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Les villes, un terrain propice d’expérimentation

Le développement des réseaux intelligents ne relève pas d’une logique de développement massif d’équipements ou d’infrastructures homogènes. La diversité des conditions locales en termes de demande, mais également de capacité d’insertion d’EnR dans la production, par exemple, transforme les collectivités en un excellent terrain d’expérimentation. La question du modèle économique se pose aussi (et même avant tout) à une échelle locale. Les municipalités et autres collectivités territoriales seront donc des acteurs essentiels pour réduire l’incertitude qui entoure la rentabilité des investissements et, par conséquent, des modèles économiques à naître.

Les villes françaises représentent entre 50 et 80% des consommations d’énergie nationale selon les estimations. Les domaines dans lesquels s’exerce cette influence des communes sont nombreux : le transport (véhicules personnels et transports en commun), les logements, le patrimoine corporel propre (véhicules, bâtiment, éclairage public, etc.) ou partagé avec une autre collectivité (aéroport, port, etc.). Les municipalités sont, en outre, à la fois propriétaires du réseau de distribution et, parfois, d’unités de production d’énergie, caractéristique appelée à s’intensifier avec les EnR. C’est dans le cadre de l’émergence de Smart cities que se pose la question des réseaux intelligents et des types de services à valeur ajoutée susceptibles d’y être développés et rentabilisés.

Les industriels ont besoin de tester leurs technologies et les modèles imaginés en laboratoire sur le terrain. C’est pourquoi les démonstrateurs sont nécessaires et permettent d’intégrer des partenaires issus de différents domaines (collectivités, télécoms, énergéticiens, transport, etc.) pour démontrer la validité du modèle économique. La phase de développement des réseaux intelligents à plus grande échelle permet d’impliquer le consommateur final. A titre d’exemple, Alstom et Microsoft se sont associés et vont travailler ensemble sur des systèmes de maîtrise d’énergie pour les écoquartiers.

Les réseaux intelligents insérés dans des villes intelligentes


Source : AIE

Le rôle que tiendront les communes dans la politique énergétique future est susceptible de suivre des trajectoires très hétérogènes, qui pèseront très fortement sur la nature des investissements et leur rentabilité. Pour rendre compte de cette diversité, il est utile de faire état des schémas établis dans le cadre du projet Construction de scénarios contrastés de transition vers la ville post-carbone de mars 2010.

Cette étude envisage cinq scénarios principaux :

  • Scénario 1 : Attentisme sans regrets où des solutions à moindre coût sont mises en œuvre dans un contexte de crise et où les prix élevés de l’énergie, en 2025, rentabilisent des solutions alternatives de production énergétique ou des technologies plus sobres à partir de cette date. Le marché joue son rôle en permettant un gain d’efficacité énergétique, mais le coût du carbone et des énergies fossiles reste insuffisant pour provoquer une rupture technologique ou comportementale radicale.
  • Scénario 2 : Contrainte par le prix du carbone où l’utilisation du signal prix, taxe carbone, à toutes les échelles (internationale, locale voire individuelle) permet une accélération du progrès et de la diffusion des technologies sobres et décarbonées. Les logements sociaux, les bâtiments publics et neufs dans des éco-quartiers sont exemplaires, mais le parc de bâtiments privés n’est réhabilité que progressivement et lentement.
  • Scénario 3: Volontarisme national où l’Etat réforme en profondeur le système de redistribution sociale et la fiscalité. Il complète la fiscalité environnementale, commune à l’Europe, d’une fiscalité sociale pour promouvoir le déploiement de technologies vertes et l’emploi. Il fournit les moyens aux collectivités locales d’investir dans des infrastructures plus sobres en carbone via une contractualisation sur des objectifs sociaux et environnementaux.
  • Scénario 4 : Investissement local où le volontarisme de croissance verte est davantage délégué dans la mise en œuvre aux collectivités territoriales tant en termes de moyens que d’objectifs, de manière à mieux les adapter aux différentes réalités locales. Ce scénario permet de mieux cibler les investissements de développement local et de transformer plus rapidement la ville en «ville post-carbone» que le scénario précédent.
  • Scénario 5 : Aménagement pour la cohérence territoriale où les collectivités locales transforment la fiscalité locale en fonction de différents paramètres intégrant la consommation énergétique des bâtiments, l’accès à des transports en commun, la mixité fonctionnelle intégrant l‘accès à des sources locales de production d’énergie.

Ces scénarios sont sensibles au développement des réseaux intelligents dans la mesure où le contexte national ou local conduira à mettre en œuvre des incitations (ou des contraintes) croissantes du scénario 1 à 5 et de plus en plus spécifiques à un niveau local. Ainsi, le scénario 5 est susceptible de modifier considérablement, d’un espace territorial à l’autre, la perspective de rentabilité de services adossés à des réseaux intelligents, en fonction des orientations de la fiscalité locale.

Pour en savoir plus :

Site des European smart cities
Site des Villes post-carbone
Smart Cities Initiative: how to foster a quick transition towards local sustainable energy systems, Florence School of Regulation
Rapport Ville post carbone

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