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Les projets en France

Nord – Pas-de-Calais : Sunrise, développer les Smart grids sur un campus universitaire

Le projet Smart Urban Networks for Resilient Infrastructures and Sustainable Ecosystems (Sunrise - Réseaux urbains intelligents pour le développement durable) a pour objectif de rendre intelligents les réseaux d’eau et d’énergie du campus de l’Université de Lille 1. L’ambition est de développer une gestion optimale et interdépendante des ressources en eau, électricité et chauffage des 50 bâtiments du campus (résidences universitaires, cantines, laboratoires, salles de classe) qui représentent une surface de 300 000 m2 pour 110 hectares de campus et 23 000 usagers.

Les 70 kilomètres de réseaux d’eau, d’électricité et de chauffage du campus seront équipés de multiples capteurs afin de mesurer les consommations, d’analyser la qualité de l’eau ou de l’électricité fournies et de détecter tout défaut sur le réseau électrique.

L’évolution du réseau d’eau est un des enjeux fondamentaux de ce projet. L’objectif est d’imaginer de nouveaux outils et systèmes pour que le réseau soit plus sécurisé et plus performant (repérage automatique des pollutions, réduction en amont des pertes d’eau, etc.). L’enjeu est également de responsabiliser davantage les usagers quant à cette ressource rare et précieuse.

Le projet est piloté par le Laboratoire de génie civil et géo-environnement de Polytech’Lille, l’entreprise Eaux du Nord et le Centre d’innovation des technologies sans contact. Il rassemble, également, les entreprises ERDF, Eiffage Energie et Dalkia.

Le projet est aujourd’hui en cours de montage et sera déployé sur tout le campus d’ici la fin de l’année 2014. Les acteurs du projet souhaitent à terme faire de ce site un démonstrateur européen des réseaux d’eau intelligents.

Île-de-France : un ancien château d’eau de Montreuil transformé en pile thermique urbaine

En 2008, la mairie de Montreuil a choisi d’explorer les possibilités de valoriser du point de vue social et environnemental le château d’eau du Bel Air, qui devait être détruit car il n’était plus rentable et donc plus exploité par le Syndicat des Eaux d’Île-de-France depuis cinq ans.

La mairie a fait ce choix parce que, construit en 1936 et d’une hauteur de 40 mètres, l’édifice est dans un état général correct et que faisant partie du paysage de la commune, il est bien accepté par les riverains.

L’analyse des possibilités de valorisation du château d’eau a été confiée au bureau d’études Elioth, spécialisé en recherche et développement sur le sujet des énergies renouvelables. En mars 2009, le bureau d’études a remis à la mairie de Montreuil une étude de faisabilité concernant la transformation du château d’eau en pile thermique urbaine. L’idée est de faire du château d’eau un « cumulus » urbain stockant l’énergie thermique d’origine solaire et la distribuant l’hiver pour les besoins en chauffage du quartier.

L’essentiel du projet repose sur le fait d’utiliser une infrastructure de stockage d’eau existante et bien acceptée par la population. En effet, stocker de l’eau nécessite beaucoup d’espace et les réservoirs ne peuvent pas toujours être construits dans des zones urbaines pour des raisons de place et d’acceptation des habitants. De plus, le château existant déjà, le projet ne se heurte pas aux coûts de construction du réservoir, notamment. Sa vocation originelle de stockage d’eau est conservée, le volume et la compacité du réservoir assurent une bonne inertie thermique, tandis que sa hauteur permet l’installation d’une surface de 500 m2 de capteurs solaires thermiques qui ne sont pas masqués par les bâtiments voisins.

Il faudra construire une boucle de circulation d’eau chaude pour alimenter la chaufferie du quartier, située à 100 mètres du château d’eau. L’ensemble du système se régulera automatiquement en fonction des besoins par sondes de températures.

Selon le bureau d’étude, ce nouveau système permettra de couvrir les deux tiers des besoins en chauffage des 65 futurs logements construits dans le quartier (logements basse consommation) et d’alimenter près de la moitié des besoins en eau chaude sanitaire de plus de 200 autres logements réhabilités. Il permettrait également de réduire de 75 tonnes les émissions de CO2 par an.

Fonctionnement annuel du château d’eau


Source : Elioth

La simulation thermique effectuée lors de l’étude de faisabilité met en évidence le cycle de montée et descente en température de l’eau suivant le cycle des saisons. Au printemps, passées les forts prélèvements thermiques hivernaux pour le chauffage des habitations, le château d’eau remonte lentement en température. En été, il arrive progressivement à pleine capacité et le prélèvement des besoins en eau chaude permet de puiser l’excédent d’énergie thermique en profitant de ses potentialités de fortes montées en température. Les rayons de l’automne achèvent de recharger le château d’eau avant la grande consommation hivernale. Enfin, pendant les saisons froides, les logements puisent dans la chaleur engrangée et la température du réservoir décroît lentement.

