes, l’éclairage public représente, en moyenne selon l’ADEME en 2010

  • 18 % de la consommation énergétique des communes ;
  • 47 % de la consommation électrique ;
  • 37 % de la facture d’électricité.

Face à ces statistiques, l’objectif est désormais d’« éclairer juste ». Ce terme est intéressant car il est à la croisée de quatre grandeurs :

  • les coûts d’investissement et d’exploitation (coûts de maintenance et facture énergétique) ;
  • l’identité lumineuse (elle est très importante pour l’attractivité des territoires) ;
  • la sécurité des biens et des personnes (elle conditionne le niveau d’éclairement et l’adhésion des habitants aux travaux d’éclairage public) ;
  • les rejets de gaz à effet de serre.

L’optimisation de l’éclairage public suit des approches différentes selon l’état du quartier concerné : quartier neuf ou quartier existant.

Eclairage public d’un quartier existant

Dans ce cadre, la démarche possible pour les quartiers existants repose sur :

  • la redéfinition des ambiances nocturnes pour augmenter les niveaux de confort et surtout de sécurité ;
  • l’association des coûts d’investissement et de fonctionnement aux choix effectués ;
  • la diminution des consommations d’énergie ;
  • la rationalisation des opérations de maintenance ;
  • la réduction des coûts d’exploitation ;
  • la diminution des émissions de CO2 ;
  • la protection contre les pollutions lumineuses.

La démarche se divise en deux grandes phases :

  • le diagnostic : audit de la sécurité électrique, puis diagnostic des équipements (inventaire des matériels, de leur état de vétusté par rapport aux dernières innovations technologiques) et enfin cartographie des points lumineux (cela peut prendre deux formes terrestre ou aérienne – voir photos) ;
  • le choix des actions possibles :
    • la mise en œuvre d’une véritable politique de gestion des points lumineux avec un plan pluriannuel des investissements et un plan lumière dans lequel est définie, quartier par quartier, ou à l’occasion du remplacement des luminaires, une stratégie de remplacement des points lumineux accompagnée d’une stratégie de gestion de l’éclairage optimisée en fonction des coûts lumineux ;
    • une analyse de la pollution lumineuse ;
    • la formation des exploitants notamment lorsqu’ils sont intégrés aux équipes municipales.

Pour optimiser l’investissement et les charges d’exploitation, il est nécessaire d’avoir une analyse technique et économique des gisements d’économie liés aux installations d’éclairage intérieur ou extérieur.

Pour mettre en valeur le patrimoine existant, il est nécessaire de connaître et respecter les réglementations et normes en vigueur, d’être accompagné dans la démarche de maîtrise de l'énergie sur la problématique de l’éclairage et de bénéficier de conseils pour le choix des matériels, l’organisation des travaux et de la maintenance.

Le diagnostic permet d’avoir une remodélisation des empreintes lumineuses sur la voie publique en fonction des technologies (LED et lampes à décharge).


Source : EDF Collectivités

Cela permet de recalibrer l’espacement des mâts mais aussi de réaliser une analyse technico-économique sur la durée de vie des équipements. Elle est déterminée sur 20 à 25 ans en intégrant les investissements, les coûts d’exploitation et la réduction des consommations énergétiques. Cela permet d’aboutir à un véritable « merit order » des actions à engager avec des calculs de taux de retour sur investissement de ces différentes actions (remplacement des ballasts, modulation de la puissance, renouvellement du système d’allumage ou remplacement des luminaires à foyer ouvert pour des foyers fermés).

Cette démarche permet à une collectivité d’optimiser son plan pluriannuel d’investissement.


Source : EDF Collectivités

L’éclairage public pour les projets d’aménagement neuf

Sur les projets d’aménagement de nouveaux quartiers, la problématique est différente. Etant donné qu’il ne s’agit pas de remplacement mais de création, cela ouvre d’autres possibilités en termes d’investissement.

Le travail consiste d’abord à identifier le plan de masse. Cela signifie que, pour pouvoir faire la cartographie lumineuse à partir de ce qui est prévu en termes de plan d’aménagement, il faut identifier les lieux ou les bâtiments méritant une mise en lumière. Il arrive que dans certaines opérations d’aménagement, un immeuble soit plus haut que les autres et puisse ainsi faire office de totem lumineux.

À partir de ce plan de masse, il est alors possible de faire des modélisations, des cartographies d’éclairement.


Source : EDF Collectivités

Cette démarche permet d’avoir un vrai choix pour l’aménageur et la collectivité avec trois niveaux :

  • un niveau de base qui est le niveau réglementaire : on équipe la collectivité grâce à des investissements a minima qui répondent aux exigences réglementaires ;
  • un niveau plus performant, aux investissements plus élevés mais aux coûts de fonctionnement plus faibles ;
  • un niveau qui privilégie la technologie, la dimension environnementale et la MDE.

L’analyse multicritères (viabilité économique, confort des usagers et lutte contre le changement climatique) permet au client de faire le choix de la solution qui lui semble la plus pertinente en fonction des caractéristiques de son projet.


Source : EDF Collectivités

Concernant le choix des technologies, les LED atteignent un degré de maturité très intéressant au regard de leur durée de vie (50 000 à 70 000 heures contre 12 000 à 24 000 heures pour les lampes à sodium haute pression). Elles sont très présentes sur le marché et mais leurs niveaux de performance en lumens par watt ne sont pas encore ceux des lampes à sodium haute pression (80 à 80 lm/W contre 100 à 120 lm/W). La LED conquiert aujourd’hui l’espace public, mais oblige à repenser l’éclairage public car les propriétés physiques des LED et celles des lampes à sodium haute pression sont différentes et ne génèrent par le même éclairement. Ce travail est réalisé dans le labo LED d’EDF.

L’efficience de l’éclairage public est donc une alchimie entre les différentes caractéristiques de la zone à traiter :

  • performance des sources lumineuses ;
  • optimisation des implantations ;
  • Niveaux d’investissements ;
  • coût du pilotage et de l’exploitation ;
  • exigences d’éclairement ;
  • impacts des consommations énergétiques (euros, CO2) ;
  • identité lumineuse souhaitée.

En particulier, le positionnement du curseur entre les équipements physiques (candélabres, lampes à haute performance, etc.) et les systèmes intelligents (systèmes de pilotage, équipements communicants, capteurs, actionneurs, etc.) constitue une difficulté majeur dans le choix des investissements des collectivités. Parallèlement, d’autres enjeux émergent :

  • potentiels multiservices à partir des infrastructures d’éclairage public ;
  • viabilité économique des candélabres auto-producteurs ;
  • recyclage.

EDF dispose aujourd’hui d’expertises en mesure d’accompagner les collectivités et les aménageurs dans cette démarche d’optimisation énergétique de l’éclairage comme sur l’ensemble des usages énergétiques.


Jean-Noël Guillot
08 octobre 2013






Jean-Noël Guillot est Directeur du projet Villes et Térritoires Durables à la Direction de Marché Collectivités Territoires et Solidarité chez EDF Collectivités..




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