Haut de page

Accueil » Tous les dossiers » Les modèles économiques

Comment construire un modèle d’affaires ?

Le modèle d’affaires d’une société présente la répartition de l’activité et, notamment, l'origine de ses revenus afin de dégager de la rentabilité. Aussi, permettre aux acteurs de concevoir leur modèle d’affaires suppose de rassembler des éléments de base :

  • une identification des parties prenantes et une compréhension de leur intérêt/risque relativement aux réseaux électriques intelligents ;
  • un calcul coût-bénéfice sur un périmètre cohérent. Par exemple, les conclusions de l’analyse coût-bénéfice des compteurs intelligents sont différentes selon que l’on procède au calcul au périmètre du distributeur ou au périmètre de la chaîne de valeur (depuis les producteurs jusqu’aux consommateurs finals) ;
  • une fois le périmètre défini, une identification des postes de coûts et des sources de gains au long de la nouvelle chaîne de valeur ;
  • une estimation des montants financiers associés aux postes de gains et de coûts identifiés au préalable ;
  • une identification de sources de financement potentielles.

La construction des modèles d’affaires, un long processus

Au préalable, il faut distinguer le cas des gestionnaires de réseaux (dont le modèle d’affaires est fortement conditionné par la régulation) de celui des autres industriels dont les modèles d’affaires se greffent autour de l’émergence des réseaux intelligents. Pour ces derniers, il faut que les technologies des réseaux électriques intelligents s’intègrent naturellement dans l'écosystème technologique des consommateurs finals.

Différentes études ont porté sur ce thème et donnent des pistes de réflexion quant à l’élaboration des modèles d’affaires des entreprises impactées par l’évolution des réseaux électriques.

L’Electric Power Research Institute (EPRI) décrit un processus en cinq étapes pour opérer la transition d’une innovation technique vers la création d’une activité rentable. Les trois premières étapes sont exclusivement techniques. Il s’agit :

  • de définir le périmètre de la recherche à conduire et les objectifs qui y sont associés ;
  • d’identifier les technologies afférentes et les fonctions à déployer ;
  • et de mettre en œuvre un programme de R&D sur cette base.

Les étapes qui suivent doivent permettre de construire un modèle d’affaires :

  • en traduisant monétairement les bénéfices du projet et en identifiant les catégories de bénéficiaires ;
  • au-delà de l’évaluation des bénéfices du pilote, il convient ensuite, en tenant compte de la « transférabilité » des résultats obtenus, d’évaluer le potentiel de diffusion de la solution testée, afin de déterminer ses bénéfices consolidés.

Le World Economic Forum & Accenture présentent trois modèles qui se succèdent dans le temps :

  • un « modèle technique » qui doit vérifier la robustesse et l’interopérabilité des choix faits dans ce domaine ;
  • un « modèle organisationnel » qui définit l’insertion de la solution technique élaborée au sein de l’organisation sur la base d’analyses coûts-bénéfices des différentes options possibles (en termes d’échelle de déploiement, de ressources humaines requises, de délocalisation, etc.) ;
  • cette étape étant consolidée, des modèles économiques peuvent être testés, les options différant selon que l’innovation porte sur l’architecture du réseau ou sur les services au consommateur (Smart home, véhicule électrique, micro-génération, etc.).
De la focalisation sur la technologie au modèle économique


Source : World Economic Forum-Accenture

Le « European Distribued Energy Partnership » propose également une méthodologie reposant sur cinq étapes :

  • description de l’idée commerciale: type de partenaires impliqués, nature des relations entre ces partenaires, sources de création de valeur, etc. ;
  • test de l’idée au sein d’un marché européen à partir d’un échantillon de consommateurs et d’un portefeuille de technologies pour évaluer la réponse de la demande et le potentiel de création de valeur ;
  • analyse de la sensibilité du modèle d’affaires à certains paramètres clés de la profitabilité ;
  • extension à cinq marchés européens pour étudier la sensibilité du modèle aux déterminants locaux (notamment de nature réglementaire) ;
  • projections à long terme sur les perspectives de chaque modèle selon que seront privilégiés les grands objectifs suivants : développement de marchés concurrentiels, réduction des émissions de CO2 ou bien amélioration de la sécurité d’approvisionnement.

Il ressort de ces études que la première étape pour les industriels est de vérifier la maturité des technologies utilisées et l’état d’avancement de la normalisation. Une fois les technologies définies, il est nécessaire de lancer des expérimentations les utilisant afin de valider les hypothèses retenues et de déterminer les freins, obstacles ou paramètres non anticipés. Ces expériences permettent aux entreprises de tirer des enseignements pour l’élaboration d’un modèle d’affaires rentable et efficace. Les industriels bénéficient également d’un retour d’expérience sur les réactions des consommateurs et leur acceptation de ces nouvelles technologies et pratiques.

De la nécessité des partenariats

Compte tenu de l’intégration de nouveaux moyens de production tels que les EnR à tous les niveaux de la chaîne de valeur, le business-as-usual n’est plus possible. Les énergéticiens devant intégrer les NTIC, les partenariats sont un moyen privilégié pour mutualiser les risques, les coûts et les savoir-faire. D’ailleurs, la plupart des grands projets de réseaux intelligents se développent par le biais de consortiums (par exemple, le projet Linky d’ERDF fait parti d’un consortium conduit par Atos et constitué des sociétés Itron, Landis et Gyr et Iskraemeco).

Nouvelle manière de travailler entre des acteurs qui ont peu l’habitude de travailler ensemble et qui évoluent dans des temporalités différentes, les projets de réseaux intelligents sont porteurs de forts enjeux. En effet, les énergéticiens sont dans le long terme (les compteurs ont une durée de vie d’une quarantaine d’années), alors que les NTIC ont une durée de vie beaucoup plus courte, de l’ordre de quelques années et sont très vite dépassées par de nouvelles technologies bien plus performantes.

Ces partenariats soulèvent également la question de la répartition des investissements et des risques. Les entreprises refusant de les supporter à elles-seules (l’incertitude étant trop importante), les consortiums sont un moyen de bénéficier des avancées technologiques tout en répartissant les risques financiers.

Pour en savoir plus :

E-Cube - Les modèles d’affaires « agrégateur d’effacement diffus » : Quelle soutenabilité en France ?

«Page 3 de 18»

Rechercher

Se tenir informé

Abonnez-vous à notre liste de diffusion pour être informé régulièrement des mises à jour du site.

S'abonner

Participer au site

Vous souhaitez participer à notre site ou réagir à un dossier, contactez-nous dès aujourd'hui.

Nous contacter

Les forums de la CRE

La CRE organise des forums, associés à chaque nouveau dossier, pour donner la parole aux experts des Smart grids.
Se tenir informé des prochains forums

Nos contributeurs

Notre site se nourrit aussi de vos contributions. Nous tenons donc à remercier "CGR Legal" qui fait partie de nos 168 contributeurs.
Découvrir nos contributeurs