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Point de vue de Jean-Michel Philip (SIGEIF) :

Le Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Île-de-France (SIGEIF) et quatre autres partenaires se sont associés pour développer le GNV sur le territoire de l’Île-de-France.

Le SIGEIF est l’autorité concédante (établissement public de coopération intercommunale) pour la distribution du gaz et de l’électricité en Île-de-France. Le SIGEIF a d’abord été autorité concédante pour la distribution du gaz. C’est une autorité concédante importante en gaz naturel :

  • il regroupe aujourd’hui 184 communes (Paris n’en fait pas partie) ;
  • dans ses réseaux passent 10 % du gaz naturel qui transite dans l’ensemble du réseau de GRDF ;
  • il est l’une des premières concessions qui a été créée (l’autorité concédante a plus de 100 ans).

La concession en électricité est plus récente, elle date de 1995. Elle se déploie sur un territoire plus limité de 63 communes, dans la mesure où seules les communes qui n’avaient pas de syndicat ont pu adhérer au SIGEIF.

Depuis 2004, le SIGEIF est le coordonateur d’un achat groupé de gaz naturel. Aujourd’hui, cet achat groupé concerne 660 collectivités pour une capacité de 3 TWh. Ce fut l’un des premiers achats groupé de gaz naturel et l’un des plus importants jusqu’à ce que cela se fasse à l’échelon national.

Cette activité d’achat de gaz naturel est intéressante dans la mesure où le SIGEIF souhaite participer au développement du GNV en Île-de-France. Le syndicat compte s’appuyer sur cette capacité à acheter du gaz naturel à un prix très intéressant pour favoriser le développement du GNV.

L’Île-de-France se caractérise par des problèmes de qualité de l’air et le pic de pollution de ces derniers jours en est un bon exemple.

La première carte représente la concentration moyenne annuelle d’oxydes d’azote sur le territoire de l’Île-de-France (la valeur limite étant fixée à 40 µg). Si la concentration en oxydes d’azote est acceptable pour les départements de première couronne, les concentrations moyennes pour Paris sont au-delà de ce qui est autorisé.

La seconde carte représente le nombre de jours de dépassement du seuil de 50 µg pour les particules fines. La moyenne est de 35 jours mais celle-ci est largement dépassée à Paris. Cette pollution est notamment due au trafic routier : 300 000 livraisons sont faites par jour à Paris dont 99,99 % sont effectuées avec des véhicules utilitaires au diesel. Le trafic routier est à l’origine de 35 % des émissions de gaz à effet de serre, de 66 % des émissions d’oxydes d’azote et de 56 % des rejets de particules fines.


Source : SIGEIF

Si l’électricité remplace utilement l’essence et le diesel pour les véhicules des particuliers, le GNV est plus adapté pour les véhicules des entreprises. C’est la raison pour laquelle le SIGEIF s’est associé avec d’autres partenaires pour favoriser son développement pour les poids lourds en Île-de-France.

Aujourd’hui, la région dispose de 4 stations publiques, à Meaux, Gennevilliers, Champigny (station non adaptée aux poids lourds) et à Marcoussis. Comme ailleurs, le nombre de stations publiques est insuffisant. Et la problématique est le même depuis longtemps : s’il n’y a pas de stations publiques, il n’y a pas de véhicule et inversement.

Cependant, le contexte a changé :

  • l’injection de biométhane dans les réseaux de gaz naturel se développe et les acteurs intéressés par le GNV (les acteurs de la grande distribution notamment) en font le choix parce qu’ils veulent du bio-GNV ;
  • il y a une réelle volonté politique des élus de la Ville de Paris et du Conseil régional d’Île-de-France de réduire la pollution de l’air.

C’est pourquoi quatre acteurs – la Mairie de Paris, La Poste, GRDF et le SIGEIF – ont signé le 18 décembre 2014 une convention pour l’expérimentation et le développement de nouveaux véhicules urbains au GNV en Île-de-France. Le Conseil régional d’Île-de-France participe également au développement de ce carburant propre au travers d’une aide financière qu’il attribue à la construction de stations d’avitaillement gaz.

Le premier partenaire de cette convention est GRDF. GRDF est à l’origine de cette convention de partenariat. Le gestionnaire de réseaux a développé un réseau de gaz naturel très présent à Paris et dans une grande partie de la première couronne et de la deuxième couronne. GRDF est également associé à ce projet parce qu’il est en charge du raccordement des installations d’injection de biométhane. La création de stations de ravitaillement au GNV créera des débouchés au biométhane l’été en augmentant le débit d’injection et facilitera le développement de nouvelles installations de production.

Le deuxième partenaire est la Mairie de Paris, qui est moteur de la réduction des transports polluants sur son territoire. Elle a ainsi signé une charte en faveur d’une logistique urbaine durable avec 90 acteurs de la logistique : les acteurs de la grande distribution (comme Monoprix, Franprix ou Carrefour) ont fait le choix du GNV. La « Fiche Action 8 » de cette charte indique que, dès 2017, 50 % des livraisons du dernier kilomètre ne seront plus réalisées avec des véhicules diesel (100 % en 2020).

