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Introduction

Le 1er juillet 2013, l’arrêté rendant obligatoire l’extinction des vitrines, des bureaux et des façades de bâtiments la nuit est entrée en vigueur. Cette mesure fait partie des décisions prises à la suite du Grenelle de l’environnement, qui a inséré dans la loi la notion de pollution lumineuse. Ainsi, l’article 173 de la loi dite « Grenelle 2 » du 12 juillet 2010 introduit dans le droit de l’environnement la prévention des nuisances lumineuses et un objectif d’économies d’énergie visant à réduire les émissions inutiles de lumière artificielle, sans nuire à la sécurité publique ou à la sûreté d’installations et d’ouvrages sensibles.

L’éclairage public participe à la fois à la sécurité publique, en jouant un rôle important dans la perception nocturne des espaces publics (identification des différents usagers, perception de leur comportement, détection des obstacles éventuels de la voirie), à la convivialité et à l’embellissement des espaces publics en mettant en valeur le patrimoine et en créant des ambiances nocturnes agréables. Il est aujourd’hui au cœur des préoccupations dans la construction de la ville de demain et, ce, pour plusieurs raisons.

L’éclairage public : un gouffre énergétique

La première raison est économique. En France, 9 millions de lampes fonctionnent entre 3 500 et 4 300 heures par an pour une puissance installée d’environ 1 260 MW. L’éclairage public des villes représente près de la moitié de la consommation d’électricité des collectivités territoriales, soit 18 % de leur consommation toutes énergies confondues. Le poids de l’éclairage public dans la facture des collectivités est donc très important.

Il est donc nécessaire pour les collectivités territoriales d’investir dans des technologies intelligentes capables de faire baisser leur consommation d’électricité. Cela est d’autant plus vrai que, lors du Grenelle de l’environnement, une analyse de l’état des lieux des installations d’éclairage a fait apparaître d’importants besoins de rénovation. Plus de la moitié du parc est composée de matériels obsolètes (40 % des luminaires en service ont plus de 25 ans) et énergivores : boules diffusantes, lampes à vapeur de mercure (environ 1/3 du parc), etc.

À l’échelon européen, ces investissements dans des technologies d’éclairage public intelligent pourraient représenter des économies d’énergie annuelles de l’ordre de 38 TWh, soit une réduction 63,7 % de la consommation d’énergie par l’éclairage public (source : projet E-Street).

De nouveaux enjeux environnementaux et culturels en ville

Depuis les premières lanternes à huile déposées en 1558 devant quelques portes et fenêtres parisiennes jusqu’aux systèmes d’éclairage les plus récents à diodes électroluminescentes, les critères de performance et de sécurité sont au cœur des exigences des acteurs de l’éclairage extérieur (villes, fabricants, maîtres d’ouvrage, etc.).

Cependant, aujourd’hui, de nouveaux enjeux préoccupent les acteurs de la ville de demain. L’éclairage public, comme le mobilier urbain, doivent répondre à des critères socio-culturels et à des critères environnementaux :

  • critères sociaux et culturels : la sécurité des personnes et des biens reste la première priorité, qu’elle soit immédiate (sécurité des déplacements dans les espaces publics), ou de long terme (limitation des rejets de CO2 et des effets du changement climatique). Elle s’accompagne de la recherche d’une qualité de vie, d’un confort et d’une convivialité que les ambiances lumineuses judicieusement réparties dans l’espace et le temps et un mobilier urbain utile, opportun et bien inséré dans la ville peuvent procurer. Par un aménagement intelligent des zones urbaines, il s’agit de faire réapparaître dans les villes une vie sociale en dehors du domicile et de faire renaître un lieu d’échanges, de rencontres et de loisirs. Les espaces urbains sont la vitrine de la ville, le reflet de son dynamisme et de son identité ;
  • critères environnementaux : il existe un vrai enjeu politico-économique dans l’aménagement des zones collectives. C’est pourquoi petit à petit, certaines municipalités innovantes privilégient les aménagements naturels et économes en entretien. Des consommations contrôlées, des nuisances lumineuses limitées, un éclairage adapté aux seules exigences visuelles, etc., sont autant de critères à prendre en compte pour des installations respectueuses de l’environnement.

L’introduction de l’intelligence pour concilier ces différentes contraintes

Poussées par les contraintes réglementaires et budgétaires, mais également afin de concilier les enjeux sociaux, environnementaux et d’attractivité, les villes cherchent des solutions innovantes pour mieux gérer leur éclairage public et développer un mobilier urbain adapté aux attentes des citoyens.

