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Eco-City : promotion de la mixité sociale et réduction de l’empreinte carbone

Description du concept

Le concept d’« Eco-City » recouvre l’ensemble des villes construites selon une démarche globale de développement durable. Les projets, qui concernent actuellement et principalement la rénovation de quartiers, sont construits dans une démarche multisectorielle (construction, énergie, transport) et visent à garantir au sein de l’espace créé une mixité sociale et une maîtrise de l’empreinte carbone en favorisant la mixité fonctionnelle, les transports doux, des normes de construction strictes en matière d’efficacité énergétique, le recyclage, l’insertion de production d’énergie renouvelable, etc. Ces projets sont, pour les plus petits, à l’image de BedZED au Sud de Londres couvrant près de 1,7 hectare, et pour les plus grands, à l’image de l’ambitieux projet chinois de Dongtan au Nord de Shanghai couvrant lui près de 90 km² pour une population cible de 500 000 habitants en 2050.

Les modes de financement observés pour ces projets dépendent encore soit d’aides publiques, qui seront de plus en plus limitées, soit d’un financement par des promoteurs en contrepartie d’une occupation plus intensive des sols (exemple du quartier 22@bcn à Barcelone) qui ne peut pas être une solution adaptée à toutes les villes. Cependant, le concept d’« Eco-City » pourrait favoriser l’émergence de nouveaux modèles d’affaires, comme celui d’intégrateur de services urbains. Porté par le BTPiste/promoteur immobilier en charge de la construction ou de la rénovation du quartier, il s’agirait de proposer aux collectivités locales une solution de quartier durable clé en main avec des services d’exploitation du quartier (urbains et énergétiques) garantissant un coût optimisé, le tout pouvant prendre la forme d’une concession. La co-entreprise EMBIX créée par le groupe Bouygues et en charge de la gestion énergétique du projet Issy Grid est-elle le prémice de cette évolution ?

Le quartier Vauban à Freiburg (Allemagne) : un pionnier de l’Eco-city situant le citoyen au cœur de la réflexion sur la ville

Le quartier Vauban situé à Freiburg, en Allemagne, fait office de référence en matière de création d’éco-quartier. La mise en disponibilité au début des années 1990 d’une ancienne caserne militaire offre la possibilité à la mairie de lancer en 1996 la reconversion de cette zone de 38 hectares dans une logique de développement durable. Le lancement de ce projet a été rendu possible par la mise en place de mécanismes de concertation et de discussion entre autorités publiques et associations. Entre 1995 et 1999, la commune de Freiburg investit près de 20 000 euros par an pour développer ce processus de discussion et trouver un consensus. L’association « Forum Vauban » est reconnue comme entité gestionnaire et coordinatrice de ce processus.

Du point de vue du réaménagement de la zone, plus d’une dizaine d’anciennes casernes, représentant environ 10 % de la surface, sont rénovées et transformées en logements alternatifs, en logements collectifs et en espaces socioculturels. Les 90 % restants sont détruits, afin de créer, d’une part, des nouveaux logements et, d’autre part, des espaces dédiés à l’industrie et à l’artisanat (4 hectares sont utilisés comme terrain industriel et 2 hectares pour des PME et des artisans), tous deux construits dans une logique de proximité entre lieu de travail et habitation.

Le quartier s’est progressivement développé pour répondre aux quatre enjeux suivants :