Dans le cadre du plan Qualité de l’air, la Mairie de Paris doit également définir des zones basses et ultrabasses émissions réservées aux véhicules propres (électriques ou GNV).

Elle a annoncé des mesures d’accompagnement au changement de véhicule pour les professionnels (aides financières à l’acquisition de véhicules propres, plages horaires dédiées, stationnement gratuit).

Dans le cadre de la convention de partenariat sur le GNV, elle a pour mission de transformer les stations-services existantes en bordure du périphérique en stations multi-énergies afin que les automobilistes puissent s’y alimenter en GNV et en électricité en plus des carburants classiques.

Enfin, elle n’acquiert plus de véhicule diesel pour son propre parc de véhicules.

Le troisième partenaire est La Poste. La Poste est un partenaire important car c’est un partenaire industriel qui a un parc automobile de 50 000 véhicules et qui dispose d’ores-et-déjà de la plus importante flotte de véhicules électriques au monde (25 000 véhicules).

La Poste s’est engagée depuis longtemps dans une réflexion pour faire évoluer ses véhicules. Elle dispose d’une expertise forte sur différents types et technologies de véhicules et d’une expérience de la logistique urbaine. Ses bureaux d’études ont conclu que, pour les missions que La Poste effectue, les véhicules électriques ne sont adaptés pour des charges utiles supérieures à 5 m3. La Poste souhaite donc expérimenter le GNV pour les véhicules utilitaires dont la charge utile est supérieure à 5 m3. Cette expérimentation ne porte pas sur la technologie du GNV (sur la capacité de fonctionnement du véhicule) mais s’intéresse au coût global d’un tel déploiement et à l’acceptation sociale en vue d’une généralisation à l’échelon national.

Le Conseil régional d’Île-de-France, pour sa part, a pris une délibération le 14 février 2014 pour favoriser l’usage des nouveaux véhicules urbains. Cette délibération contient plusieurs dispositions pour aider à la mise en place de bornes de recharge pour véhicules électriques, mais également pour aider à construire des stations publiques d’avitaillement au GNV et bioGNV :

  • études préalables : financement de 40 % du montant hors taxe ;
  • transformation de stations privées en stations publiques : financement de 30 % du montant HT (plafond de 60 000 €) ;
  • création de stations publiques : financement de 40 % du montant hors taxe (plafond de 120 000 €) ;
  • bonification si au moins 5 % de l’alimentation de la station se fait au biométhane : 60 % du montant hors taxe (plafond 180 000 €)

La délibération prévoit également un projet de réalisation d’un schéma directeur pour l’implantation des stations en Île-de-France.

Le rôle du SIGEIF dans le cadre de ce partenariat est de construire des stations d’avitaillement en relation avec les collectivités locales, notamment pour trouver un terrain. Pour construire une station publique pour les poids lourds (la taille moyenne d’une station pour les poids lourds est de 1 000 m2), il n’est pas facile de trouver du terrain : en deuxième couronne, il reste quelques terrains disponibles (ZAC en construction par exemple) mais plus on se rapproche de Paris plus c’est compliqué et dans Paris, on peut dire que c’est quasiment impossible. La station publique doit également être desservie par des axes routiers importants et proches de clients potentiels. La transformation des stations services existantes est une possibilité car les terrains appartiennent à la Mairie de Paris. Toutefois, cette évolution ne pourra se faire qu’au renouvellement des contrats en cours avec les pétroliers qui exploitent ces stations.

Le SIGEIF travaille également sur la construction du modèle économique des stations d’avitaillement. Une station poids lourd coûte environ 1 million d’euros. Le SIGEIF contrairement à une entreprise, n’a donc pas de comptes à rendre à ses actionnaires et ne recherche pas à faire des profits au travers de cette activité. Néanmoins, ses élus sont gestionnaires des deniers publics. Il est donc nécessaire de trouver un équilibre financier, même si le temps de retour sur investissement est un plus long que celui que peut se fixer une société.

Le SIGEIF compte utiliser les prix obtenus dans le cadre de l’achat groupé de gaz naturel dont il est le coordonnateur (3 TWh) pour lui permettre de proposer le gaz naturel pour véhicule à un prix raisonnable pour aider au développement du GNV.

Aujourd’hui, deux terrains se dessinent pour créer des stations publiques de ravitaillement au GNV en Île-de-France au premier semestre 2016 : le 1er terrain est tout proche de Paris à la sortie du périphérique et le 2e terrain se situe dans un secteur plus industriel avec une zone d’activités importantes où notre partenaire La Poste va installer une grande plate-forme multimodale.

Jean-Michel Philip
24 mars 2015






Jean-Michel Philip, Directeur général adjoint du SIGEIF




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