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Edito de Philippe Gattet (Xerfi)

Le groupe Xerfi, leader français des études sur les secteurs et les entreprises, apporte aux décideurs les analyses indispensables pour surveiller l’évolution des marchés et de la concurrence, décrypter les stratégies et les performances des entreprises.

Smart grids : les entreprises françaises ont une carte à jouer

Les groupes tricolores Alcatel-Lucent, Alstom, Atos Origin, Capgemini, Legrand et Schneider Electric ont un point commun. Tous se sont lancés dans les réseaux électriques intelligents appelés Smart grids. Ces technologies, résultat de la convergence des matériels électriques et de télécommunications ainsi que des services informatiques, offrent de réelles perspectives de croissance aux entreprises françaises et notamment à celles des secteurs industriels, car certaines jouissent d’importants avantages concurrentiels. À la différence du marché des énergies renouvelables souvent dominé par des équipementiers étrangers (photovoltaïque, éolien), les fabricants français, et en particulier les spécialistes des équipements électriques, détiennent un réel savoir-faire et de solides positions dans ce domaine.

Jeu concurrentiel sur le marché mondial des Smart grids


Note : l’épaisseur des flèches est proportionnelle au poids
de chaque type d’opérateur sur le marché mondial des Smart grids – Source : Xerfi


Des facteurs de croissance très favorables

Les fabricants français d’équipements électriques sont ainsi en première ligne pour répondre à l’essor de la demande mondiale en matière de technologies Smart grids. D’autant que le potentiel de croissance de ce marché n’a rien à envier à celui des énergies renouvelables. Contribuant, comme les énergies vertes, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les Smart grids apparaissent comme un moyen complémentaire de répondre aux objectifs environnementaux des États. Elles vont même plus loin, puisque ces solutions seront nécessairement employées afin de faciliter l’intégration des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques, tant au niveau des réseaux électriques qu’au sein des bâtiments qui en seront dotés. Elles permettront par ailleurs de lisser les pics de consommation d’électricité, périodes caractérisées par d’importantes émissions de CO2, en autorisant les gestionnaires de réseaux à piloter à distance les radiateurs électriques chez les consommateurs en cas de risque de blackout.

Le programme Linky et plusieurs démonstrateurs donnent le coup d’envoi au marché français

Au total, le marché mondial des Smart grids se chiffre à plusieurs centaines de milliards d’euros à travers le monde. Des pays de l’OCDE, et même des économies émergentes, commencent à investir massivement afin de faire évoluer les réseaux électriques, en particulier les États-Unis, mais aussi certains pays européens ainsi que la Chine. En France, le marché fait ses premiers pas. Le programme de remplacement des compteurs traditionnels par le système Linky est l’investissement le plus emblématique. Ce programme a été mis en place conformément à la volonté de la Commission européenne qui souhaite que 80 % de la population européenne soit équipée d’un compteur électrique communicant d’ici 2020. Décidé par ERDF et piloté dans sa phase d’expérimentation par le groupe français de services informatiques Atos Origin, il générera une importante activité pour un grand nombre d’entreprises : fabricants de compteurs, groupes de services informatiques, entreprises locales d’installation, etc. Ce sont à la clé 35 millions de compteurs électriques qui devront être changés d’ici 2020 si le gouvernement donne son feu vert. Des expérimentations sont, par ailleurs, réalisées actuellement sur le territoire pour permettre aux différentes parties prenantes (gestionnaires de réseaux, équipementiers électriques et télécoms, services informatiques, fournisseurs d’électricité, opérateurs de télécommunications, promoteurs immobiliers, etc.) de réaliser leurs premiers retours d’expérience et ainsi de mettre en place les modèles d’affaires encore à inventer.

Une croissance à court et moyen terme bridée par des fondamentaux économiques dégradés

Mais il ne faut pas s’y tromper : le potentiel de croissance des Smart grids en France est contraint, tout au moins à court et moyen terme. Certes, le développement des véhicules électriques, des bâtiments à énergie positive ou l’automatisation des équipements ménagers dans l’habitat (ou domotique) participeront au développement des smart grids. Mais contrairement au réseau électrique des États-Unis ou des pays émergents, celui de la France est déjà doté d’une « intelligence » ce qui limite le potentiel de croissance. L’architecture du réseau est en effet suffisamment robuste pour répondre jusqu’en 2020 aux exigences du Grenelle Environnement en matière d’électricité verte. Les entreprises devront également lever les craintes des consommateurs qui jugent souvent le compteur Linky comme intrusif. Le coût est aussi un élément déterminant dans le développement futur des smart grids. Il le sera d’autant plus que s’ouvre une période de forte turbulence pour l’économie mondiale.


Philippe Gattet
15 juin 2011


Philippe Gattet est directeur d'études, spécialiste énergie-environnement au sein du groupe Xerfi.

Les experts sectoriels de Xerfi sont animés d’une passion commune : traiter l’information avec une très grande rigueur intellectuelle, réaliser des analyses professionnelles au plus près des réalités de la vie économique, offrir une représentation vivante des évolutions décisives d’un marché et de la concurrence sectorielle, s’engager sur des conclusions rédigées avec l’ambition de la probité et de la qualité.




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