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Les projets européens de Super grids

Alderney Renewable Energy (ARE) : exporter l’énergie marémotrice de l’île d’Aurigny en France et au Royaume-Uni


La prévisibilité des marées, le faible impact environnemental, la perspective de coûts de production faibles et la forte volonté politique européenne en faveur des énergies renouvelables rendent le développement de l’énergie marémotrice sur l’île anglo-normande d’Aurigny. Les habitants de l’île et les politiques ont pris conscience du potentiel à long terme de cette énergie de source renouvelable.

Alderney Renewable Energy Ltd (ARE) a collecté des données en utilisant des dopplers acoustiques pour mesurer la vitesse et la direction des vagues tous les mètres à travers une colonne d’eau. Ces données ont été utilisées pour créer un modèle en 3D qui a servi à calculer de façon précise le potentiel de puissance issu des courants marins. Certains scientifiques estiment que ces courants au large de l’île d’Aurigny seraient capables de produire entre 1 et 3 GW d’électricité.

En raison des faibles besoins électriques de l’île qui ne sont que de 1,5 MW, il sera nécessaire d’exporter la puissance excédentaire produite. Cela serait possible grâce à un câble sous-marin à courant continu haute tension qui relierait l’île aux réseaux électriques français et britanniques. ARE détient des droits pour exporter l’électricité à la fois en France et au Royaume-Uni et a développé des plans avancés pour des interconnexions avec les deux pays. En novembre 2008, ARE a sécurisé 285 MW de capacité sur le réseau électrique français (capacité qui est actuellement en augmentation d’après ARE) et en 2010, ARE a sécurisé 2000 MW de capacité sur le réseau électrique britannique.

Pour en savoir plus :

Site de Alderney Renewable Energy

Projet ISLES : créer un réseau de transport interconnecté offshore au large des côtes à l’ouest de l’Écosse et dans la mer d’Irlande

ISLES (Irish-Scottish links on energy study) est un projet collaboratif entre le gouvernement écossais, le gouvernement irlandais et celui d’Irlande du Nord.
Le projet ISLES étudie la faisabilité d’un réseau de transport interconnecté offshore permettant d’exploiter les énergies de sources renouvelables au large des côtes à l’ouest de l’Écosse et dans la mer d’Irlande.
La zone cible a un très fort potentiel éolien, marémoteur et hydrolien. Cependant, l’infrastructure de réseau est faible car le réseau électrique de la région n’a pas été développé comme réseau offshore pour exploiter ces ressources d’énergies marines renouvelables majeures. Par conséquent, la capacité à collecter et transporter l’énergie jusqu’au marché est insuffisante par rapport à la capacité à produire de l’électricité. Le projet ISLES permettra à la fois d’ouvrir la voie pour atteindre les objectifs en matière d’énergies renouvelables et de réduction de GES et d’identifier les défis de production, de stockage et de transport de l’électricité créée par ces sources renouvelables.

Le projet ISLES est principalement financé grâce au programme de l’Union européenne INTERREG IV A pour l’Irlande du Nord, la région frontalière de l’Irlande et l’Ouest de l’Ecosse. Le soutien du programme INTERREG au projet s’élève à 1,7 million d’euros sur un montant total de 1,82 million d’euros, les autres parties prenantes finançant la somme restante. La gestion du projet est faite par l’organisme spécialisé pour les programmes de l’Union européenne (Special EU Programmes Body).

Une étude de faisabilité du projet est menée à la demande du gouvernement écossais, du Département Entreprises, Commerce et Investissement d’Irlande du Nord et du Département Communications, Energie et Ressources naturelles d’Irlande. Elle a pour objectif d’étudier les sites potentiels pour la production d’énergie renouvelable dans les eaux côtières. Elle examinera aussi les questions de technologies, d’infrastructures, de financement, d’environnement et d’organisation et développera un modèle d’affaires pour la construction du réseau. L’étude impliquera une coopération étroite entre l’industrie énergétique et les autres parties prenantes impliquées dans les réseaux de transport d’électricité et les énergies renouvelables. Ses résultats seront rendus publics pour toutes les parties prenantes d’ici la fin de l’année 2011.

