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Interview d'Ana Aguado (Friends of the Supergrids) :

En quoi consiste votre association Friends of the Supergrids ?



Friends of the Supergrid (FOSG) est une association internationale à but non lucratif qui regroupe à présent 21 sociétés et dont l’objectif est de promouvoir un cadre politique et réglementaire propice à la construction d’un Supergrid européen.

Quels en sont les membres ?

Le groupe FOSG est formé d’entreprises qui livreront l’architecture en courant continu et la technologie connexe, ainsi que de sociétés qui développeront, installeront, détiendront et exploiteront cette infrastructure. Ce groupe concevra le matériel physique et travaillera avec les entreprises qui construiront les structures maritimes dans le but d’optimiser leurs chances de remporter les contrats de réalisation de projets.

Les membres de FOSG représentent l’ensemble des acteurs nécessaires à la réalisation d’un Super grid à l’échelle européenne, c’est-à-dire : 3E, Alstom, DEME Blue Energy, Elia, Hochtief Solutions AG, Mainstream Renewable Power, Parsons Brinckerhoff, Prysmian Cables & Systems, Siemens, General Electric, Visser & Smit Marine Contracting, Nexans, Wpd Offshore, CG Power Systems, ACS, CESI, UK National Grid, RTE-France, Red Eléctrica d’Espagne, Vattenfall et DONG Energy.

Quelle est votre vision des Super grids ?

Nous définissions le Supergrid comme étant « un système (réseau) de transport d’électricité, principalement en courant continu, conçu pour faciliter le transport à grande échelle d’électricité produite à partir de source renouvelable sur des sites éloignés des points de consommation. L’une des principales raisons d’être des Supergrids est la réalisation du marché européen de l’électricité.

Votre association est impliquée dans le projet Supergrid en mer du Nord. En quoi consistent vos actions ?

Nous avons fait des propositions, tant d’un point de vue financier que d’un point de vue « régulatoire » pour favoriser le développement du projet Supergrid en mer du Nord, qui constitue un projet-phare dans le développement du Supergrid en Europe.

Ce projet se décompose en plusieurs étapes, avec comme premier objectif de relier les parcs éoliens offshore aux réseaux existants. Dans un premier temps, des SuperNodes seraient construits dans la mer du Nord dans le but de collecter l’énergie produite par les parcs éoliens offshore et de la distribuer, selon le principe des multi-flux d'énergie.

De plus, nous suivons de très près les travaux que la Commission européenne, les régulateurs européens, les représentants des Etats membres ainsi que les gestionnaire des réseaux de transport nationaux mènent dans le cadre de l’initiative NSCOGI (The North Seas Countries’ Offshore Grid Initiative). Cette initiative prévoit que dix Etats (Suède, Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, France, Royaume-Uni, Irlande, Norvège et Belgique) travailleront ensemble, selon un calendrier précis, dans le but de coordonner les investissements nécessaires à la réalisation de ces interconnections. L’évolution de cette initiative régionale est fondamentale car elle servira de projet pilote au futur développement du Supergrid dans le reste de l’Europe.

Quelles seront les étapes du développement du Supergrid européen ? A quelle échéance pensez-vous que les Super grids seront opérationnels en Europe ?

Le projet de connecter des parcs éoliens offshore est déjà une réalité, c’est pourquoi nous pensons que la première étape du développement du Supergrid européen commencera avec le projet en mer du Nord. En plus de cela, nous avons proposé que l’ENTSO-E (European Network of Transmission System Operators for Electricity), à la demande de la Commission européenne et de l’Agence des régulateurs européens (ACER) commence d’ores et déjà la planification à échelle européen du projet Supergrid d’ici 2050 et que ceux-ci se développent par étape en commençant par la Mer du Nord.

La première phase du projet Supergrid telle que nous l’avons proposée en reliant quatre Etats membres (Royaume-Uni, Allemagne, Norvège et Belgique) pourrait être opérationnelle dès 2020 si les investissements commencent dès 2015. Pour cela, une forte volonté politique et d’importants changements dans la régulation sont nécessaires afin de régler un certain nombre questions qui ont notamment trait à la propriété, la gestion, ou encore l’accès au réseau par le biais d’un code unique.

Votre association fait partie des 20 associations et entreprises européennes qui ont publié, quelques jours avant le premier sommet de l'UE sur l'Énergie le 4 février 2011, une déclaration à l’attention des chefs d’Etat et de gouvernement européen pour exiger la création d’un marché unique de l’électricité en 2015. En quoi cette demande est-elle liée au développement des Super grids ?

Nous n’avons pas fait de déclaration avant le sommet sur l’Energie mais bien après. Nous estimons que celui-ci a permis de faire un pas en avant puisque la nécessité de construire des nouvelles infrastructures électriques dans l’Union européenne a été explicitement reconnue afin d’atteindre les objectifs de 2020 en termes d’efficacité énergétique, de réductions d’émissions de gaz à effet de serre et d’augmentation de l’utilisation des énergies de sources renouvelables, mais également les objectifs visant à créer un marché unique de l’électricité et à assurer la sécurité de l’approvisionnement. Néanmoins, les conclusions des chefs d’Etats n’ont pas fait référence à un Supergrid européen qui est pourtant, selon nous, le seul moyen d’atteindre tous ces objectifs simultanément.

En ce qui concerne l’objectif de création d’un marché unique, un véritable réseau européen interconnecté, tel qu’un Supergrid, serait le meilleur moyen de l’atteindre. La première directive pour la libéralisation et la création d’un marché unique d’électricité a été adoptée il y a maintenant quatorze ans. Des mesures importantes ont été mises en œuvre pour aboutir à cet objectif, mais il est désormais indispensable que la législation soit accompagnée d’investissements dans les infrastructures de transport. Un véritable marché unique de l’électricité passe par un réseau unique interconnecté à l’échelle de l’Europe.


Ana Aguado
19 mai 2010


Ana Aguado est Président-Directeur général de Friends of the Super grids. Elle est diplômée en droit de l’Université de Valence, a obtenu un Master en droit des Affaires de l’Université de Londres et en droit international privé de l’Université de la Hague. Avant de rejoindre Friends of the Super grids, elle a exercé les fonctions de chef du bureau de Bruxelles à l’Institut universitaire européen, de Secrétaire général du Réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport (ETSO – European transmission system operators) et chef du département Régulation chez EURELECTRIC et a également travaillé à la Commission européenne (DG TREN).

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