Île-de-France : Téléo, Res’Echo et Qualio, les projets de réseaux d’eau intelligents du Syndicat des eaux d’Île-de-France

En 2010, à l’occasion du renouvellement du contrat de délégation du service public de l’eau potable, le Syndicat des eaux d’Île-de-France a souhaité intégrer les dernières innovations en matière de réseau intelligent et communicant sur son réseau d’eau potable. C’est ainsi que depuis 2011, le déploiement de différents outils au travers de trois projets sont en cours :

  • Téléo, un projet de déploiement de nouveaux compteurs d’eau permettant le télé-relevé, la détection en temps réel des évolutions rapides de consommation, la facturation sur consommation réelle et une information plus précise des consommateurs sur leur consommation d’eau ;
  • Res’Echo, un projet à la fois :
    • de déploiement de capteurs sur les canalisations « sensibles » du réseau (zones de carrières, de sols argileux, etc.) et de systèmes de télétransmission des informations issues des capteurs, afin de pré-localiser des fuites en vue de leur traitement précoce ;
    • de sectorisation du réseau et de modulation de la pression permettant de limiter les volumes perdus localement grâce à un suivi en temps réel. ;
  • Qualio, un projet de mise en œuvre de capteurs destinés à réaliser des mesures de la qualité de l’eau sur le réseau.

Ces outils sont reliés à un système de supervision et de pilotage centralisé du réseau, appelé SERVO, qui permettra d’avoir une vision globale du réseau d’eau et ainsi de mieux planifier et piloter les actions du concessionnaire du réseau.

Pour en savoir plus :

SEDIF, Téléo : le télé-relevé des compteurs d’eau
SEDIF, Res’Echo, maîtrise des pertes en eau sur le réseau d’eau potable
SEDIF, Qualio, la traçabilité totale de l’eau jusqu’au robinet

Haute-Normandie : Déploiement de compteurs d’eau communicants sur la communauté d’agglomération du Havre

En 2012, la Communauté d’agglomération du Havre (CODAH) a choisi d’équiper l’ensemble de son territoire, soit 17 communes, de compteurs d’eau communicants. L’objectif de la communauté d’agglomération est de déployer 100 000 compteurs communicants entre 2012 et 2016 pour un investissement de 15 millions d’euros. Pour la CODAH, le déploiement du télé-relevé répond à un double objectif. Il permettra de renforcer la performance opérationnelle des services de l’eau pour l’exploitation du réseau d’eau potable en optimisant le rendement du réseau, en automatisant le processus du relevé et de facturation des consommations d’eau, en modernisant les outils et en simplifiant la tâche des agents de la régie. Il permettra également d’améliorer la qualité de service aux usagers avec la mise en place de nouveaux services tels qu’un suivi de la consommation d’eau en ligne, un service d’alerte en cas de fuite d’eau par envoi de messages (SMS) ou de courriel et une facturation sur la base de la consommation réelle, sans dérangement lié à la relève du compteur d’eau.

Dans le projet de la CODAH, plusieurs modèles de compteurs sont déployés. Chaque compteur communique ses données par ondes radio à des relais GSM, qui remontent ensuite les informations sur les serveurs de m2ocity, opérateur du réseau de télé-relevé et filiale de Veolia Eau et Orange. M2ocity relaie ensuite les données aux services de l’eau de la CODAH qui, après des traitements métier, les mettent à leur tour à disposition des usagers. Cette infrastructure de télé-relevé de m2ocity pourrait permettre de connecter d’autres compteurs communicants (gaz par exemple) et d’autres capteurs fonctionnant avec la même technologie radio.

Les premiers compteurs ont été déployés et les premiers services aux abonnés sont opérationnels depuis la mi-2013. À l’image de ce qui est fait pour le compteur communicant Linky, la facturation des consommations d’eau se fait désormais sur un index réel et non plus estimé et les informations pour le suivi de la consommation (avec un détail horaire et la possibilité d’être prévenu en cas de dépassement de seuil volume/prix) sont disponibles pour les consommateurs sur Internet. D’autres services, comme des alertes par courriel ou SMS en cas de fuite d’eau et des conseils et défis de baisse des consommations entre ménages comparables, sont également disponibles. Cette information des consommateurs a un réel impact sur leur comportement et donc sur leur consommation, avec une baisse moyenne de la consommation d’eau de l’ordre de 15 % par an.

Pour en savoir plus :

Le télerelevé, Site de la CODAH

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