Supergrid : créer un réseau électrique européen reliant les pays du Nord et les pays du Sud pour une meilleure sécurité énergétique

L’Initiative des pays des mers du Nord pour un réseau éolien offshore (the North Seas Countries’ Offshore Grid Initiative - NSCOGI) constitue la première étape du projet Supergrid européen. C’est une collaboration entre des États membres de l’Union européenne et la Norvège pour créer un réseau électrique offshore intégré permettant d’acheminer de l’énergie produite par des fermes éoliennes et d’ autres sources renouvelables d’électricité à travers les mers du Nord de l’Europe (mer du Nord, en mer Baltique, Manche, mer Celtique et mer d’Irlande) et donc d’exploiter un grand potentiel offshore. La déclaration d’intention des pays participant à l’initiative (Allemagne, Royaume-Uni, France, Danemark, Suède, Pays-Bas, Belgique, Irlande et Luxembourg) a été signée le 7 décembre 2009 lors du Conseil de l’Union européenne sur l’énergie. L’initiative a ensuite été rejointe par la Norvège en février 2010. La Commission Européenne, l’ACER, ENTSO-E et les régulateurs concernés participent aux travaux, qui concernent à la fois la conception, la régulation et les procédures d’autorisation d’un réseau maritime.

L’électricité produite en mers du Nord sera transportée par des câbles à courant continu haute tension, permettant d’échanger et de vendre l’électricité dans tous les pays participants. Le réseau s’étendra sur des milliers de kilomètres carrés et pourra être utilisé à la fois pour le transport d’électricité produite à partir de sources renouvelables vers les centres de consommation et l’interconnexion des pays riverains. Cela permettra d’acheminer l’énergie produite vers les marchés les plus intéressants et de rendre le système moins dépendant des conditions climatiques : les centrales hydroélectriques de Norvège pourront agir comme de gigantesques batteries stockant l’électricité produite et la relâchant au moment des pointes de consommation ou quand la force du vent est faible ; et les pics de production pourront être absorbées par un marché plus large.

Le réseau offshore en mers du Nord a été proposé par la Commission européenne dans la Second Strategic Energy Review, publiée en novembre 2008. L’initiative a été identifiée comme une des six actions prioritaires en matière d’infrastructures énergétiques de l’Union européenne. Selon la Commission européenne, le réseau éolien offshore en mer du Nord devrait devenir un des blocs du futur Supergrid européen.

Le Supergrid reliera les pays du nord de l’Union européenne aux pays européens du sud et fournira ainsi une solide interconnexion entre les différents réseaux nationaux des pays participants, contribuant à l’intégration du marché européen. Ce projet pourrait nécessiter des investissements considérables variant entre 900 milliards et 1 billion d’euros.

Le Supergrid est un moyen de participer à la réalisation de trois objectifs majeurs, à savoir la sécurité d’approvisionnement en électricité de l’Union européenne (conformément au scénario de base de la Commission européenne, la dépendance des 27 pays de l’UE aux importations d’énergie passera à 64 % d’ici 2030), un meilleur approvisionnement en énergies de sources renouvelables pour répondre aux objectifs du 3e paquet « climat-énergie » et la participation de l’UE au commerce international d’électricité (moins de 10 % de l’énergie européenne est actuellement exportée en dehors des frontières).

Bien que la mise en place d’un véritable réseau maritime en mers du nord soit un projet de long terme (horizon 2030), il est important de préparer sa mise en place dès aujourd’hui. Le réseau et l’organisation des flux doivent prendre en compte les infrastructures et les mécanismes de marché déjà en place :

  • plus de 7000 MW de capacité d’interconnexion en courant continu déjà présent en mers du nord ;
  • 3500 MW de production d’électricité en mer, un décuplement est prévu à horizon 2020 (selon les plans d’action nationaux d’énergie renouvelable) ;
  • un couplage de marché couvrant la majorité des pays oriente les flux d’électricité, d’origine renouvelable ou non, vers les centres de consommation qui en ont le plus besoin, ce qui permet notamment d’évacuer automatiquement l’énergie éolienne danoise et allemande vers les pays voisins en cas de pic de production.
Le projet permettra la création de nouveaux emplois dans l’exploitation et l’entretien à long terme des parcs éoliens, la conception et la fabrication de turbines offshore et la construction de navires.

Pour en savoir plus :

Quatre scénarios pour un réseau offshore en mer du Nord et en mer Baltique
Déclaration d’intention de l’initiative des pays des mers du Nord pour un réseau éolien offshore

Medgrid, le projet de Super grid méditerranéen

Le Plan Solaire Méditerranéen (PSM) vise à développer, d’ici à 2020, 20 GW d’énergie renouvelable dans les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, dont 5 GW seraient exportés vers l’UE, au moyen d’interconnexions transméditerranéennes à créer. MEDGRID est une initiative industrielle lancée sous l’impulsion d’EDF dans le contexte du PSM et son objet est l’étude de la faisabilité technique, économique et industrielle de ces interconnexions.

La philosophie centrale de ce projet est celle du co-développement : les échanges Sud-Nord contribueront à financer les investissements de production renouvelable du Sud, d’une part, la création des infrastructures développera l’économie locale et l’emploi et contribuera au transfert de savoir-faire, tant en matière d’études que de réalisations, d’autre part.

