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Point de vue de Laurent Moesle (Sigfox) :

Sigfox est un réseau de communication longue portée à bas débit dédié à l’Internet des objets. On recense déjà beaucoup d’objets dans la sphère connectée, tels que les smartphones ou les voitures qui font remonter des données par des réseaux et, notamment, le réseau de téléphonie mobile « GSM » (réseau cellulaire le plus étendu au monde). Il permet de connecter facilement un objet et de transférer des données à travers le réseau cellulaire. Des technologies telles que le GSM et ses déclinaisons, le Wi-Fi ou le Bluetooth permettent d’ores et déjà de faire remonter des données de capteurs plus ou moins proches et en quantité plus ou moins importante. Ils souffrent cependant de la nécessité d’être alimentés pour communiquer abondamment et fréquemment.

Parce qu’ils sont peu énergivores et moins chers, il est également possible d’installer en grand nombre des capteurs sans alimentation externe dont la communication repose sur d’autres technologies, d’autant plus que leur taille ne cesse de diminuer. Les réseaux radio longue portée à bas débit, tels que les réseaux Sigfox ou LoRa, possèdent des caractéristiques techniques tout particulièrement adaptées à l’utilisation de tels capteurs connectés.

Pourquoi l’Internet des objets n’a-t-il pas encore décollé ?

Jusqu’à aujourd’hui, l’Internet des objets peinait à prendre son envol car les quatre piliers sur lesquels repose l’offre de Sigfox n’étaient suffisamment solides.

  • La performance énergétique : elle se traduit par une diminution de la consommation d’énergie. L’idée est d’installer des objets dans leur environnement, puis de les « oublier » le plus longtemps possible, ce qui suppose qu’ils disposent d’une grande autonomie de batterie, c’est-à-dire qu’ils doivent être sur batterie ou pile, sans alimentation externe. Le coût principal n’est pas la batterie en elle-même mais l’intervention du technicien en charge de la renouveler. Il s’agit donc généralement d’objets implantés sur des réseaux d’eau potable, d’électricité ou de gaz. À titre d’exemple, un compteur d’eau doté de fonctions communicantes peut transmettre ponctuellement des données pendant dix ou quinze ans.
  • La couverture de portée mondiale : le réseau doit être global. On peut faire un parallèle avec un téléphone portable : aujourd’hui, on achète un téléphone, une carte SIM et un abonnement, et il est possible de l’utiliser partout dans le monde. C’est le même principe pour les objets compatibles avec les réseaux comme Sigfox, mais sans avoir besoin de carte SIM. Pour un opérateur qui exploite des objets communicants sur un territoire très étendu, voire dans le monde entier, il est intéressant d’utiliser une unique technologie pour connecter tous ses équipements.
  • La simplicité : l’installation de compteurs était devenue de plus en plus complexe. Elle supposait de demander à l’opérateur de réseaux d’installer des répéteurs, des concentrateurs, puis un relais de compteur enfoui. Or, ondes radio et enfouissement ne vont pas de pair. Désormais, il est possible de connecter un compteur évolué enfoui et une antenne implantée à plusieurs kilomètres, sans passer par un répéteur. Pour que l’Internet des objets se développe, l’installation des capteurs connectés doit être rapide et fiable.
  • La rentabilité : faute de modèle économiquement viable, beaucoup d’équipements innovants n’étaient jusque-là pas développés. Sigfox est apparu à une période où les équipements microélectroniques sont de plus en plus intelligents et abordables. Si l’intelligence se situe désormais au niveau des capteurs, qui sont capables de traiter les données localement en temps réel, il n’est pas nécessaire d’en faire remonter énormément. On en ressort des alertes basées sur un mode nominal prédéfini. Ainsi, la rentabilité dépend non seulement du prix de l’abonnement, mais aussi de l’apparition sur le marché de capteurs de plus en plus petits, performants et abordables.

C’est la conjonction de ces quatre éléments qui devrait permettre à l’Internet des objets de se démocratiser et connaître une croissance rapide.

