Haut de page

Accueil » Tous les dossiers » Les réseaux de chaleur et de froid intelligents

Zoom sur les réseaux de chaleur et de froid en Europe et dans le monde

Les réseaux de chaleur

Les réseaux de chaleur (450 réseaux, deux millions de logement desservis) représentent une part dans la consommation finale plus faible en France que dans d’autres pays européens. Les réseaux de chaleur français alimentent seulement 5 % de la population alors que la moyenne européenne se situe à plus de 30 %, avec des pays (Danemark, République tchèque, Islande, etc.) qui dépassent 50 %.(Enquête 2011 d’Euroheat & Power).

De fortes disparités entre les pays

Il existe en Europe environ 5 000 réseaux de chaleur, représentant 10 % du marché du chauffage. L’importance des réseaux de chaleur est très variable d’un pays à un autre. Au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, les réseaux de chaleur desservent moins de 4 % des logements. A contrario, en Finlande, en Lituanie et en Suède, le chauffage urbain est le mode de chauffage dominant, avec des taux de pénétration de l’ordre de 50 %.

Les réseaux de chaleur sont, en général, plus développés dans le Nord, l’Est et le centre de l’Europe. Ces différences entre les pays s’expliquent en partie par les conditions climatiques et les ressources énergétiques locales (comme en Islande, où l’abondance de la ressource géothermique permet aux réseaux de chaleur d’atteindre un taux de pénétration de 95 %), mais aussi et surtout par les politiques menées par les différents pays en matière d’énergie depuis les années 1970-1980.

Des liens étroits avec la cogénération

Au total, les réseaux de chaleur européens sont alimentés à 80 % par la chaleur issue de la cogénération, la récupération de chaleur fatale et les énergies renouvelables.

Les liens entre chauffage urbain et cogénération sont très forts dans de nombreux pays d’Europe, où la production d’électricité est essentiellement thermique et dont l’efficacité énergétique peut donc être grandement augmentée en récupérant la chaleur dégagée par le processus. 11 % de l’électricité en Europe est produite en cogénération, et l’essentiel de la chaleur récupérée sert au chauffage de bâtiments via des réseaux de chaleur.

Perspectives

À l’échelle européenne, les réseaux de chaleur sont aujourd’hui perçus comme un moyen de contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. Dans les pays où la production d’électricité est essentiellement thermique, le développement de réseaux de chaleur alimentés par la cogénération permet d’augmenter l’efficacité énergétique. Les réseaux de chaleur sont également perçus comme un moyen de mobiliser massivement certaines sources d’énergies renouvelables et de récupération, et certains pays comme l’Allemagne ou la France, qui disposent de marges de progression importantes en matière de chauffage urbain, intègrent clairement cet outil dans leur politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’association Ecoheat4EU milite pour une politique au niveau européen en faveur des réseaux de chaleur et de froid, afin que les cadres législatifs des différents pays de l’union permettent et favorisent leur développement.

Des exemples de réseau de chaleur

En France : le réseau de la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU)

Le réseau de chaleur urbaine CPCU fonctionne comme un chauffage central à l’échelle de l’agglomération parisienne. La CPCU produit de la chaleur sous forme de vapeur dans plusieurs sites de production à partir de plusieurs sources d’énergie (le bouquet énergétique), la transporte et la distribue grâce à des canalisations souterraines interconnectées (le réseau maillé) jusqu’aux bâtiments raccordés.

Le réseau CPCU fonctionne en circuit fermé : une fois que le fluide chaud (la vapeur) a cédé ses calories, il est retourné sous forme d’eau refroidie (le condensat) vers les sites de production qui assurent son retraitement.

La chaleur livrée répond aux besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire des bâtiments desservis. Chaque bâtiment est équipé d’un poste de livraison qui récupère directement la chaleur sous forme d'eau chaude et la transfère au réseau de chauffage collectif de l'immeuble.

Dans le cadre d'une Boucle d'Eau Chaude (BEC), ce sont plusieurs bâtiments d’un quartier qui sont alimentés sous forme d'eau chaude. Le poste de livraison eau / eau sert d'interface entre le réseau local public et le réseau de chauffage collectif du bâtiment. CPCU exploite ainsi 17 BEC dans la métropole parisienne pour une puissance raccordée de 282 MW.

Le réseau CPCU fonctionne 365 jours par an, sans aucune interruption. L’ensemble du système est supervisé et conduit 24h/24 par une instance centrale appelée le dispatching. L’équipe du dispatching CPCU assure l’interface permanente entre les moyens de production et les besoins des clients.

Pour en savoir plus :

Fonctionnement du réseau CPCU

Au Danemark : une planification énergétique locale volontariste dès les années 80

Au Danemark, les réseaux de chaleur représentent 50 % du marché du chauffage. Ce taux atteint même 98 % à Copenhague.

