Haut de page

Accueil » Tous les dossiers » L’efficacité énergétique

Introduction : L’efficacité énergétique, un principe structurant de la transition énergétique

La France, et plus globalement l’Union européenne, sont confrontées à des défis sans précédent qui découlent de la raréfaction des ressources énergétiques, de l’augmentation des prix de l’énergie, de l’accélération du phénomène de précarité énergétique et de la nécessité de lutter contre le changement climatique et, donc, de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Face à ces défis, l’efficacité énergétique est un outil qui permettra d’améliorer la sécurité de l’approvisionnement de l’Union européenne en réduisant la consommation d’énergie primaire et en limitant les importations énergétiques. Elle contribuera à réduire les émissions de gaz à effet de serre de manière rentable et, partant, à atténuer le changement climatique.

Depuis 2007, l’Union européenne s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de transition énergétique, dits des « 3 x 20 » dont l’amélioration de 20 % de son efficacité énergétique d’ici à 2020 (l’Union européenne s’est fixé un objectif de 20 % d’efficacité énergétique et non pas de 20 % de la baisse de la consommation) et de préparer la voie pour de nouvelles améliorations.

Afin d’atteindre cet objectif, l’Union européenne a adopté, en 2012, la directive sur l’efficacité énergétique, qui établit un cadre commun de mesures pour la promotion de l’efficacité énergétique pour l’ensemble des États membres.

Conformément à cette directive, la France établit chaque année un plan national d’action en matière d’efficacité énergétique. À travers le plan d’action rédigé en 2014, la France s’est fixé un double objectif ambitieux pour réduire sa consommation d’énergie à l’horizon 2020 :

  • réduction de la consommation d’énergie finale : celle-ci représente la quantité d’énergie livrée au consommateur (essence à la pompe, électricité du foyer, etc.). La France entend réduire sa consommation à 131 Mtep d’ici 2020, contre 155 Mtep actuellement (hors transport aérien international) ;
  • réduction de la consommation d’énergie primaire : cette énergie correspond à l’énergie finale à laquelle s’ajoutent les pertes d’énergie induites par la transformation et le transport de l’énergie (rendement d’une centrale électrique, pertes techniques d’électricité sur les réseaux, etc.). La France souhaite réduire sa consommation à 236 Mtep, contre 260 Mtep actuellement (hors transport aérien international).

Par ailleurs, l’efficacité énergétique est un des principes fondateurs de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte votée le 18 août 2015. Son article 1er dispose ainsi que l’« État […] veille, en particulier, à maîtriser la demande d’énergie et favoriser l’efficacité et la sobriété énergétiques ». La loi prévoit différentes dispositions en la matière : création d’un conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique, stratégie pour le développement de la mobilité propre qui concerne, notamment, l’amélioration de l’efficacité énergétique du parc de véhicules, attribution d’aides à l’acquisition de véhicules à faibles émissions, etc.

L’efficacité énergétique est donc un levier essentiel de la transition énergétique française. Permettant d’éviter l’émission de 26,7 millions de tonnes de CO2 chaque année (soit 7,5 % des 357 millions de tonnes émises chaque année - Source : L’efficacité énergétique, levier de la transition énergétique : Le merit order de la filière éco-électrique, FFIE, SERCE, FGME, Gimelec, IGNES), le déploiement massif des solutions d’efficacité énergétique remplira une part importante des engagements de la France en matière de réduction de ses émissions de CO2.

L’efficacité énergétique permettra aussi aux consommateurs, dont le rôle est central, d’être moins sujets à la hausse tendancielle du coût de l’énergie par la réduction de leurs besoins et par la maitrise de leur consommation. Elle permettra enfin de résorber structurellement la précarité énergétique dont l’urgence de traitement est régulièrement soulignée.

Tous les acteurs du système énergétique sont concernés par la mise en œuvre de l’efficacité énergétique : les fournisseurs (conformément à la directive européenne, ils devront désormais s’engager sur une réduction de la consommation de leurs clients), les clients, les industriels, les gestionnaires de réseaux, les pouvoirs publics, etc.

