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Interview de Michel Thiollière (CRE) :

La ville, territoire d’invention d’une nouvelle mobilité

Le véhicule électrique semble promis à un brillant avenir. Même si l’autonomie des véhicules, de l’ordre de 150 kilomètres, a fortement progressé du fait des progrès technologiques de la batterie, elle demeure encore limitée. Le véhicule électrique va donc naturellement trouver des débouchés auprès d’utilisateurs qui réalisent des trajets courts, dans un périmètre restreint équipé d’une borne de recharge. Star du mondial de l’automobile en 2010, le véhicule électrique trouvera son public essentiellement auprès d’entreprises qui souhaitent remplacer ou constituer une flotte de véhicules à usage professionnel.

La ville est, tout au moins dans un premier temps, la terre d’élection pour ce véhicule et ce nouveau type de mobilité.

Ce nouveau mode de déplacement ne semble pas uniquement devoir remplacer les véhicules thermiques, mais constitue l’objet technique à partir duquel une nouvelle mobilité, en rupture avec le modèle de la voiture particulière thermique, pourrait émerger. Dans un contexte de congestion croissante des villes qui engendre des difficultés à circuler et à stationner et compte-tenu de l’augmentation de la pollution, se développent les concepts de multimodalité et d’autopartage. Les villes pourront définir autour d’elles des « périmètres verts » où les véhicules électriques pourraient être prioritaires.

La multimodalité consiste à proposer, à côté des transports en commun, un nouveau mode de déplacement fondé sur l’utilisation de véhicules en libre-service. L’autopartage, qui consiste à emprunter une voiture pour une courte durée après réservation par Internet ou serveur vocal, se développe dans toute la France. L’un des projets d’autopartage les plus emblématiques est Autolib. Le projet Autolib prévoit de mettre à disposition 3 000 véhicules électriques dans 1 000 stations dont 700 à Paris à partir de l’automne 2011. Ce mode de transport, qui évite les contraintes et les coûts liés à la détention en propre d’un véhicule, a d’autant plus d’avenir que les véhicules électriques sont, pour le moment, peu plébiscités par les particuliers, compte-tenu de l’autonomie limitée, du faible nombre de bornes de recharge disponibles et du coût important d’achat du véhicule. Ce mode de transport, à partir d’un véhicule non privatif faisant partie d’un parc détenu et géré par une collectivité publique, mais dont l’usage est individuel, est tout à fait innovant et témoigne du fait que le véhicule électrique est un nouveau moyen de transport qui tient à la fois du domaine public et du domaine privé.

La voiture électrique, qui devient un élément du mobilier urbain, constitue un défi en termes d’aménagement du territoire. En effet, le développement des véhicules électriques dans les villes nécessite la construction d’infrastructures de recharge. Les véhicules et les bornes de recharge vont constituer un nouveau réseau qu’il faut parvenir à intégrer dans la ville où se superposent et s’entrecroisent déjà un certain nombre de réseaux (routier, ferré, etc.). Pour concevoir ce réseau, il va falloir anticiper les usages afin d’installer les bornes de recharge aux endroits adéquats et renforcer les réseaux en conséquence, afin de créer des places de parking qui permettent la recharge des véhicules, pour mettre en place des systèmes incitant au développement de l’usage de ces véhicules (exemple : parking gratuit, etc.).

Les collectivités territoriales ont un rôle important à jouer pour accompagner le développement de cette nouvelle mobilité décarbonée induite par le déploiement du véhicule électrique. Bénéficiant du soutien de l’Union européenne, les villes du futur, celles qui s’engagent sur la voie des « Smart cities », auront à cœur de développer les véhicules électriques.


Michel Thiollière


Michel Thiollière est Commissaire à la Commission de régulation de l’énergie.
Né en 1955, Michel THIOLLIERE est titulaire d’une licence ès lettres et d’une maîtrise d’études américaines. Professeur d’anglais certifié, il est élu adjoint au maire de Saint-Etienne en 1983, puis maire de 1994 à 2008. Il préside la communauté d’agglomération « Saint-Etienne métropole » de 1996 à 2008.

Conseiller général de la Loire de 1985 à 1998 et conseiller régional de Rhône-Alpes de 1998 à 2001, il est élu sénateur de la Loire en 2001.

Vice-président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat en 2004, auteur de la loi sur la coopération décentralisée (2007), rapporteur des lois Droit d’auteur en 2006, Création et Internet en 2008-2009, et de la réforme de l’audiovisuel public (2009), il est nommé membre du collège de la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet et administrateur de France Télévisions.

En mars 2010, il est nommé par le président du Sénat au collège de la Commission de régulation de l’énergie. Depuis février 2011, il est vice-président du Conseil des régulateurs européens de l’énergie (CEER).


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