Haut de page

Accueil » Tous les dossiers » Les objets connectés

Introduction : la révolution numérique des objets connectés et le secteur de l’énergie

Dossier mis en ligne le 6 mars 2017.

Le terme « objet connecté » désigne, selon le rapport « Technologies clés 2020 » de la Direction Générale des Entreprises (DGE) « un objet qui n’est en général pas destiné à se connecter directement à Internet mais qui interagit avec d’autres objets ou avec l’être humain, en Machine-to-Machine (M2M), ou via les terminaux communicants que sont les smartphones, les tablettes, les smart TV ». En conséquence, les applications et services associés aux objets connectés offrent de vastes opportunités de transformation et d’innovation pour les industries françaises.
Qu’est-ce-qui caractérise le marché des objets connectés aujourd’hui ? En quoi cette révolution s’insère-t-elle dans la transformation du secteur de l’énergie ? Quels sont les facteurs clés de succès à considérer pour faire de cette révolution un véritable relais de croissance ?

La révolution des objets connectés est en marche …

L’Internet des objets (IoT) constitue d’ores et déjà un marché dont les perspectives de croissance vont de pair avec un potentiel de transformation de l’ensemble des industries. Alors qu’il pesait 580 milliards d’euros en 2014, le marché atteindrait près de 1 525 milliards d’euros en 2020 selon une étude d’International Data Corp, soit un taux de croissance de 16,9 % par an sur la période : de quoi susciter l’intérêt de toute entreprise en quête de développement. L’entreprise américaine de conseil et de recherche Gartner estime que 6,4 milliards d’objets sont actuellement connectés dans le monde (5,5 millions verraient le jour quotidiennement aujourd’hui). Ce sont aujourd’hui les applications à destination des professionnels qui constituent la part la plus importante du volume d’affaires. Elles sont à l’origine de la « Quatrième Révolution Industrielle » (Klaus Schwab, fondateur du World Economic Forum de Davos, 2016), une industrie intelligente, au sein de laquelle les machines et systèmes sont interconnectés entre eux et vers l’extérieur, pour une meilleure optimisation des processus de production.

… et est avant tout une révolution technologique

Gartner identifie aujourd’hui l’Internet des objets comme une des technologies émergentes suscitant le plus d’attente et étant sur le point d’atteindre la maturité industrielle.

Courbe d'adoption des Technologies émergentes, 2015


Source : Gartner (Octobre 2015)

Si la technologie des compteurs évolués, réseaux intelligents et autres objets connectés se développe significativement, la croissance exponentielle du marché a des effets vertueux sur leur rentabilité puisque la multiplication du nombre d’objets connectés induit une baisse des coûts unitaires pour les entreprises, en même temps qu’elle produit un effet d’apprentissage sur les outils et plates-formes de pilotage de ces objets. Pour autant, des enjeux persistent en termes de couverture du réseau, de volume, de sécurité des données, ou d’interopérabilité et de standardisation entre ces nouvelles technologies de communication et les technologies existantes.

Aujourd’hui, l’Internet des objets fait partie de notre quotidien : la voiture, la maison, l’usine, voire le corps sont les terrains d’expérimentation de nombreuses applications, que les objets connectés soient présents en amont des chaînes de valeur (exemple de la maintenance des rails pour le secteur ferroviaire), ou en aval, au contact direct du consommateur final pour une expérience client optimisée et enrichie (sièges connectés pour l’industrie automobile). Qu’en est-il pour le secteur de l’énergie ?

Les objets connectés participent à la transformation numérique du secteur de l’énergie sur l’ensemble de la chaîne de valeur

La révolution numérique est amorcée dans le secteur de l’énergie avec le développement des objets connectés, au premier rang desquels les compteurs évolués d’électricité et de gaz naturel, Linky et Gazpar. Ces nouveaux compteurs, dont le déploiement généralisé est engagé ou en passe de l’être pour le gaz naturel, optimisent l’utilisation des équipements de réseau et améliorent le suivi de la consommation d’énergie. Plus largement, les objets connectés développent de la valeur ajoutée sur toute la chaîne de la valeur de l’énergie et pour des segments très divers comme le souligne le schéma ci-dessous.

Répartition des enjeux et usages des objets connectés dans le secteur de l'énergie, par segment d'application


Source : EY

Un cadre législatif qui évolue et offre des opportunités de généralisation des objets connectés

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), la 21e conférence des parties ou Conférence de Paris de 2015 (COP 21), le déploiement du compteur évolué sont autant de signaux pour basculer vers un secteur de l’énergie décarbonée, décentralisée et digitalisée. Ce cadre offre un potentiel de développement des objets connectés sans précédent.

