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Edito d'Anne Chenu (UFE)

2040 : Conjuguer digital et électricité pour l’atteinte des objectifs économiques et climatiques

Réussir transition énergétique et transition numérique

Les travaux de l’UFE identifient que, bien loin de se réduire à des services annexes, les apports des technologies numériques sont un véritable levier pour retrouver la croissance économique du pays. Elles modifieront le fonctionnement de chaque composante de l’économie.

Dans le domaine industriel, elles mettront en relation directe le client avec le fournisseur, limitant ainsi les interfaces qui consomment du temps et de l’énergie. Elles mettront également en relation directe toutes les étapes des processus industriels qui deviendront alors « auto apprenants », et se corrigeront d’eux-mêmes. La qualité des produits augmentera et la part de l’industrie dans le PIB national atteindra 14 % en 2040 dans un contexte de croissance économique favorable. En outre, la numérisation de l’industrie accompagnée de transfert d’usages, permettra une amélioration notable des intensités énergétiques et carbone de la production industrielle, et sa réorientation vers des industries de pointe.

Les nouveaux comportements des français conduiront à une augmentation de la consommation d’électricité spécifique aux usages numériques (compensée par une meilleure performance énergétique des nouveaux équipements).

En 2040, la priorité de la question climatique aura été intégrée par tous les compartiments de l’économie. Le coût du carbone aura augmenté pour favoriser les transferts d’usage vers des solutions moins carbonées. La mobilité individuelle courte distance (inférieure à 50 kilomètres) privilégiera les transports en commun (métro, tramway, bus électriques ou au gaz naturel), les véhicules électriques et la mobilité douce (vélo, marche à pied). La consommation totale d’énergie finale du secteur aura diminué de moitié par rapport à 2015.

Le bâtiment de 2040 bénéficiera d’un grand nombre d’innovations technologiques pour la construction, l’isolation et le chauffage. L’UFE anticipe une baisse de 30 à 40 % de la consommation d’énergie du bâtiment résidentiel par rapport à 2015. Les territoires joueront un rôle essentiel dans le déploiement sur le terrain de ces innovations en accompagnant les propriétaires de logement.

L’électricité : un outil essentiel de la lutte contre le dérèglement climatique

Dans la France de 2040, l’électricité jouera un rôle accru tant par sa capacité à être une force motrice, qu’à servir dans les processus industriels ou comme support au développement massif des technologies de l’information. En étant très peu émettrice de gaz effet de serre, elle permet une baisse de l’empreinte carbone de la société française tout en maintenant la croissance économique. Grâce à l’efficacité énergétique, au développement des énergies de sources renouvelables (EnR) et aux transferts d’usage vers l’électricité et le gaz naturel, les émissions annuelles de CO2 liées à l’énergie seront réduites de deux tiers.

Les coûts de production des nouveaux outils des diverses filières décarbonées (éolien terrestre ou maritime, photovoltaique, nucléaire) convergeront avant 2040. Les EnR (dont l’hydraulique, l’éolien et le photovoltaïque occuperont la plus grosse part) se seront fortement développées et le mix électrique sera diversifié. En 2040, les capacités renouvelables installées en France seront au moins deux fois plus importantes que les capacités nucléaires.

Des solutions technologiques aujourd’hui émergentes prendront leur essor au fur et à mesure de leur maturité économique. Ainsi le pilotage de la demande jouera un rôle renforcé chez le particulier dont le domicile sera un véritable écosystème énergétique, offrant de nouvelles fonctionnalités à ses occupants. Par exemple, le chauffage sera mis en service pour l’arrivée de ses occupants, et les volets seront ouverts ou fermés selon les prévisions météorologiques. Les objets connectés seront généralisés et permettront à la fois de révolutionner la gestion de l’habitat et de modérer la facture énergétique des ménages, tout en répondant à leur besoin de confort. Le stockage se sera développé sous forme d’énergie utile (chaleur ou froid pour les usages thermiques) ou d’électricité (via de nouvelles STEP, ou des batteries qui auront atteint leur maturité technologique et économique). Une réglementation solide aura permis un développement de l’autoproduction lorsqu’elle est économiquement pertinente pour la collectivité.

La révolution digitale optimisera le pilotage de l’électricité

En 2040, au-delà du quotidien du consommateur, les technologies numériques pénètreront l’optimisation de la gestion du système électrique. Les signaux de prix conduiront à activer la solution la plus performante pour l’équilibrage du système électrique : modulation d’un centre de production, report de la consommation ou déstockage par exemple, seront autant de leviers actionnés grâce aux technologies numériques. La collecte et le traitement des données permettra d’actionner la solution pertinente en intégrant l’ensemble des paramètres (économiques et climatiques, notamment). La circulation des données nécessaire au traitement du grand nombre d’informations sera rendu possible via des règles et des standards européens.

Conjuguer croissance économique, réindustrialisation et réduction des gaz à effet de serre

L’UFE montre surtout qu’il est possible de conjuguer positivement croissance économique, ré-industrialisation et réduction des gaz à effet de serre grâce au concours d’un système électrique tirant tous les bénéfices de la révolution numérique. Les résultats d’une telle vision sont à notre portée. Les technologies sont disponibles en grande partie, et leur coût baissera de manière importante dans les années qui viennent. Le soutien des politiques publiques à l’innovation, et la bonne définition de règles de marché stabilisées permettront de déclencher les investissements chez les industriels qui engageront la France vers une croissance durable et respectueuse du climat.

Anne Chenu
29 mars 2016




Anne Chenu est déléguée générale de l’Union française de l’électricité. Elle est entrée à l’UFE, le 1er juillet 2008, en tant que directeur de la communication et des affaires européennes.






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