MEDGRID est organisé sous forme d’une Société (MEDGRID SAS), financée à parts égales par chacune des entreprises associées, 21 aujourd’hui : 17 de l’UE et 4 des pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée : Abengoa Solar, Agence Française de Développement (AFD), Alstom, Areva, Atos Origin, CDC Infrastructure, EDF, NEMO, Nexans, NUR Energie, ONE, PANMED, Prysmian, RED Electrica de España, RTE, Siemens, Soitec, Suez-Inéo, Taqa Arabia, TERNA, Walid Elias. D’autres devraient les rejoindre prochainement.

Le projet aura à faire face à un certain nombre de défis d’importance.

  • Les problèmes techniques : il faudra renforcer les réseaux de transport des pays du Maghreb et du Machrek et en particulier les capacités d’échange entre des réseaux aujourd’hui exploités en 3 blocs séparés. La technique des câbles sous-marins et du courant continu est bien maîtrisée, mais ne permet pas aujourd’hui des poses à des profondeurs au-delà de 1500-2000 m, quand la Méditerranée atteint à certains endroits des profondeurs bien plus grandes.
  • Le financement : L’engagement financier est évalué à plus de 45 milliards d’euros d’investissement, dont 6 milliards d’euros au titre des réseaux. Un montant élevé, mais qui doit être mis en regard des prévisions de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) d’un besoin mondial d’investissement en nouveaux moyens de production d’électricité de l’ordre de 30 000 milliards d’euros dans les trente prochaines années.
  • La réglementation : Pour pouvoir échanger de l’électricité, il faut adapter la réglementation des industries électriques des pays du pourtour méditerranéen, qui ne permet pas en l’état d’organiser ces échanges. En particulier la définition des conditions d’achat de l’électricité renouvelable du sud dans l’UE est un élément central du dossier.

MEDGRID se donne comme objectif d’apporter, d’ici à 2013, des réponses à ces questions: schéma directeur 2020-2025 du réseau méditerranéen, suggestions d'évolution des règlementations, outils d'analyse économique, schémas possibles de financement des infrastructures de transport, technologies de transport d'électricité adaptées au contexte.

Un programme ambitieux, qui se réalisera, bien entendu, en coopération avec les diverses instances nationales et internationales travaillant sur ces questions.

Pour en savoir plus :

www.medgrid-psm.com

Medgrid – Ouvrir de nouvelles voies à l’électricité durable

 

Projet Twenties : intégrer l’énergie éolienne dans le réseau électrique


Afin d’atteindre en 2020 les objectifs fixés par l’Union européenne en matière d’efficacité énergétique, d’énergies de sources renouvelables et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Commission européenne a lancé en 2009 un appel à projets dans le cadre du 7ème Programme-cadre de recherche européen. Cet appel visait à structurer des initiatives et programmes de travail favorisant l’accueil d’énergies renouvelables à grande échelle en Europe.

Pour répondre à cet appel, un consortium piloté par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité espagnol REE (Red Eléctrica de España) s’est constitué de 26 partenaires, dont des gestionnaires des réseaux de transport européens comme RTE, CORESO (centre de coordination technique pour les gestionnaires de réseaux de transport européens), des constructeurs, des producteurs, des centres de recherche, des universités, etc. Afin de relever au plus vite et de manière efficace les défis technologiques des réseaux électriques du futur, le consortium a engagé le projet TWENTIES (Transmission system operation with large penetration of Wind and other renewable Electricity sources in Networks by means of innovative Tools and Integrated Energy Solutions).

Débuté le 1er avril 2010 et d’une durée de 3 ans, ce projet permettra d’investir 60 millions d’euros financés à 50 % par l’Union européenne dans la recherche de solutions innovantes en matière d’insertion d’éolien dans le système électrique européen.

Il est structuré sur trois axes :

  1. définir la contribution des productions intermittentes et de la charge aux services systèmes ;
  2. faciliter le développement de l’éolien en mer ;
  3. rendre le réseau de transport plus flexible.

RTE est leader des travaux sur la faisabilité technique des réseaux à courant continu haute tension. Ce nouveau type de réseaux, si la viabilité en était démontrée, aurait notamment un impact important sur le développement des parcs éoliens en mer. RTE participe également, sous le pilotage du gestionnaire de réseau de transport belge ELIA et avec la participation de CORESO, à la définition de nouveaux outils d’exploitation du réseau européen pour le rendre plus flexible et ainsi optimiser l’évacuation de l’énergie éolienne en toute sécurité.

Ce projet est ambitieux. Il initie une augmentation de l’effort de recherche et développement d’ENTSO-E dans l’initiative Réseau (EEGI) du Plan SET de la Commission européenne.

Pour en savoir plus :

Site de la Commission européenne sur le projet Twenties
Rapport final du projet

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