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Des acteurs nouveaux se positionnent sur le marché

L’écoefficacité énergétique par l’intelligence embarquée dans l’habitat et dans ses équipements, est désormais reconnue comme une priorité par les politiques et les institutionnels. Au delà des énergéticiens traditionnels, elle concerne de nombreux acteurs, qu’ils soient de l’ancienne ou de la nouvelle économie, qui cherchent tous à se positionner dans un jeu complexe.

Les TIC, reconnues par les institutionnels comme accélérateur de progrès dans les dispositifs d’efficacité énergétique

  • L’importance des TIC (technologies de l'information et de la communication) et de la maison communicante dans l’efficacité énergétique et dans les Smart grids est maintenant partagée. Ainsi la Commission européenne a-t-elle placé ce thème dans les priorités de son 7e programme-cadre de recherche et développement (7e PCRD). Et le Partenariat Public Privé « Future Internet » récemment lancé cible également l’énergie dite « smart » dans ses domaines prioritaires
  • Aux Etats-Unis, le développement des Smart grids et des Smart homes est une priorité des instances gouvernementales, orchestrée par le Département de l’Energie et par le NIST, l’institut de standardisation américain, et avec l’appui et l’expertise de l’EPRI (Energy Power Research Institute).
  • En France, des appels à manifestation d’intérêt ont été lancés par l’ADEME en 2009 et 2010 sur le thème des réseaux intelligents et des énergies renouvelables et ont donné lieu à des propositions de projets d’envergure, fédérant les différents acteurs.

Des acteurs industriels et commerciaux de tous secteurs

Outre les grands énergéticiens traditionnels et les plus récents, les home services offrent des opportunités à des acteurs venant d’autres secteurs économiques, d’entrer sur le marché de l’énergie.

Pour les énergéticiens, l’enjeu de la maison communicante est double :

  • d’une part, la gestion de la demande. La possibilité de moduler l’utilisation des « usages » finaux des consommateurs en réponse aux contraintes du système électrique est une opportunité majeure pour les énergéticiens, dans laquelle la France a d’ailleurs été pionnière avec la modulation du fonctionnement des ballons d’eau chaude en heures creuses, et que les technologies de la maison communicante permettront d’étendre aux autres appareils ;
  • d’autre part, l’offre de service aux clients. Comme la plupart des autres acteurs, les énergéticiens vont chercher à compléter leurs offres de fourniture d’énergie avec des services d’efficacité énergétique dans une logique de diversification de leur offre, d’enrichissement de leur relation avec leurs clients, et de fidélisation de ces clients voire de conquête de clients, pour les nouveaux entrants en particulier.

Les acteurs du monde des télécommunications et de l’Internet, cherchent également à exploiter au mieux ce nouveau champ d’utilisation de leurs technologies et services :

  • après le quadruplay (Internet, téléphone, TV, mobile) et la course vers le très haut débit, les opérateurs télécoms peuvent voir dans les services de la maison communicante la prochaine composante de leur bouquet de services. Pour ce faire, ils se basent non seulement sur leur expérience de l’Internet, mais aussi sur celle du M2M (Machine To Machine), qu’ils ont souvent développé pour les besoins de communication sur le marché de l’industrie ou des services, et qu’ils cherchent donc à étendre, via la maison communicante, sur le marché résidentiel ;
  • les fournisseurs de solutions télécom qui se sont imposés avec Internet, dont Cisco est le leader, voient également la possibilité d’étendre leur position avec cette extension de l’Internet jusqu’aux différents objets de la maison. C’est également un terreau fertile pour l’émergence de multiples start-up ;
  • des constructeurs de renom dans le multimédia grand public annoncent, voire commencent à proposer sur le marché des produits mariant la gestion de l’énergie dans l’habitat à leur savoir-faire dans le multimédia ;
  • les grands acteurs des Systèmes d’Information se positionnent également, s’appuyant sur leur expérience pour proposer systèmes et services capables de collecter, sécuriser, stocker, traiter, croiser des masses de données encore inégalées à ce jour ;
  • des fournisseurs de services Web peuvent aussi proposer sur Internet certaines « briques » de home services comme l’affichage ou l’optimisation des consommations.

Les industriels de l’équipement électrique dans l’habitat, quant à eux, se positionnent avec l’ambition de dépasser la simple fourniture de matériels ou de logiciels.

