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Interview d'Olivier Cottet (Programme Homes)

Plus des deux-tiers des grands bâtiments tertiaires seront « intelligents », prédit Olivier Cottet (Programme Homes)

Entretien avec Olivier Cottet, directeur marketing du Programme HOMES, le plus gros programme européen dans le bâtiment vert dont Schneider Electric est à l'origine, qui effectue des recherches sur le contrôle actif des bâtiments pour optimiser leur consommation, la gestion des énergies en lien avec le smart grid, l’implication des acteurs du bâtiment, le monitoring ou encore la création d’outils pour la filière.

Comment voyez-vous la progression du bâtiment « intelligent » ?

Le marché du bâtiment intelligent (c’est-à-dire équipé de systèmes de contrôle-commande et de monitoring pour optimiser les consommations d’énergie) encore émergent, connaît aujourd’hui, et va connaître dans les années à venir, un essor particulier. En effet, l’« intelligence » dans les bâtiments, marginale il y a 20 ans, est apparue depuis une dizaine d’années dans les constructions tertiaires, notamment dans celles de grandes surfaces (plus de 10 000 m2). Depuis, les coûts de ces techniques ont baissé (environ 4 à 5 % du coût de construction) et elles ont pu se développer dans des bâtiments plus petits, de 5 000 m2. Aujourd’hui, avec l’évolution des réglementations - nouvelle RT 2012, NF EN 16 001, loi Nome sur l’énergie...- nous assistons à une forte progression du taux d’équipement. Le nombre de bâtiments neufs équipés de fonctions de ce type devrait augmenter de façon notable dans les prochaines années. Même ceux de moins de 1 000 m2 intègreront ces fonctions intelligentes qui deviennent indispensables.

La qualité du bâti, avec une bonne isolation et des vitrages performants, ne peut suffire à faire qu’un bâtiment soit faible consommateur d’énergie. C’est une base de départ mais il faut gérer la manière dont il est occupé et exploité. Pour cela, le monitoring des équipements est indispensable pour en mesurer les consommations énergétiques et pouvoir ainsi apporter des solutions d’amélioration. Jusqu’alors quasi-inexistant, nous allons, pour les bâtiments neufs du tertiaire, vers un taux d’équipement de 20 à 25% dans les années qui viennent. Ce marché est en plein boom, tant au niveau des grandes entreprises que des PME, mais aussi au niveau des collectivités locales, qui, elles aussi, veulent réaliser des économies et adopter une véritable démarche de développement durable.

Une enquête menée en 2009 sur les investissements liés à la réduction des dépenses énergétiques a montré que 7 entreprises sur 10 poursuivaient d’abord des objectifs de développement durable plutôt qu’économiques. A cet égard, les labels type HQE ou encore le Grenelle de l’Environnement ont très bien fonctionné comme moteur de cette tendance. Aujourd’hui, Les promoteurs immobiliers tentent de trouver une valeur de marché aux labels verts.


Comment voyez-vous la progression du bâtiment « intelligent » ?

Au niveau européen, les comportements des acteurs sont étroitement liés à celui des Etats. Chaque Etat a en effet une totale liberté pour traduire la Directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments.
Le Royaume-Uni est le plus en avance sur les systèmes de monitoring et de contrôle, l’Espagne sur la gestion de l’éclairage et de la climatisation, la France sur l’isolation et les doubles vitrages. Mais depuis le Plan bâtiment du Grenelle et avec la RT 2012, la France a une position de leader d’opinion en Europe dans le domaine de la performance énergétique. Nous sommes très volontaristes même si nous sommes encore trop souvent conceptuels, avec un foisonnement de labels et de normes un peu compliquées.


Comment voyez-vous la progression du bâtiment « intelligent » ?

Schneider Electric se situe au cœur de l’efficacité énergétique à travers ses différentes activités. Notre métier est bien la gestion de l’énergie et nous attendons une forte croissance dans ce domaine. Acteur résolument engagé, le groupe est par exemple à l’origine du programme HOMES (HOMES comme Habitats et bâtiments Optimisés pour la Maîtrise de l’Energie et des Services, ndlr), un programme collaboratif d’innovation lancé bien avant le Grenelle de l’Environnement.


En quoi consiste le programme HOMES ?

HOMES est le plus important programme européen de recherche dans le domaine de l’efficacité énergétique dans le bâtiment. Initié par Schneider Electric en 2008, il regroupe 13 partenaires : des entreprises privées qui disposent de technologies complémentaires aux nôtres, comme Philips pour l’éclairage, ST Microelectronics ou Somfy, ainsi que des laboratoires de recherche publics comme ceux d’EDF, du CSTB ou du CEA.

L’objectif est de proposer des solutions pour permettre à chaque bâtiment d’atteindre la meilleure performance énergétique. Les petits bâtiments tertiaires existants sont notre cœur de cible : 95% des surfaces européennes du tertiaire sont en effet constituées de bâtiments de taille inférieure à 2 500 m² et ne sont équipées de quasiment aucun système de gestion d’énergie. Le programme est doté d’un budget de 88 millions d’euros, dont 39 millions apportés par l’Etat français et le reste par les partenaires.

Nous sommes à mi-chemin : HOMES a été créé en septembre 2008 pour 4 ans. Nous avons récemment présenté des prototypes et Schneider Electric commercialisera dès 2011 les premiers produits issus du programme. Il s’agit dans un premier temps d’une prise électrique, destinée au secteur du résidentiel, capable de mesurer et de contrôler la consommation des équipements qui lui sont raccordés. Attention, il ne s’agit pas d’un gadget destiné à fonctionner tout seul : elle est conçue comme une brique d’un ensemble. La prise doit s’intégrer dans un système global de gestion de l’énergie.


Quelles économies peuvent permettre ces technologies ?

Les trois technologies du bâtiment vert, à savoir un bâti de qualité, des équipements performants et des systèmes de contrôle-commande et de monitoring, ont toutes trois le même potentiel : celui de réduire la consommation de moitié.


Sur le plan technologique, l’Europe est-elle en avance ou en retard par rapport, par exemple, aux Etats-Unis ?

Au niveau technologique, preuve de notre avance, le premier client du capteur issu du programme HOMES a été le MIT. L’Etat français investit beaucoup dans l’efficacité énergétique, via le budget de l’Ademe, les aides aux investissements dans ce domaine type éco-prêt à taux zéro, les subventions des collectivités locales et les bâtiments publics de l’Etat ou des collectivités, qui souvent se veulent exemplaire dans le cadre de leurs Agenda 21. L’effort est extraordinairement soutenu. L’enjeu est énorme, également pour la création de l’emploi et les relais de croissance. Et 2011 ira plus loin : nous ne parlerons plus seulement des bâtiments intelligents ou du smart grid, mais des éco-quartiers et des green cities.



Olivier Cottet
Publié par GreenUnivers • lundi 24 janvier 2011 à 15:41
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