En 1979, souhaitant diminuer fortement sa dépendance au pétrole importé, le Danemark a confié à ses collectivités locales une mission de planification énergétique, avec une priorité aux modes de chauffage les plus vertueux sur le plan socio-économique et environnemental. Le chauffage urbain a ainsi été rendu obligatoire dans de nombreux quartiers.

Ce caractère obligatoire est socialement bien accepté car les réseaux de chaleur danois sont tous soit publics, avec une interdiction légale de réaliser des bénéfices, soit exploités par des coopératives d’usagers.

Aujourd’hui, le Danemark produit 65 % de son énergie à partir de sources locales – biomasse et éolien (contre 6 % en 1973), en partie grâce aux réseaux de chaleur.

En Russie, en Amérique du Nord et en Asie

Russie

La Russie représente à elle seule 55 % de la puissance de chauffage urbain installée dans le monde. On estime que le pays compte plus de 17 000 systèmes de chauffage urbain, desservant 44 millions de clients. Il s’agit, en général, de petits réseaux assez anciens, qui souffrent de difficultés techniques et économiques dues à un manque d’entretien. Ils sont alimentés à 98 % par des énergies fossiles, dont 75 % de gaz naturel.

Amérique du Nord

Les États-Unis, où est né le chauffage urbain moderne en 1877, disposent des plus anciens réseaux de chaleur modernes, comme celui de Denver – 130 ans en 2010. Créé en 1882, le réseau de la ville de New-York est le plus important du monde. Sa puissance totale équivaut à deux fois celle du réseau de Paris. Globalement, les réseaux de chaleur aux États-Unis couvrent environ 4 % des besoins de chauffage.

Au Canada, les réseaux de chaleur sont encore peu développés ; ils desservent seulement 1,3 % des surfaces bâties du pays. Les réseaux les plus anciens sont essentiellement présents dans les grandes villes (Toronto, Montréal, Ottawa et Vancouver) et sont alimentés par du gaz et du fioul. Depuis la fin des années 1990 apparaissent de nombreux nouveaux réseaux, à plus petite échelle, privilégiant les énergies renouvelables (en particulier le bois et l’énergie solaire) et la cogénération.

Asie

Au Japon, les réseaux se sont développés à partir de 1970, initialement avec pour principal objectif la lutte contre la pollution de l’air. Les réseaux de chaleur et de froid sont intégrés dans la stratégie japonaise pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui s’appuie sur une amélioration de l’efficacité énergétique, le développement de réseaux multi-énergies interconnectés et la mobilisation de sources d’énergies renouvelables et de récupération encore sous-exploitées.

En Chine, le chauffage urbain n’est apparu que dans les années 1980. Depuis, il n’a cessé de se développer, en lien avec la croissance du pays. En 2007, on estimait que 3 milliards de mètres carrés de surfaces bâties étaient chauffés par des réseaux de chaleur, pour un total de 54 Mtep de chaleur livrée. La Chine, dont l’alimentation énergétique repose essentiellement sur le charbon, dispose à travers le chauffage urbain d’un moyen de contribuer à la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, notamment en développant l’efficacité énergétique via la cogénération.

Pour en savoir plus :

Statistiques internationales sur les réseaux de chaleur et de froid (Euroheat & Power)
Réseaux de chaleur en Europe
Réseaux de chaleur en Asie
Réseaux de chaleur en Amérique du Nord

Les réseaux de froid

Les réseaux de froid restent assez peu répandus. En Europe, ils ne représentent qu’entre 1 % et 2 % du marché du froid. Ailleurs dans le monde, ils se développent surtout dans les zones très urbaines, marquées par un climat chaud, et avec un niveau de vie élevé. Ainsi, les réseaux de froid sont présents dans les métropoles japonaises (les réseaux y distribuent aujourd’hui plus de froid que de chaleur) et connaissent un essor au Moyen-Orient, en particulier dans les Émirats-Arabes-Unis où se concentrent d’importants programmes de développement urbain.

Japon

Au Japon, plus que dans tout autre pays du monde, les réseaux de chaleur sont aussi des réseaux de froid : depuis 1994, les 150 réseaux japonais distribuent davantage de froid (0,37 Mtep en 2008) que de chaleur (0,23 Mtep en 2008).

«Page 2 de 18»

Rechercher

Se tenir informé

Abonnez-vous à notre liste de diffusion pour être informé régulièrement des mises à jour du site.

S'abonner

Participer au site

Vous souhaitez participer à notre site ou réagir à un dossier, contactez-nous dès aujourd'hui.

Nous contacter

Les forums de la CRE

La CRE organise des forums, associés à chaque nouveau dossier, pour donner la parole aux experts des Smart grids.
Se tenir informé des prochains forums

Nos contributeurs

Notre site se nourrit aussi de vos contributions. Nous tenons donc à remercier "Eveler" qui fait partie de nos 168 contributeurs.
Découvrir nos contributeurs