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Point de vue de Gilles Jehan (EDF) :

Dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique, les incitations financières généralisées pour l’acquisition des véhicules, le fort soutien des pouvoirs publics et l’implication des acteurs des marchés de l’énergie et de l’automobile montrent que la dynamique mondiale de la mobilité électrique semble irréversible.

En France, la démarche française a débuté en octobre 2008 avec le discours du Président Nicolas Sarkozy sur la mise en place d’un plan destiné à la recherche et au développement des « véhicules propres ». En février 2009, le plan « véhicules décarbonés » a été annoncé et a été suivi, en octobre 2009, du lancement du Plan national de développement des véhicules électriques et hybrides rechargeables. L’année 2010 consacre le véhicule électrique avec l’élaboration des points d’étape du Plan national en avril, le mondial de l’automobile en octobre et la sortie d’un livre vert rédigé par le Sénateur Louis Nègre sur le déploiement des bornes de recharge accessibles au public.

À horizon 2015, le flux annuel de véhicules électriques sera compris entre 50 000 et 80 000 unités, principalement dans des flottes professionnelles car leurs trajets sont les plus prédictibles. En 2020, EDF prévoit un parc de véhicules électriques et hybrides rechargeables compris entre 1 et 1,5 millions d’unités, ce qui correspond à 3 % du parc de véhicules particuliers, tandis que le gouvernement table plutôt sur 2 millions de véhicules. EDF estime que le pourcentage de véhicules électriques est difficile à prévoir, contrairement à ce qu’annoncent les constructeurs.

Deux critères sont essentiels pour assurer le bon déploiement de l’infrastructure de recharge. Il est, d’une part, essentiel de définir une normalisation assurant une interopérabilité des équipements à l’échelle européenne. L’infrastructure de recharge doit, d’autre part, être sûre et simple d’utilisation, avec une localisation cohérente et à un coût acceptable par tous. EDF estime que 1,3 bornes suffiront à un véhicule électrique, quand le Plan national en prévoit 2,2.


Source : EDF

La charge est constituée de plusieurs paliers de puissance. La charge normale doit se faire à un niveau peu élevé, 3 kVA. La charge rapide, supérieure à 35 kVA, sera principalement utilisée à des fins de « réassurance » du conducteur. EDF considère que l’échange de batteries (Quick drop) n’est pas une solution viable. EDF prévoit que 90 % de l’énergie sera délivrée dans les lieux privés que sont le domicile et le lieu de travail. En voierie, il n’existe encore que très peu de points de recharge : à titre d’exemple et à ce jour, il n’y en a que 40 à Paris.


Source : EDF

L’exploitation des infrastructures de charge « partagées » pose des problèmes quant à l’élaboration des modèles d’affaires. La répartition entre les parties privée et publiques est une question essentielle et implique de réfléchir aux nécessaires renforcements du réseau.
En ce qui concerne les infrastructures privées mais ouvertes au public, il est possible d’imaginer deux modèles : le premier est de type station-service avec vente d’un service de charge, avec un ou plusieurs points de recharge alimentés par un fournisseur d’énergie contractant avec le fournisseur du service. Le second modèle demandera la coopération d’un opérateur de mobilité, tel que Better Place. Pour la recharge sur la voie publique, deux modèles sont là aussi envisageables : le premier permet le choix d’un fournisseur d’électricité à la borne, le second correspond à la vente de service de charge, le prestataire de service contractant avec un fournisseur d’électricité.
Tous ces modèles permettent la concurrence entre fournisseurs d’électricité.

Pour s’adapter au mieux au comportement des utilisateurs, des expérimentations sont nécessaires pour vérifier la concordance entre les prévisions et la réalité sur le terrain. EDF est associé à BMW dans l’expérimentation Mini-E à Paris. La principale contrainte attendue de la part des usagers étaient l’autonomie. Néanmoins, dans une expérimentation récemment menée par BMW à Berlin, les résultats ont montré que chaque voiture n’a parcouru en moyenne que 37 kilomètres par jour et que 90 % des conducteurs ont estimé que l’autonomie était suffisante et  qu’elle n’a pas limité l’utilisation de la voiture.
Outre BMW, EDF est aussi associé à Renault dans les expérimentations SAVE (Nord-Yvelines) et VERT (La Réunion) et à Toyota dans le projet Kleber (Strasbourg).

EDF estime que l’infrastructure de recharge aura un coût raisonnable si, dans 90 % des cas, les charges lentes sont préférées. Le déploiement de l’infrastructure de charge des véhicules électriques s’inscrit dans une dynamique mondiale avec, comme point essentiel, la normalisation de la charge. Les énergéticiens sont indispensables pour assurer ce bon déploiement car deux millions de véhicules électriques représentent une consommation de 5 TWh



Gilles Jehan
12 octobre 2010

Pour en savoir plus :

Présentation diffusée lors du forum de la CRE : Problématique de la recharge des véhicules rechargeables (VE-VHR)

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