  • favoriser la mixité sociale : création d’espaces de rencontre, suppression des clôtures dans les espaces privatifs, mise en place d’un marché de petits producteurs locaux, constitution de petites communautés unies et impliquées dans la construction des logements (Baugruppen) ;
  • limiter les transports motorisés : construction de deux garages collectifs aux deux entrées du quartier, mise en place d’un système d’auto-partage, construction d’une ligne de tramway, conversion des rues en espaces dédiés au jeu et à la circulation piétonne ou à vélo, avec limitation de la vitesse de circulation des automobiles à 5 km/h (sur le premier axe du quartier, l’allée Vauban, qui relie le quartier aux communes voisines, la vitesse de circulation est limitée à 30 km/h) ;
  • maîtriser l’énergie : respect des critères d’éco-construction, construction de maisons passives (150 logements) voire à énergie positive, installation de 2 500 m² de panneaux photovoltaïques sur les toitures, mise en place d’une usine de cogénération à base de biomasse alimentant le réseau de chaleur. Combinée à la production d’énergie solaire, elle permet de couvrir près de deux tiers de la consommation en électricité du quartier ;
  • réduire la consommation d’eau potable : récupération des eaux de pluie et utilisation pour les usages quotidiens (toilettes, lave-linge, arrosage, etc.), recyclage des eaux usées d’origine domestique pour produire du biogaz, construction de toitures plates et végétalisées pour maximiser la rétention d’eau.

Les résultats obtenus par le quartier Vauban à Freiburg sont positifs, d’un point de vue social, économique et écologique.

Le quartier Vauban, plus de 15 ans après le début de son réaménagement fait office d’exemple dans le domaine des éco-quartiers. Sur l’ensemble des critères économiques, écologiques ou sociaux, le mécanisme de concertation situant le citoyen au cœur de la réflexion sur la ville semble avoir porté ses fruits.

BedZED à Hackbridge (Royaume-Uni) : une première étape vers l’habitat écologique

Du côté du Royaume-Uni, Beddington Zero Energy Development (BedZED) est un éco-quartier composé d’une centaine d’habitations, dont la construction s’est étalée entre 2000 et 2002. Conçu par le cabinet d’architecte Bill Dunster et financé principalement par l’association caritative Peabody Trust, BedZED a été récompensé par de nombreux prix et s’est imposé comme une des figures de proue des éco-quartiers en définissant un nouveau standard dans l’habitat écologique.

Cette réduction de l’empreinte écologique se traduit par :

  • une consommation réduite d’énergie : isolation renforcée, orientation des terrasses pour optimiser l’ensoleillement, ventilation avec système de récupération de la chaleur ;
  • un recours maximal aux ressources locales et renouvelables : production d’énergie grâce à des panneaux photovoltaïques, centrale de cogénération alimentée au bois, véhicules électriques en partage, utilisation de matériaux de construction locaux (provenance < 50 km) ;
  • une réutilisation et un recyclage des ressources: récupération des eaux de pluie, gestion des déchets, utilisation de matériaux recyclés.

Au-delà des aspects environnementaux, la mixité sociale fait partie intégrante du concept, garantie par une proportion importante de logements sociaux (environ un tiers), un prix d’achat de l’immobilier globalement en ligne avec le prix du marché et le financement du surcoût de ces installations par les activités commerciales et de bureaux développées au sein du quartier.

Les aides publiques et associatives consacrées à ce quartier ont permis une réduction des consommations d’électricité et d’eau chaude respectivement de 45 % et 81 %, la réduction des trajets motorisés a atteint 65 %. Cependant, les infrastructures du quartier n’ont pas su trouver un équilibre économique satisfaisant : à cours de subvention, la crèche a été fermée, la centrale à cogénération, non rentable, n’est plus en fonctionnement, etc.

Le quartier 22@bcn à Barcelone (Espagne) : un modèle de financement fondé sur la promotion immobilière

Les politiques de réhabilitation de centre-ville ou d’aménagement urbain peuvent constituer des gisements de financement significatifs. C’est la stratégie suivie par la ville de Barcelone pour redynamiser son nouveau quartier dédié à l’économie de la connaissance situé en centre-ville, le quartier 22@bcn. Les avantages donnés aux promoteurs (occupation plus intensive du sol) ont été compensés par deux types d’obligation : leur contribution au financement du Plan spécial d'infrastructures (aménagement de la voierie, climatisation centralisée, etc.) et la contrainte de mixité fonctionnelle (les propriétaires doivent céder une part de leur terrain pour de nouveaux logements, de nouveaux équipements et de nouveaux espaces verts).



Cette fiche a été rédigée par E-Cube.



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