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Edito de Pascal Faure (DGCIS - Ministère du redressement productif)

Les réseaux électriques intelligents sont au cœur de deux priorités de la politique industrielle de la France, rappelées à l’occasion de l’annonce des 34 plans de reconquête industrielle par le Président de la République le 12 septembre 2013 : la transition énergétique et l’économie numérique.

Les enjeux industriels sont considérables sur l’ensemble de la chaîne de valeur des réseaux électriques intelligents. Avec des opérateurs de réseaux électriques dont le savoir-faire est reconnu mondialement, des opérateurs de télécommunication de poids significatif, des équipementiers de la haute tension à l’aval compteur parmi les leaders mondiaux, des concepteurs de composants et de logiciels à forte valeur ajoutée, de grandes sociétés de services en systèmes d’information, des jeunes entreprises proposant des services innovants de gestion active de l’énergie, centralisée ou décentralisée, et des laboratoires académiques de premier ordre, la France dispose d’un écosystème qui doit lui permettre de conserver et de développer la position significative qu’elle occupe sur ce marché en forte croissance. Cet écosystème, qui emploie actuellement environ 15 000 personnes en France (hors opérateurs), pourrait ainsi représenter de 20 à 25 000 emplois d’ici 2020.

Le déploiement des réseaux électriques intelligents s’appuiera sur des technologies souvent déjà mûres ou sur le point de l’être. L’enjeu principal est de trouver les meilleures combinaisons permettant d’optimiser durablement le coût de l’électricité et d’assurer un haut niveau de fiabilité du système électrique en s’appuyant sur les ressources locales, nationales voire européennes. Ces combinaisons devront, d’une part, valoriser les savoir-faire français et, d’autre part, proposer des clés de répartition de la valeur apportée par les réseaux électriques intelligents. Des solutions technologiques isolées n’atteindraient que des marchés de niche : la construction d’offres cohérentes, assorties d’un cadre réglementaire, est ainsi un incontournable pour la filière française, tant pour le développement du marché national que pour l’export.

Les pouvoirs publics ont un rôle important à jouer pour le développement de ce secteur. Les services de la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) s’emploient à renforcer cet écosystème et à soutenir le développement et la pérennisation de l’offre industrielle française, afin :

  • d’accélérer le déploiement des réseaux électriques intelligents en France, pour assurer l’accueil des énergies renouvelables intermittentes, des nouveaux usages (véhicule électrique) ainsi que la maîtrise des pointes de consommation, pour optimiser les investissements de capacité (production et réseaux de transport-distribution) et pour établir des premières références pour l’export ;
  • de participer à la consolidation de l’ensemble de la filière française, développer sa compétitivité et poursuivre les efforts pour avoir une approche commune des sujets de recherche et de normalisation en Europe et à l’international ;
  • d’assurer l’adéquation de l’offre française à la demande émanant des opérateurs de réseaux français et d’ouvrir à l’industrie des possibilités de développement accrues à l’export, avec notamment la valorisation du savoir-faire français et la construction de solutions flexibles, packagées et interopérables pour l’international.

En lien avec les autres services de l’État (en particulier la Direction générale de l’énergie et du climat) et la Commission de régulation de l’énergie (CRE), la DGCIS travaille à l’évolution du cadre juridique des réseaux électriques intelligents. Le but est de concilier les intérêts des industriels français avec les enjeux environnementaux comme avec ceux des consommateurs et des collectivités locales ou encore de la concurrence. En ce sens, les échanges entre la CRE et la DGCIS sont primordiaux pour préparer la régulation de demain, tirer parti au mieux des expérimentations et utiliser les cadres de financement et d’investissement des opérateurs de réseaux comme leviers pour constituer l’offre française.

Au-delà de ce travail sur l’environnement des entreprises, les services de la DGCIS animent un ensemble de dispositifs visant à renforcer à court et long termes l’écosystème français et à soutenir l’innovation. Avec la politique des pôles de compétitivité (dix pôles de compétitivité se positionnent sur les réseaux électriques intelligents), la DGCIS soutient les efforts d’accompagnement des PME et les projets collaboratifs de R&D (notamment ceux financés par le Fonds Unique Interministériel) qui se transformeront demain en produits, procédés et services innovants mis sur le marché. En participant également à la définition des programmes de travail et à la sélection des projets retenus dans différents dispositifs de soutien public, de la recherche fondamentale au démonstrateur industriel, aux niveaux français et européen (programme des Investissements d’Avenir, défi Energie d’Horizon 2020, Appel à projet de l’ANR, etc.), la DGCIS participe à mettre en cohérence l’ensemble du soutien public à l’effort d’innovation de l’écosystème français des réseaux électriques intelligents.

Avec la mise en œuvre de la politique de filières, confortée fin 2012 dans le Pacte National pour la Croissance, la Compétitivité et l’Emploi, la DGCIS anime en interaction étroite avec l’ensemble des parties prenantes les travaux du comité stratégique de filière des éco-industries (COSEI). Il rassemble les professionnels du secteur, les organisations syndicales et les pouvoirs publics. Il a pour rôle de renforcer les solidarités entre les entreprises, de développer les relations entre grands groupes et PME, d’assurer les conditions d’une compétitivité accrue et d’aboutir à des engagements réciproques entre acteurs de ces filières et avec l’Etat. Les travaux du Groupe de Travail sur l’efficacité énergétique reprendront au premier semestre 2014.

Enfin, les « Réseaux électriques intelligents » sont l’un des 34 plans industriels prioritaires lancés en septembre 2013 par le Président de la République. Le premier comité de pilotage des plans a désigné comme pilote du plan Dominique Maillard, président du directoire de RTE. Alors que le COSEI doit traiter des questions d’organisation de la filière, le plan doit aboutir à la constitution d’offres industrielles françaises intégrées et compétitives. Dans la ligne des objectifs affichés plus haut, il doit notamment permettre de dépasser le stade des démonstrateurs technologiques actuels par des projets de déploiement complets incluant un modèle économique autonome, tout en aidant les pouvoirs publics à faire évoluer le cadre réglementaire. Dominique Maillard s’appuie sur une équipe projet constituée de représentants d’opérateurs de réseaux, d’équipementiers, de sociétés de services en ingénierie informatique, d’instituts de recherche, de pôles de compétitivité, des administrations des ministères (dont la DGCIS), d’opérateurs publics et de la CRE. Après avoir consulté le COSEI, cette équipe devra remettre au ministre du Redressement productif d’ici mars 2014 une feuille de route qui précisera les grands axes du plan et leur contenu opérationnel.

Pour en savoir plus :

Les pôles de compétitivité

Les comités stratégiques de filières

La nouvelle France industrielle

Pascal Faure
18 février 2014

Pascal Faure est, depuis le 5 décembre 2012, Directeur Général de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS). Après avoir débuté sa carrière dans la R&D aux Laboratoires Bell puis chez Apple Computer, Pascal Faure exerce différentes fonctions techniques et administratives au sein des services de l'Etat (Centre national d’études des télécommunications, ministère du budget, cabinets ministériels) et à l'Institut TELECOM. En 2001, il est nommé directeur technique adjoint au ministère de la Défense ; puis, à partir de 2007, il exerce les fonctions de Vice président du Conseil Général des Technologies de l’Information qui devient le Conseil Général de l’Economie, de l’Industrie, de l’Energie et des Technologies. Pascal Faure est par ailleurs Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier de l’Ordre National du Mérite, Officier des Palmes Académiques et co-fondateur de la collection d’ouvrages Territoires de l’information.

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