  • La gestion d’énergie est aujourd’hui principalement consacrée à l’optimisation du fonctionnement du chauffage électrique et du ballon d’eau chaude, pour la France, et de la climatisation aux Etats-Unis. Pour sécuriser leur position, les leaders du domaine doivent négocier au mieux l’extension de son champ aux autres appareils de la maison en intégrant les bouleversements technologiques de la maison communicante.
  • Les industriels de l’infrastructure électrique de l’habitat peuvent ajouter à leur gamme de tableaux électriques, prises, interrupteurs, etc. une « intelligence » capable de rendre certains home services, en particulier ceux relatifs à l’information sur les consommations et à la commande de l’éclairage.
  • De petites sociétés émergent également sur le créneau, en particulier via la fourniture de « prises intelligentes », à intercaler entre la prise de l’appareil et la prise murale, qui permettent de fournir les services de mesure et d’affichage des consommations, voire de piloter les appareils qui y sont branchés.

Enfin, les fabricants d’appareils électriques ont déjà dans les cartons des prototypes communicants, mais attendent tout à la fois la baisse des coûts induits, l’établissement de standards de communication stables et l’émergence d’un véritable marché.

  • Bien loin de l’image des premiers convecteurs, les constructeurs de chauffage électrique peuvent maintenant ajouter aux thermostats électroniques, des fonctions de gestion de la consommation. De même, aux Etats-Unis, et notamment en Californie, le « thermostat programmable communicant » (PCT) des systèmes de climatisation a été l’un des premiers appareils communicants déployés en masse pour gérer la demande.
  • Les fabricants d’appareils électroménagers, notamment sous l’égide du CECED (Conseil Européen de la Construction d'Équipements Domestiques), ont depuis longtemps fait de l’efficacité énergétique une de leurs priorités, et participent à de multiples projets ou pilotes de home services.

Ces nouveaux acteurs qui apparaissent sur le marché de la maison communicante travaillent en étroite collaboration avec les acteurs du bâtiment, que ce soit les architectes ou les métiers du bâtiment à proprement parler. Par ailleurs, ils doivent également travailler en concertation avec l’ensemble des fournisseurs de service.

L’importance du marché de la rénovation, l’accroissement très net des standards de confort et les nécessaires économies d’énergie ont généré de nouveaux besoins (efficacité énergétique des bâtiments, accroissement du confort, amélioration de la gestion de la consommation d’énergie), auxquels les grands groupes industriels et les PME ont répondu par le développement du marché des produits électriques et électroniques, de plus en plus sophistiqués. En outre, ces nouveaux besoins et marchés ont fait naître de nombreuses start-up, notamment informatiques, qui se sont lancées dans l’innovation technologique.

Le développement du bâtiment intelligent regroupe donc un très grand nombre d’acteurs, du développeur de logiciels de pilotage à distance, au fabricant d’appareils électriques et appareils électroménagers, en passant par les architectes, ingénieurs, gestionnaires de réseaux, fournisseurs et professionnels du bâtiment, mais aussi les constructeurs de véhicules électriques et de systèmes de production d’énergie décentralisée.


Parmi les autres professionnels acteurs du bâtiment intelligent, on retrouve la maîtrise d’œuvre, les métiers du bâtiment, les installateurs intégrateurs et les prestataires de services. La maîtrise d’œuvre a pour objet d’intégrer les services adaptés dans la conception et la réhabilitation de tous les types de bâtiments. Elle doit donc connaître et prendre en compte les technologies actuelles afin de les intégrer lors de la conception des différents espaces. Elle doit informer, dans un souci de meilleure coordination, l’ensemble des métiers concernés. Les métiers du bâtiment doivent s’adapter à l’arrivée des nouvelles technologies et doivent donc être continuellement en lien avec les autres acteurs afin de suivre les évolutions. Les installateurs et intégrateurs ont pour mission d’informer les clients sur les différentes possibilités qui leur sont offertes et doivent faciliter leur mise en œuvre. Enfin, les prestataires de services sont chargés d’identifier les attentes des différents types de clients, de simplifier l’accès aux services et intégrer cette démarche dans toute la chaîne d’acteurs.

Par ailleurs, les pouvoirs publics, que ce soit l’Union européenne, l’État, les médias ou les centres de recherche, jouent un rôle clé dans cette évolution. Ainsi, par exemple, entre 2002 et 2006, dans le cadre du 6e Programme-cadre de recherche et développement (PCRD), l’Union européenne, a financé plus d’une soixantaine de projets sur le thème « réseaux intelligents et intégration des énergies renouvelables », pour un investissement total de quelque 190 millions d’euros. De même, le ministère de l’énergie et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) soutiennent les projets et les comportements qui visent à améliorer la gestion de l’énergie dans le bâtiment (prêt à taux zéro pour la construction ou l’acquisition d’un logement basse consommation, incitation à changer les appareils électroménagers fortement consommateurs d’énergie, etc.).

Cependant, le travail de tous les acteurs de la chaîne de valeur ne sera utile que dans la mesure où l’utilisateur aura appris à tirer le meilleur parti de ces technologies naissantes pour mieux gérer, voire réduire sa consommation d’énergie.

Cette partie du dossier a été rédigée par EDF.
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