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Point de vue de Jean-Christophe Clément (Chambre de commerce et d’industrie de Nice – Côte d’azur) :

Dans une publication de décembre 2009, le Commissariat général au développement durable (CGDD) a indiqué que c’est « dans les villes que se décidera, demain, le succès ou l’échec de la transition vers des sociétés post-carbone ».

En 1950, il y avait 94 millions de personnes qui vivaient dans les 21 plus grandes villes du bassin méditerranéen. En 2025, elles seront 378 millions. La population de ces villes va ainsi être multipliée par 4 en 75 ans. Ces villes dépendent aujourd’hui à 87 % des énergies fossiles.

L’évolution future dont fait part le CGDD s’observe dès à présent compte tenu du développement très rapide de la filière photovoltaïque, en croissance de 30 % par an depuis plusieurs années, ou celle de l’éolien, qui représentera bientôt près de 100 GW de puissance installée sur le territoire européen soit 7 % de la consommation européenne.

Dans le département des Alpes-Maritimes, l’énergie est un sujet important pour plusieurs raisons :

  • d’une part, au niveau macroéconomique, l’énergie représente une facture importante, soit 60 milliards d’euros et au niveau microéconomique, 5 à 10 % du chiffre d’affaires des entreprises est consacré à l’énergie. C’est une donnée importante dans la situation de crise économique et financière actuelle, d’autant plus quand le prix de l’électricité doit augmenter de 30 % dans les cinq ans à venir. Les élus locaux ont, donc, sollicité la création d’une équipe énergie au sein de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) Nice Côte d’azur il y a deux ans ;
  • d’autre part, le département est en situation de fragilité du point de vue de l’alimentation électrique. Le territoire de la Côte d’azur n’est alimenté que par une seule ligne à 400 kV et se situe en bout de ligne, séparé par 200 kilomètres de forêts avec la mer au sud, les montagnes au nord et une frontière administrative à l’est ;
  • et enfin, contrairement au département des Alpes de Haute-Provence qui produit deux fois plus d’énergie que ce qu’il consomme, grâce à l’hydraulique et au photovoltaïque, le département des Alpes-Maritimes importe 90 % de sa consommation d’électricité.

Par ailleurs, les territoires et les villes sont un ensemble de flux de production, de consommation et de stockage de différents types : électricité, mobilité, eau, déchets, informations.

Tous ces flux semblent indépendants, mais ce n’est pas le cas. Prenons l’exemple des flux d’électricité. Au niveau du territoire azuréen par exemple, un flux d’électricité qui est importé par la ligne principale interagira avec la recharge des véhicules électriques. En effet, la Côte d’azur disposera à moyen terme de 4 000 véhicules électriques raccordés au réseau électrique. Ces véhicules électriques pourront interagir en consommation ou en stockage sur le flux d’électricité. Le territoire dispose, également, de plusieurs dizaines de mégawatts d’électricité produits par incinération des déchets ou par turbinage de l’eau potable, qui sont directement dépendant des flux de consommation d’eau et de production de déchets, qui peut servir, également, à stocker l’électricité. De plus, l’information donnée aux utilisateurs à elle-même un impact important. Par exemple, le dispositif d’Ecowatt Azur-Provence illustre l’importance de la gestion de l’information dans l’équilibrage entre la production et la consommation d’électricité. En alertant les consommateurs par courriel ou par SMS, il est possible de réduire de plusieurs dizaines de mégawatts la pointe de consommation.

La CCI et les acteurs du département pressentent que le développement des Smart grids et des Smart cities constitue un fort potentiel d’expansion économique de la région étant donné la structure économique du territoire azuréen :

  • de très grands groupes et entreprises françaises sont présents sur le territoire (IBM avec son centre de recherche à la Gaude, Cisco, Orange, EDF…), mais également des PME (dont certaines exportent à l’international et d’autres primées sur le sujet de la croissance verte) ; Ce cluster cleantech regroupe 500 entreprises et presque 4 000 emplois.
  • un tissu dense d’institution de recherche et développement de solutions TIC et énergie, comme l’INRIA, plusieurs laboratoires de l’école des Mines, du CSTB, les services énergie et smart grids de l’ADEME
  • des contraintes certaines sur certains sujets clé (énergie, déchets, mobilité) qui pourraient être transformées en opportunité grâce aux possibilités offertes par les Smart Grids / Smart Cities.

Ces contraintes sont aussi bien des problématiques de flux, les capacités de transit pour rentrer et sortir du territoire étant limitée, que de stock, les capacités de stockage étant elles aussi limitées et couteuses. La connaissance fine et gestion optimisée de ces flux pourrait permettre d’optimiser les investissements au regard de toute la chaine de valeur : production, transport et/ou distribution, consommation, stockage.

La CCI a mis en place un plan d’action pour développer les Smart grids / Smart cities. Quatre groupes de travail ont été installés avec des objectifs précis :

  • le premier doit créer une cartographie des acteurs et modéliser une chaîne de valeur incluant les très nombreux acteurs impliqués sur le sujet ;
  • le deuxième est chargé de déterminer comment orienter le développement du territoire en fixant un cadre de normalisation pour que les Smart cities puissent intégrer plus vite le territoire ;
  • le troisième a pour mission de donner de la visibilité aux travaux de la CCI ;
  • le quatrième a la charge de favoriser les évènements et les salons sur le territoire de la Côte d’azur.

La région Nice-Côte d’azur est un territoire d’expérimentation des grands projets de Smart grids (NiceGrid, Premio et Reflexe). Un certain nombre de ces projets portent sur l’appropriation des technologies de Smart grids par le citoyen.
Ces projets sont portés à différents niveaux : Nice Grid par la Commission européenne et les Investissement d’Avenir, Reflexe par les Investissement d’Avenir, Premio par le Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans le cadre de son programme de développement, IBM a décidé de labelliser la ville de Nice Smarter city, la seule ville en France et l’une des quatre villes en Europe.
D’autres projets, de taille plus modeste et portant sur des briques ciblées du Smart Grids, sont portés par les Collectivités locales, certains avec l’appui du Conseil Régional.

Au total, ce sont 10 projets de Smart Grids qui sont en cours d’implémentation sur le département des Alpes-Maritimes, six d’entre eux étant présenté sur la rubrique ‘Territoires et Projets’ du site Smart Grids de la CRE.


Jean-Christophe Clément
14 février 2012





Jean-Christophe Clément est Expert Énergie au sein de la Direction Entreprises et Territoire / Pôle Environnement de la Chambre de commerce et d’industrie de Nice – Côte d’azur.

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