Le rôle de l’innovation dans l’Internet des objets

La réduction des coûts

Les technologies de réseaux radio longue portée à bas débit, de type SigFox ou LoRa, s’adressent aux acteurs qui souhaitent optimiser les coûts des processus existants. Les objets connectés permettent de faire remonter des données, par exemple des chaudières, de manière beaucoup plus systématique que ce qui se pratiquait jusque-là. Ces solutions technologiques devraient se démocratiser maintenant qu’un modèle économique viable existe. La réduction des coûts n’est pas répercutée sur le tarifs des offres commercialisées, mais permet aux opérateurs de proposer, toutes choses égales par ailleurs, des offres plus riches en services.

La création de valeur

Les utilisateurs de réseaux radio longue portée à bas débit veulent créer de nouveaux services ou des modèles d’affaires susceptibles de générer de la valeur. L’innovation dans l’absolu, c’est-à-dire la création de valeur complètement nouvelle, est plus compliquée à mettre en œuvre, car elle se heurte à la réticence au changement de nos sociétés. Les réseaux radio longue portéeorientés bas débit pourraient devenir le support de connexion de millions d’objets, d’autant plus que la vraie révolution de l’Internet des objets n’est pas d’améliorer des objets communicants déjà existants, mais de rendre communicants des objets qui ne l’étaient pas encore.

Les réseaux radio longue portée à bas débit et les technologies traditionnelles

Le graphique ci-dessous présente une comparaison des technologies de réseaux déjà existantes, par rapport aux quatre piliers : performance énergétique, rentabilité, simplicité et portée mondiale de la couverture. Il n’existe pas de technologie optimale par rapport à ces quatre éléments, chaque technologie présentant des avantages et des inconvénients. Par exemple, le Wi-Fi est performant concernant le débit, moins en termes de périmètre de couverture.

Les réseaux radio longue portée à bas débit ne sont pas appelés à devenir des réseaux généralistes et à remplacer les réseaux existants. Ils sont positionnés comme des réseaux complémentaires aux réseaux traditionnels qui continueront à se développer, surtout pour les objets qui nécessitent des bandes de fréquence élevées. Toutefois, pour tous les objets qui traitent chaque jour peu de données remontant de manière simple, il existe désormais un vrai modèle économique auquel peuvent être intégrés par défaut beaucoup d’objets. Un nombre croissant d’industriels envisage de poser des capteurs connectés ou de rendre des capteurs déjà installés communicants, afin de récupérer quelques données essentielles et, notamment, des vibrations ou des courants anormaux. Il serait possible d’en déduire des profils d’anomalies, marquant ainsi le passage de la maintenance préventive à la maintenance prédictive.


Source : SigFox

Exemples d’utilisation d’un réseau longue portée à bas débit de type SigFox

Optimisation énergétique

Les partenariats entre opérateurs de réseaux de communication et/ou fabricants de capteurs et gestionnaires de réseaux d’énergie permettent de faire remonter des données des équipements, pour ensuite les optimiser en temps réel et proposer des services améliorés aux utilisateurs de réseaux d’énergie. Grâce aux nouvelles technologies de capteurs communicants, les gestionnaires de réseaux d’énergie (électricité, gaz, eau, chaleur) sont susceptibles de récolter une très grande quantité de données, dont le traitement doit permettre de dégager des tendances de fond.

Les bases de données s’enrichissant d’année en année, il sera possible de procéder à des analyses de plus en plus fines et ciblées, pour détecter des anomalies structurelles comme des fuites d’eau par exemple. La collecte des données jusque-là empirique est ainsi appelée à devenir de plus en plus intelligente.


Source : SigFox

Réseau assurantiel

Les réseaux radio longue portée à bas débit peuvent être utilisés comme réseaux de secours. Il existe des brouilleurs GSM qui rendent les systèmes de télésurveillance aveugles et neutralisent ainsi les réseaux assurantiels. Or, il a été démontré que, malgré un brouilleur GSM, un signal de type LoRa ou SigFox continuait de transmettre des images. Il s’agit typiquement d’objets qui ne sont pas appelés à communiquer en permanence sur le réseau longue portée à bas débit, mais seulement en cas de problème sur le réseau principal. Ce genre d’utilisation pourrait être transposée dans le secteur de l’énergie. Alors que l’on déploie des réseaux intelligents, il pourrait être intéressant de se demander si renforcer la sécurité de nos systèmes, ce n’est pas aussi créer de la valeur différemment.

Laurent Moesle
7 juin 2016






Laurent Moesle est Responsable Energy/Utilities de Sigfox.




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