Pour concilier ouverture et protection autour de la donnée, la règlementation se structure. En témoignent :

  • le règlement européen du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données ;
  • les lois du 28 décembre 2015 relative à la gratuité et aux modalités de la réutilisation des informations du secteur public (dite loi Valter) et du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) pour la gratuité et l’ouverture des données ;
  • la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique, qui établit un cadre sur la protection des données privées et l’ouverture par défaut des données dans les contrats de Délégation de Service Public à destination des Collectivités, pour « une meilleure information des citoyens et une transparence accrue » ;
  • la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) qui, au-delà des grands objectifs du texte, prévoit la mise à disposition aux collectivités et consommateurs finaux de certaines données de consommation par les gestionnaires de réseaux, pour favoriser la compréhension de la consommation et les économies d’énergie associées. 
Cadre législatif environnant la valorisation des données en France


Source : EY

Ces nouvelles évolutions législatives et réglementaires à l’égard des données favorisent la mise en place d’un écosystème propice au développement de l’IoT en tant qu’intermédiaire de collecte venant alimenter les différentes plateformes. L’Internet des objets est un levier d’action pour les acteurs du secteur leur permettant de mettre en œuvre les services qui répondent aux nouveaux besoins des clients, des consommateurs finaux et de manière générale de l’ensemble des parties prenantes.

Les objets connectés sont une opportunité, charge aux acteurs de les intégrer dans leur stratégie et d’adapter leurs modèles d’affaires

Les différentes applications ayant été commercialisées au cours des dernières années à destination des professionnels comme des particuliers le montrent : les objets connectés sont aujourd’hui une réalité pour le secteur de l’énergie, bien que celles-ci restent néanmoins le plus souvent marginales en termes d’usage. Le déploiement des compteurs évolués en France marque le passage à une phase d’industrialisation.

Faire de l’objet connecté la composante clé d’une nouvelle offre ou d’un nouveau service doit aller de pair avec un questionnement centré sur leurs usages par l’utilisateur final et le modèle d’activité associé. La question de la valorisation des données collectées devient alors essentielle. Sur les segments amont de la chaîne de valeur, les capteurs offrent aux gestionnaires de réseaux des possibilités de réduire les coûts de maintenance et des pertes. Sur les segments de commercialisation de l’énergie, des modèles d’affaires innovants apparaissent, centrés sur l’usage des données de consommation des clients. De nouveaux acteurs se positionnent par ailleurs au cœur de l’habitat et viennent concurrencer les acteurs historiques grâce à leurs compteurs divisionnaires, thermostats ou autres solutions de pilotage centralisé de la consommation d’énergie ou de chauffage, par l’intermédiaire de capteurs positionnés sur les différents appareils du logement.

Si des expérimentations permettent aujourd’hui aux acteurs historiques de se préparer au développement des objets connectés, ceux-ci auront des impacts organisationnels conséquents pour les entreprises du secteur.

De l’expérimentation au déploiement industriel

Tout en intégrant les évolutions réglementaires portant sur la donnée, les acteurs de l’énergie doivent passer du stade expérimental au déploiement massif d’objets connectés pour saisir tout le potentiel de l’Internet des objets.

L’Internet des objets a un potentiel de création de valeur pour le système électrique en contribuant à répondre à l’un de ses principaux enjeux : celui d’adapter la production à la consommation d’énergie. En rendant visibles la consommation et le coût de l’énergie en temps réel, les objets connectés permettraient de mieux synchroniser la production et la consommation. Le dégagement de cette valeur passera nécessairement par l’acquisition de nouvelles compétences pour analyser et valoriser les données (on parle aujourd’hui de « Data Analytics » et de « Data Scientists ») ; le plus souvent par des partenariats stratégiques entre les énergéticiens, des spécialistes de l’IT ou des équipements aux capacités techniques nécessaires au déploiement massif d’objets connectés, et des startups innovantes, détentrices de technologies spécifiques. Sur le plan de la consommation, le consommateur qui devient « consomm’acteur » engagera les acteurs du secteur à une plus grande créativité commerciale, via des offres qui s’adaptent aux usages spécifiques, et une relation client transformée et numérisée.

Les organisations pourront relever ce défi à condition d’engager, en lien avec les administrations et les régulateurs compétents, les questionnements clés spécifiques au marché de l’Internet des objets. Quelle connectivité sur quels réseaux ? Quelles technologies pour quelles communications ? Quelles applications pour quels usages ? Quelles mutations pour quel type d’organisation ? Quelles relations entre les acteurs ? Quel modèle de gouvernance des données ? Quelles garanties pour la confidentialité des données et face aux risques de cyberattaques ?



Cet article a été rédigé par EY.




Page 1 de 14»