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Comment vont s’imbriquer les secteurs de l’énergie et celui des technologies de l’information et des télécommunications ?

Une chaîne de valeur est un ensemble d'activités interdépendantes dont la mise en œuvre permet de créer de la valeur identifiable et, si possible, mesurable. Elle intègre donc toutes les étapes, de l'approvisionnement en matières premières à la consommation finale. Son efficacité repose essentiellement sur la coordination des différents acteurs impliqués et leur capacité à former un réseau cohérent et collaboratif. Les technologies de l'information favorisent un échange de données propice à une organisation efficiente de l'ensemble de la chaîne (Michael Porter, L’avantage concurrentiel, 1986).

Dans le cas de l’électricité, la chaîne de valeur traditionnelle supposait une progression linéaire de la production à la consommation d’électricité. Le développement des réseaux électriques intelligents implique l’intégration sur la chaîne de valeur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), ainsi que le développement de nouveaux usages.


Source : EDF R&D, Smart grid colloque X, octobre 2010

Ces nouveaux usages et les NTIC ont profondément fait évoluer la chaîne de valeur du secteur électrique dans le sens où, d’une part, ils modifient les métiers et les activités des acteurs traditionnels et, d’autre part, font intervenir des acteurs qui traditionnellement ne travaillaient pas dans le domaine de l’énergie. Ils font donc apparaître de nouveaux acteurs et de nouvelles activités et placent l’utilisateur final au centre du système électrique. Ils impliquent des interactions bien plus fortes et une communication beaucoup plus avancée entre les différents acteurs.


Source : CRE

Les acteurs traditionnels (producteurs, gestionnaires de réseaux, fournisseurs et équipementiers) risquent de voir leur rôle, leur métier et leurs activités profondément modifiés par l’apparition de nombreuses évolutions (systèmes de comptage évolués, stockage et nouveaux usages (véhicule électrique notamment)). Alors que les producteurs et gestionnaires de réseaux considèrent ces évolutions comme une possible optimisation de leur métier, les fournisseurs d’électricité et les équipementiers y voient plus un relais de croissance.

Par ailleurs, des acteurs issus d’autres domaines pénètrent la chaîne de valeur : il s’agit principalement des acteurs du monde des télécommunications (Microsoft, Cisco, IBM, Atos ou encore Google).

Enfin, de nouveaux acteurs (agrégateurs, gestionnaires d’effacement, fournisseurs de services en aval du compteur, gestionnaire de charge du véhicule électrique etc.), de nouveaux services (effacement, gestion de la demande) et de nouvelles technologies (interfaces évoluées de soutien à la décision, applications à destination des utilisateurs - compteurs, afficheurs, gestionnaire d’énergie) apparaissent.

Dans la nouvelle chaîne de valeur, l’utilisateur final va prendre une importance considérable, puisque l’équilibre du système électrique sera désormais géré par le contrôle de la consommation (demand side management et demand response) alors que jusqu’ici l’équilibre du système reposait sur le contrôle de la production. En effet, l’intégration des énergies de sources renouvelables et intermittentes rend la production d’électricité moins facilement contrôlable. L’utilisateur final aura un rôle actif dans le système énergétique et va devenir le centre d’attention des autres acteurs de la chaîne de valeur.

En outre, la chaîne de valeur des réseaux intelligents est intégratrice car elle oblige l’ensemble des acteurs à se coordonner et à développer des partenariats puisque désormais les activités des uns dépendent de celles des autres et inversement. Par exemple, le gestionnaire du réseau de distribution est fortement impacté par l’intégration de la production d’EnR, intermittentes et décentralisées. Elles introduisent des fluctuations de puissance sur le réseau, qui rendent plus difficile la gestion de la qualité de l’onde de tension. Inversement, le consommateur-producteur a besoin de tout le travail effectué par le gestionnaire de réseau en termes de renforcement et de raccordement pour pouvoir injecter l’électricité qu’il produit.

Le développement des réseaux intelligents constitue un enjeu économique majeur pour l’ensemble de la chaîne de valeur de l'électricité. De nouvelles opportunités de création de valeur ajoutée vont apparaître, que ce soit en amont sur les réseaux publics d’électricité (optimisation des réseaux, etc.), et en aval du compteur sur les réseaux privés (Smart home). Tous les acteurs, tant les acteurs traditionnels que les nouveaux acteurs apparaissant sur la chaîne de valeur, vont chercher à se positionner sur le sujet, et à développer de nouvelles activités pour capter cette valeur ajoutée.

Deux questions restent en suspens : comment répartir les coûts pour réaliser les investissements en faveur des nouveaux réseaux et quel sera le degré d’acceptabilité sociale ?

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