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Accueil » Tous les dossiers » L’éclairage public et le mobilier urbain intelligents

Point de vue de Salim Bensmail (Mairie de Paris) :

La Mairie de Paris a réalisé une expérimentation sur le mobilier urbain intelligent. Il s’agit pour elle de favoriser le développement de l’innovation et des jeunes entreprises sur son territoire. En effet, c’est dans le domaine des start-ups innovantes que se joue l’avenir économique de la ville de Paris, y compris au plan mondial.


Dans le cadre du soutien que la Mairie de Paris apporte à l’écosystème de l’innovation, différents leviers et outils peuvent être mobilisés :

  • des offres de financement ponctuelles avec des partenaires comme Oseo grâce au fonds dédié « Paris Innovation Amorçage » ;
  • des offres de foncier à bas coût pour les jeunes entreprises parisiennes (surfaces de pépinières et d’incubateurs qui permettent d’accueillir des entreprises et de leur offrir un cadre dans lequel elles peuvent être accompagnées au départ de leur existence : entre 2001 et 2014 on est passé de 5 000 à 100 000 m2 de surface d’incubateurs et de pépinières sur Paris) ;
  • des offres de services d’accompagnement pour lesquelles la Mairie de Paris s’appuie sur différentes structures et notamment sur le « Paris Région Innovation Lab » (association partenaire de la ville qui gère un grand nombre des incubateurs du territoire parisien) ;
  • des expérimentations.

Les objectifs de l’expérimentation

L’expérimentation est le levier le plus original mobilisé pour soutenir les jeunes pousses.

À partir du constat que le financement peut être apporté par d’autres acteurs et que les sommes mises en jeu par la Mairie sont assez modestes, il fallait trouver une autre façon de soutenir les jeunes entreprises. La ville possède un actif spécifique que personne d’autre sur le marché ne peut apporter aux porteurs de projets : l’espace public. Le territoire parisien possède un patrimoine immobilier très étendu et également très divers (bureaux, bâtiments publics, équipements publics – piscines, gymnases, écoles). Ce patrimoine immobilier constitue un formidable terrain de jeu, un terrain d’expérimentation qui permet de transformer la ville en un « viving lab » : un endroit où les jeunes entreprises peuvent déployer leurs projets en grandeur nature, tester leur faisabilité.

Dans le processus de recherche de développement d’une petite entreprise, ce type d’expérience est très utile : elle constitue une fenêtre sur le monde et lui fait de la publicité. Ainsi, dans le cadre de l’expérimentation sur le mobilier urbain intelligent, certains porteurs de projet ont pu communiquer sur leur projet grâce à des doubles pages dans le Financial Times.

En déployant ces innovations, l’objectif est également d’essayer de sensibiliser l’ensemble des directions de la ville à la nécessité de réfléchir à des solutions innovantes soit pour commander les prestations habituelles soit pour rendre des services aux Parisiens avec des approches nouvelles.

Les principes de l’appel à projets

Le principe des appels à projets en matière d’expérimentation est simple.

Il commence par un appel à projets auquel la Mairie de Paris essaie de donner une publicité aussi large que possible. Dans ce cadre, certains canaux d’information spécifiques à destination de l’écosystème des jeunes entreprises parisiennes et franciliennes existent.

L’expérimentation concerne les produits ou solutions déjà conçus, mais non commercialisés et qui ont besoin de faire leurs preuves en situation réelle.

Elle doit avoir lieu sur une durée limitée (principe de réversibilité pour des raisons de réglementation en matière de commande publique) et sur un périmètre restreint. La dernière condition est qu’il faut qu’elles aient un modèle économique qui soit autosuffisant.

Le processus de sélection est centré sur la faisabilité des projets et est le plus ouvert et le plus neutre possible. Il y a d’abord un jury technique qui doit évaluer la faisabilité technique des projets et ensuite un jury composé d’élus. Sur l’expérimentation MUI par exemple, le projet « Abri Voyageur du futur » proposé par un grand groupe a été sélectionné tout comme un projet de champignonnière qui fonctionne avec le marc de café récupéré chez les cafetiers parisiens.

Depuis que la démarche a été lancée, cinq appels à projets d’expérimentation ont été lancés :

  • EXAPAD (2011) : favoriser le maintien des personnes âgées et tester des solutions en faveur de l’Autonomie des Personnes Âgées à Domicile ;
  • Efficacité énergétique des bâtiments (2012 et 2013) : expérimenter de nouvelles technologies pour réduire l’impact carbone des bâtiments ;
  • Végétalisations innovantes (2013) : expérimenter des solutions innovantes dans les domaines de la biodiversité, de l’agriculture urbaine et de l’adaptation au changement climatique ;
  • Mobiliers Urbains Intelligents (2010) : permettre aux Parisiens de venir tester en conditions réelles les équipements et services de la ville du futur ;
  • Hackez la ville (2012) : concours sur les applications susceptibles d’enrichir l’offre des mobiliers expérimentés dans le cadre de l’expérimentation MUI.

Dans le cadre de l’appel à projets MUI, 40 projets ont été retenus pour être implantés sur le domaine public parisien. Parmi les expérimentations figurent le stockage de vélos dans des boxes privatifs, des bornes permettant le rechargement de véhicules électriques, des panneaux interactifs translucides qui centralisent les informations d’un quartier, des abri-voyageurs interactifs, etc.


Source : Mairie de Paris

Les projets de mobilier urbains intelligents déployés concernaient différentes thématiques : « s’informer et s’orienter », « l’assise dans la ville », « jouer et se filmer », des services de mobilité, « les abris-voyageurs futuristes ». L’expérimentation de ce dernier thème était tout particulièrement intéressante parce que le contrat pour les abris-voyageurs parisiens arrive à son terme et que la mairie de Paris est entrée dans la phase d’achat public pour les nouveaux abris-voyageurs.

L’expérimentation MUI a permis de tester la faisabilité technique du mobilier, sa capacité à résister aux dégradations et également de tester les usages des Parisiens sur les innovations.


Source : Mairie de Paris

Bilan des expérimentations

Le premier bilan de l’expérimentation est très positif. Elle a offert une opportunité aux porteurs de projet de tester leurs produits ou solutions in situ ainsi que leurs modèles économiques. Elle a permis de renforcer les capacités du territoire à innover et a inclus les usagers dans une démarche d’« innovation participative ».

Des difficultés ont tout de même émergé. Elles concernent :

  • l’identification des lieux d’expérimentation et la validation de leurs contraintes techniques ;
  • le coût pour les entreprises est parfois plus important que prévu (travaux de voirie, etc.) ;
  • les pratiques d’un arrondissement à un autre sont plus ou moins contraignantes envers l’expérimentation ;
  • la création d’un lien entre l’expérimentation et l’achat public d’innovation.

Salim Bensmail
08 octobre 2013






Salim Bensmail est Directeur du développement économique de l’emploi et de l’enseignement supérieur à la Mairie de Paris.




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