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Edito de Ken Whittaker (Consultant)

Avec le développement des énergies renouvelables réparties et la réglementation de plus en plus contraignante en matière d’efficacité énergétique des bâtiments, l’idée de micro-grids a fait son apparition. Un micro-grid est un réseau intelligent développé à l’échelle d’un bâtiment, d’un groupe de bâtiments ou d’un éco-quartier. Il offre la possibilité de gérer les installations de production et de consommation d’électricité sur un petit réseau, connecté en un point unique au réseau public de distribution d’électricité, afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement des utilisateurs. Le micro-grid ne se résume pas seulement à la gestion de l’énergie électrique. Il peut aussi inclure la gestion de l’eau, du gaz et de la chaleur.

La gestion de ce petit réseau pourra être confiée à un nouvel acteur, appelé agrégateur, qui aura une vision globale des consommations énergétiques des bâtiments et pourrait ainsi plus facilement les optimiser. L’agrégateur pourra par exemple décider de stocker les eaux de pluie afin de les réutiliser pour l’arrosage des plantes au moment adéquat. Il pourra également choisir de stocker l’électricité produite par les panneaux photovoltaïques installés sur les toits pour la réutiliser lors des pics de consommation d’électricité du bâtiment ou du quartier.

La proximité de la production avec la consommation permet d'optimiser la distribution et la fourniture d’électricité et, ainsi, de réduire les pertes techniques. La production est directement ajustée aux besoins en énergie du bâtiment ou du quartier. L'efficacité énergétique peut être augmentée grâce à la possibilité de combiner électricité et chaleur, ce qui évite la perte d'une grande quantité d'énergie - dans les réseaux traditionnels.

La présence d’un seul et unique acteur pour gérer toutes les énergies permet une répartition plus facile des coûts et des bénéfices. L’agrégateur investit dans les installations de production d’énergie, dans le système de stockage, dans l’isolation thermique du bâtiment, etc. C’est ensuite lui qui travaille à optimiser les consommations énergétiques. Cette optimisation permettra par la suite à l’agrégateur de répartir les économies d’énergie entre les différents habitants du bâtiment ou du quartier. Ce dernier se rémunère sur la gestion des bâtiments. Les occupants de l’immeuble lui paient un « loyer » couvrant l’ensemble de leurs consommations énergétiques.

Ce système est déjà en cours d’expérimentation dans les nouveaux immeubles commerciaux construits par Bouygues Immobilier et équipés par Schneider ou Siemens. À Londres, le projet pilote intitulé « Low Carbon London » prévoit de développer ce concept de micro-grids et d’optimiser la gestion de la demande par l’installation de 5.000 compteurs communicants et la multiplication des installations réparties de production d’électricité de source renouvelable de petite puissance.

Le développement de la ville intelligente se fera donc progressivement et sous l’impulsion d’initiatives privées. En déployant l’intelligence dans chaque bâtiment puis par groupe de bâtiments et enfin par quartier, des micro-grids vont émerger. Ces micro-réseaux qui nécessiteront la mise en place de nouveaux modèles économiques seront gérés par de nouveaux acteurs, les agrégateurs.

Face à cette évolution, les collectivités locales ont choisi d’encourager et de favoriser le développement des micro-grids. En tant qu’autorité organisatrice des services publics auprès des administrés, la collectivité territoriale s’assure que les bâtiments construits sont conformes à la réglementation en vigueur (RT 2020, efficacité énergétique, etc.). Dans le cadre du développement de l’Éco-vallée à Nice par exemple, la réflexion est en cours sur la manière de structurer le cahier des charges du projet de façon à permettre l’émergence d’opérateurs de bâtiments publics qui pourraient gérer un immeuble ou un groupe d’immeubles et, ainsi, optimiser les consommations d’énergie.

Cependant, deux freins juridiques au développement des micro-grids en France existent. D’une part, il n’y a que les acteurs disposant d’une autorisation du ministre qui sont autorisés à vendre de l’électricité, et l’agrégateur n’a pas le statut de fournisseur d’électricité. D’autre part, si l’agrégateur gère l’ensemble du bâtiment, le fournisseur de gaz et d’électricité s’impose à tous les habitants de l’immeuble, ce qui va à l’encontre du libre choix du fournisseur d’électricité ou de gaz par le consommateur final garanti par la loi.


Ken Whittaker
18 avril 2012




Ken Whittaker est consultant international et Directeur de programme spécialiste des questions énergétiques, et plus particulièrement des problématiques relatives au comptage évolué, aux réseaux électriques intelligents, à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables. Il travaille actuellement sur des projets en France, au Portugal, au Liban et à Dubaï.


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