Les outils et les actions à mettre en œuvre pour accélérer la transition vers l’efficacité énergétique

Différents outils ont déjà été mis en œuvre pour accélérer la transition vers une société plus économe en énergie :

  • le contrat de performance énergétique, qui est défini dans la directive du 5 avril 2006, relative à l’efficacité énergétique dans les utilisations finales et aux services énergétiques, comme « un accord contractuel entre le bénéficiaire et le fournisseur (normalement une Société de Services Énergétiques) d’une mesure visant à améliorer l’efficacité énergétique, selon lequel des investissements dans cette mesure sont consentis afin de parvenir à un niveau d’amélioration de l’efficacité énergétique qui est contractuellement défini » ;
  • les certificats d’économie d’énergie, créés en 2005 par la loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique, qui reposent sur une obligation de réalisation d’économies d’énergie imposée par les pouvoirs publics aux vendeurs d’énergie ;
  • les réglementations thermiques (actuellement RT 2012 et bientôt RT 2020) : la réglementation thermique française est la réglementation encadrant la performance thermique des bâtiments pour les constructions neuves en France. Elle a pour but de fixer une limite maximale à la consommation énergétique des bâtiments neufs pour le chauffage, la ventilation, la climatisation, la production d’eau chaude sanitaire et l’éclairage. L’actuelle réglementation en vigueur est la réglementation thermique 2012 (RT 2012) ;
  • les territoires à énergie positive : un territoire qui s’engage dans une démarche permettant d’atteindre l’équilibre entre la consommation et la production d’énergie à l’échelle locale en réduisant autant que possible les besoins énergétiques et dans le respect des équilibres des systèmes énergétiques nationaux. Un territoire à énergie positive doit favoriser l’efficacité énergétique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la diminution de la consommation des énergies fossiles et viser le déploiement d’énergies renouvelables dans son approvisionnement.

Les technologies de Smart grids (systèmes de comptage évolués, effacement, systèmes de stockage, etc.) sont également des outils qui viendront compléter la gamme de solutions pour améliorer l’efficacité énergétique dans les bâtiments, les transports et l’industrie.

Il existe ainsi des exemples de bâtiments très performants énergétiquement comme le Green Office à Meudon, premier bâtiment tertiaire de grande ampleur à énergie positive en France qui grâce aux énergies renouvelables (PV, chaudière à cogénération), à un système de pilotage centralisé et à une conception bioclimatique (orientation du bâtiment, ventilation naturelle), consomme moins d’énergie qu’il n’en produit au cours d’une année.

Mais le changement doit être plus important, plus profond. L’efficacité énergétique est une source majeure de création de valeur économique et d’emplois qualifiés non délocalisables. Le passage à une économie utilisant plus efficacement l’énergie devrait également accélérer la diffusion de solutions technologiques innovantes et renforcer la compétitivité de l’industrie française et européenne, stimulant la croissance économique et créant des emplois de haute qualité dans plusieurs secteurs liés à l’efficacité énergétique.

Les acteurs de l’efficacité énergétique sont déjà prêts à répondre aux besoins. Ils se structurent pour accompagner la montée en puissance de la rénovation énergétique, mais attendent maintenant un cadre juridique stable ainsi qu’un marché pour investir massivement.

Comme l’indique la Coalition France pour l’efficacité énergétique, un travail législatif, réglementaire et économique doit être mené dès à présent pour améliorer les mécanismes existants et en inventer d’autres permettant la massification des travaux d’efficacité énergétique sur le long terme et engager de manière irréversible la trajectoire de division par 4 des émissions de gaz à effet de serre en France.

Page 1 de 15»

Rechercher

Se tenir informé

Abonnez-vous à notre liste de diffusion pour être informé régulièrement des mises à jour du site.

S'abonner

Participer au site

Vous souhaitez participer à notre site ou réagir à un dossier, contactez-nous dès aujourd'hui.

Nous contacter

Les forums de la CRE

La CRE organise des forums, associés à chaque nouveau dossier, pour donner la parole aux experts des Smart grids.
Se tenir informé des prochains forums

Nos contributeurs

Notre site se nourrit aussi de vos contributions. Nous tenons donc à remercier "Innhotep" qui fait partie de nos 168 contributeurs.
Découvrir nos contributeurs