Haut de page

Accueil » Tous les dossiers » Les NTIC

Point de vue de Richard Lalande (SFR) :

Dans le domaine des Smart grids, SFR ne s’intéresse qu’à la partie terminale de l’architecture globale, qui concerne le consommateur et, par extension, la maison intelligente (Smart home). Aujourd’hui, les nouvelles technologies permettent la réalisation d’une partie des concepts qui ont émergé dans les années 1970 avec la domotique.

En se développant dans la maison, les technologies de Smart grids permettront de renforcer l’interaction avec le consommateur final afin d’optimiser et de lisser sa consommation, ainsi que de mieux gérer les périodes de pointe.

Par ailleurs, la libéralisation des marchés de l’énergie et le développement de la concurrence sera à l’origine de la multiplication et de la différenciation des offres de fournitures avec des tarifs fonction de l’heure de consommation. La multiplicité des offres poussera les consommateurs à avoir recours à des systèmes de gestion sophistiqués afin d’optimiser au mieux leur consommation.

En outre, les Smart grids ne devront pas être un frein au confort des consommateurs finaux. Ces derniers devront conserver la maîtrise de l’utilisation de leurs appareils électriques, même si les tarifs ne sont pas des plus vertueux.

Enfin, avec l’émergence du véhicule électrique (VE), il faudra développer des systèmes de gestion intelligente de la recharge du véhicule électrique. En effet, si tous les utilisateurs décident de recharger leurs véhicules électriques à 19 heures à son domicile, la pointe de consommation sera très importante. Les systèmes de gestion intelligente de la recharge du VE permettront cette recharge en fonction des besoins du consommateur, mais également de l’équilibre du système électrique et des contraintes du réseau. Le réseau pourra dialoguer avec le véhicule pour charger ou décharger la batterie du véhicule électrique, et ainsi soutirer ou injecter de l’électricité sur le réseau en fonction de ses besoins.

L’ensemble de ces systèmes implique des interactions complexes entre le réseau privé du domicile et le réseau public d’électricité. Or, aujourd’hui, ces deux réseaux sont indépendants l’un de l’autre.

D’un côté, les systèmes de comptage évolué de type Linky permettent notamment de gérer l’automatisation de la relève (grâce au CPL, au GPRS et aux système d’informations) et d’aider les différents acteurs des Smart grids à gérer leurs propres réseaux. Cependant, la capacité de pilotage d’un compteur Linky est par nature limitée (en vert sur le schéma).

De l’autre côté, des offres se développent pour aider le consommateur final dans la gestion de sa consommation. Cela est rendu plus facile grâce à la mise en place d’un boîtier général qui permet d’interconnecter les différents équipements de la maison et de les faire communiquer – la majorité des équipements a désormais des interfaces mais ne sont pas nécessairement reliées à une box centrale. Les données regroupées dans les boîtiers devront, pouvoir être interprétées à distance, par exemple pour déclencher le chauffage de la maison de campagne. (en rouge sur le schéma)

Ces deux réseaux indépendants ne permettent pas une gestion conjointe de l’énergie par les consommateurs finaux, les fournisseurs et les gestionnaires de réseaux (par exemple, la recharge du VE n’est pas optimisée). Pour que cela soit possible, il faudrait connecter les deux mondes (que la boucle se ferme entre le vert et le rouge sur le schéma) pour qu’il puisse y avoir des fonctions et des applications communes entre le gestionnaire de réseau, le fournisseur d’énergie, le consommateur final et les équipements au sein de la maison.

Ce n’est pas l’interconnexion entre les deux mondes qui suscite des difficultés, mais plutôt la multiplication des équipements et des interfaces dans la maison. Avec la diversification des interfaces et des protocoles propriétaires, les questions d’interopérabilité deviennent très importantes. Les différents équipements doivent pouvoir communiquer entre eux quelle que soit leur origine. Ainsi, si le client souhaite passer d’un opérateur télécom à un autre, ou d’un énergéticien à un autre, ou encore d’un fournisseur de radiateur électrique à un autre sans changer son système, cela doit être possible.

Par ailleurs, le prix du boîtier et de sa connexion avec chacun des équipements est fondamental. Recréer entièrement le réseau électrique d’une maison coûte plusieurs centaines d’euros et cela ne sera pas compensé, à court et moyen terme, par les économies potentiellement réalisables grâce à l’optimisation de la consommation de la maison.

Si l’on veut que ces systèmes se généralisent, il est absolument nécessaire que les acteurs de ce vaste écosystème (produits bruns, produits blancs, chauffagiste, opérateurs de télécoms et énergéticiens) se mettent d’accord sur l’architecture de communication, sur des protocoles et des interfaces en nombre suffisamment limité. En effet, l’objectif est que le réseau de la maison ait un coût limité pour les consommateurs finaux et que les services évoqués puissent se développer à grande échelle.

Aujourd’hui, des discussions sont en cours pour, d’une part, élaborer les interfaces du futur (Zigbee, CPL, etc.) et, d’autre part, intégrer les interfaces déjà existantes. Il faudra accélérer et consolider ces travaux afin de ne pas limiter le développement des technologies à des utilisateurs férus de technologie ou à de très gros utilisateurs qui sont prêts à payer un surcoût important pour la gestion de leur consommation électrique.

La concurrence est forte dans les télécoms et les acteurs de ce domaine savent que tout déploiement massif passe par cette phase d’interopérabilité. Ainsi, par exemple, le marché des SMS ne s’est vraiment développé en France que le jour où les trois opérateurs mobiles se sont accordés sur l’interopérabilité des systèmes SMS, ce qui a permis le développement de nombreuses offres entre les opérateurs.

Le réseau local de la maison ainsi développé, sécurisé et interopérable pour l’électricité pourra à terme être utilisé pour les autres fluides de la maison (eau, gaz, chaleur, froid, etc.) mais, également, pour les autres équipements (sécurité, santé à distance, etc.). Le partage, voire la mutualisation, des architectures permettrait de partager les coûts.

Le temps de la normalisation est venu pour permettre la baisse des coûts et une meilleure fluidité des échanges entre les acteurs et SFR expérimente actuellement un boitier multi-fluide avec deux des acteurs majeurs du secteur des Utilities et de la maison intelligente (smart home)


Richard Lalande
6 décembre 2011





Richard Lalande est Directeur général adjoint du Groupe SFR



«Page 14 de 18»

Rechercher

Se tenir informé

Abonnez-vous à notre liste de diffusion pour être informé régulièrement des mises à jour du site.

S'abonner

Participer au site

Vous souhaitez participer à notre site ou réagir à un dossier, contactez-nous dès aujourd'hui.

Nous contacter

Les forums de la CRE

La CRE organise des forums, associés à chaque nouveau dossier, pour donner la parole aux experts des Smart grids.
Se tenir informé des prochains forums

Nos contributeurs

Notre site se nourrit aussi de vos contributions. Nous tenons donc à remercier "Neelogy" qui fait partie de nos 168 contributeurs.
Découvrir nos contributeurs