Haut de page

Accueil » Tous les dossiers » Les Super grids

Le développement des Super grids en Chine et aux États-Unis

États-Unis

La Superstation de Tres Amigas

Aux États-Unis, la logique du Super grid est différente de celle de la Chine. Comme pour les autres pays développés, aux États-Unis il s’agit de connecter des réseaux entre eux et d’intégrer des centres de production d’énergie renouvelable : l’objectif est d’exploiter le potentiel solaire de l’Ouest ainsi que le potentiel éolien du Midwest et du Texas pour alimenter les mégapoles de la côte Est.

Source : Tres Amigas
Au Sud des États-Unis, le projet de « superstation » de Tres Amigas pourrait être à la base du Super grid américain. Cette superstation dont la construction devrait débuter en 2012 et s’achever deux ans plus tard sera une plateforme d’échanges qui reliera entre eux les réseaux de l’Est, de l’Ouest et du Texas. Cette superstation connectera les trois réseaux à l’aide de trois lignes de transport de 5000 MW supraconductrices.

A l’Est, le projet Atlantic Wind Connection (AWC) estimé à près de 5 milliards de dollars et financé pour plus d’un tiers par Google consiste en la création d’une ligne de transport CCHT sous-marine de plus de 500 kilomètres au large de la côte Est. Elle permettra de relier de futurs champs éoliens off-shore à quatre des Etats les plus densément peuplés des États-Unis, à savoir le New Jersey, le Maryland, le Delaware et la Virginie.

Le National Energy Technology Laboratory américain (NETL), financé par le département de l’énergie (DOE), mène des actions de R&D sur le Super grid dans le cadre de son programme de recherche stratégique sur le Smart grid (Smart Grid Implementation Strategy).

Ce programme se penche notamment sur la fiabilité du transport, de la production décentralisée d’électricité et de l’informatisation du réseau, et s’inscrit dans la stratégie définie par l’État pour le réseau national à horizon 2030.

Ce projet leader constitue la première connexion à grande échelle entre les trois réseaux électriques américains et le plus grand projet de Smart grid aux États-Unis. Outre des améliorations immédiates en termes d’efficacité et de fiabilité, il comportera un système de gestion de l’énergie qui aidera à mieux piloter à long terme les réseaux électriques régionaux.

En créant une bourse de marché pour l’électricité d’origine renouvelable, Tres Amigas devrait renforcer la motivation à construire de nouvelles infrastructures de transport sur les trois réseaux américains permettant ainsi aux producteurs d’électricité verte d’avoir accès à plusieurs marchés nationaux.

Le Solar Grand Plan


Le « Solar Grand Plan » propose d’installer progressivement des panneaux solaires sur 80 000 kilomètres carrés de terres désertiques, très ensoleillées et appartenant à l’État dans les États du Sud-Ouest des États-Unis. L’électricité produite serait distribuée aux consommateurs via un réseau de transport acheminant le courant vers des milliers de sites répartis sur tout le territoire des États-Unis.

Pour que le projet soit réalisable, il faudra, d’une part, faire baisser le prix de l’électricité solaire (de 14 cents/kWh aujourd’hui pour 6 cents de revient en moyenne) et donc améliorer la performance des panneaux photovoltaïques et thermodynamiques, qui ne convertissent actuellement que 10 % de l’énergie qu’ils reçoivent et, d’autre part, développer des solutions de stockage pour pouvoir disposer d’électricité également la nuit. Le Solar Grand Plan propose de stocker cette électricité sous forme de gaz comprimé. Le principe consiste à utiliser l’énergie solaire transformée en électricité pour comprimer du gaz qui sera conservé dans des abris naturels (mines abandonnées, gisements de gaz ou de pétrole épuisés). Ce gaz est ensuite disponible à la demande, utilisé par des turbines qui génèrent de l’électricité à proximité des centres de consommation.

Prévu pour être mis en place sur 40 ans (2010-2050), le parc solaire devrait produire à terme 3000 GW, ce qui représenterait 70 % du besoin total en électricité des États-Unis. Son coût serait de 420 milliards de dollars répartis sur la période. Le financement serait possible grâce à un double mécanisme d’incitations fiscales – afin de stimuler les recherches et la production en série des technologies nécessaires – et de subventions aux industries concernées.

Par ailleurs, des câbles à courant continu haute tension (CCHT) relient déjà plusieurs États : la construction d’une liaison de 400 kilomètres à CCHT vient d’être autorisée entre les États de Pennsylvanie et de Virginie.

Chine

La Chine s’intéresse de près aux Super grids car sa consommation électrique connait une croissance annuelle à deux chiffres depuis dix ans. Pour assurer l’approvisionnement des mégapoles de la côte Est (Beijing, Shanghai and Guangzhou), la Chine souhaite pouvoir puiser dans le potentiel hydroélectrique encore inexploité du sud-ouest du pays. Cela nécessite des liaisons électriques sur de très grandes distances.

La Chine a planifié la construction de près de dix projets en courant continu très haute tension (CCTHT) sur des distances allant de 2000 à 3000 km. La première ligne de transport CCTHT au monde a vu le jour en Chine en 2010. Elle relie la centrale hydroélectrique de Xiangjiaba à la ville de Shanghai située à 2000 kilomètres et supporte une tension de 800 kV pour une puissance de 6000 à 7000 MW.

La R&D en Chine est surtout gérée par le CEPRI (China Electric Power Research Institute), filiale du SGCC (State Grid Corporation of China), qui regroupe des chercheurs dans tous les domaines du transport de l’électricité et dispose de très importants moyens d’essai et de simulation des réseaux électriques.

Les principaux axes de recherche sont le transport et la transformation haute et très haute tension ainsi que la sécurité et la fiabilité des réseaux de forte puissance. Ces axes couvrent de nombreux domaines incluant la simulation et l’analyse des systèmes de puissance, l’électronique de puissance, les nouveaux matériaux, l’automatisation du réseau électrique et le contrôle des centrales de production.

La Chine est, de plus, l’un des rares pays à disposer d’un centre de test CCTHT à même de générer des tensions de plus de 800 kV et de tester les conditions d’isolation, de pollution et d’électromagnétisme.


Cette fiche a été rédigée en collaboration avec Alcimed.

«Page 10 de 16»

Rechercher

Se tenir informé

Abonnez-vous à notre liste de diffusion pour être informé régulièrement des mises à jour du site.

S'abonner

Participer au site

Vous souhaitez participer à notre site ou réagir à un dossier, contactez-nous dès aujourd'hui.

Nous contacter

Les forums de la CRE

La CRE organise des forums, associés à chaque nouveau dossier, pour donner la parole aux experts des Smart grids.
Se tenir informé des prochains forums

Nos contributeurs

Notre site se nourrit aussi de vos contributions. Nous tenons donc à remercier "JCDecaux" qui fait partie de nos 168 contributeurs.
Découvrir nos contributeurs