Elles ont conscience de la valeur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) pour développer de manière efficace et durable des services pour les citoyens, visiteurs et entreprises dans tous les domaines et métiers du territoire. À l’instar des réseaux d’énergie, elles choisissent aujourd’hui de déployer les technologies de l’information et de la communication au mobilier urbain et à l’éclairage public pour les rendre intelligents.

En outre, le déploiement de ces technologies sur le réseau d’éclairage public et de mobilier urbain, permettra de renforcer l’efficacité des réseaux électriques pour l’ensemble du territoire (meilleure qualité de l’alimentation, plus grande maîtrise de la demande en énergie, etc.).

La résolution de cette nouvelle équation à laquelle les villes d’aujourd’hui sont confrontées passera par le développement de l’intelligence du mobilier urbain et de l’éclairage public. Les acteurs de la ville désignent cela par le terme de « nouvelles fonctionnalités urbaines ». Il s’agit des nouvelles possibilités de produits et de services offertes en ville grâce à l’ajout d’intelligence.

Ainsi réduire les coûts, préserver l’environnement et accroître l’attractivité de la ville ne sont pas des objectifs incompatibles. Au contraire, la recherche d’une réponse optimale implique de mener une réflexion sur les besoins véritables en termes d’éclairage public et de mobilier urbain : l’éclairage est-il vraiment nécessaire ou un simple balisage peut-il suffire ? Quand éclairer ? De manière continue dès la tombée du jour ou seulement à certaines périodes de la nuit et/ou de l’année ? Où déployer le mobilier urbain ? Quel mobilier choisir ? Etc. mais, également, de raisonner en termes de coût global et, au-delà de l’investissement initial, de tenir compte notamment de la durée de vie du matériel, de sa performance, des coûts d’exploitation, de maintenance et de recyclage.

Des technologies efficaces qui permettent de répondre à ces questions sont aujourd’hui disponibles. La suite de ce dossier apportera les développements nécessaires pour comprendre l’utilité et l’impact du déploiement du mobilier urbain et de l’éclairage public intelligents.

Définitions

Avec le développement de l’éclairage public et du mobilier urbain intelligents, la technologie se met au service des citoyens pour améliorer leur quotidien, mais également au service de la collectivité pour réaliser des économies d’énergie et réduire les coûts liés au déploiement et à l’entretien des installations. Certains parlent de « domotique urbaine » pour désigner ces nouveaux services urbains de proximité́.

L’éclairage public : une évolution rapide et récente

L’éclairage public est l’ensemble des moyens d’éclairage mis en œuvre dans les espaces publics, à l’intérieur et à l’extérieur des villes, très généralement en bordures des voiries et des places, nécessaires à la sécurité ou à l’agrément du citoyen.

Le premier éclairage systématique des rues remonte au XVIIe siècle et répond d’abord à un besoin sécuritaire. Avec l’avènement de la technologie au gaz au XIXe siècle, l’éclairage se répand dans les villes et devient une composante inhérente à l’espace public. Depuis lors, les techniques ont fortement évolué, le réseau d’éclairage s’est largement étendu et ses rôles sont devenus multiples.

L’éclairage public doit avant tout permettre aux usagers de la voie publique de circuler de nuit avec une sécurité et un confort aussi élevé que possible. Pour l’automobiliste, il s’agit de rendre aisé la perception et la localisation des contours de la route et des obstacles éventuels. Pour le piéton, il s’agit d’assurer la visibilité distincte des bordures de trottoirs, des véhicules et des obstacles.

L’effet de l’éclairage public sur la sécurité des personnes sur la voie publique a fait l’objet de nombreuses recherches :

  • l’éclairage public permet de réduire de 30 à 40 % le nombre d’accidents de la circulation ;
  • l’éclairage public permet de réduire de 50 % les effractions, vols et actes de vandalisme.

L’éclairage public sert également à l’embellissement des espaces publics par la mise en valeur du patrimoine, des monuments architecturaux et historiques.

Dans un premier temps, accroître l’intelligence de l’éclairage public consistera à moduler l’éclairage de chacun des points lumineux en fonction des conditions climatiques, de l’heure, du quartier, de la présence de personnes ou de véhicules, de la maintenance, etc. Cette possibilité de modulation non seulement prolonge la durée de vie des lampes, mais économise aussi de l’énergie. L’efficacité d’une lampe décroit vers la fin de sa vie et le fait de la remplacer à temps la rend plus économique et permet en outre de prolonger la vie de celles qui sont sur le même réseau d’éclairage.

Dans un deuxième temps, le développement des technologies de l’information et de la communication sur le réseau d’éclairage public permettra d’informer en temps réel de la consommation exacte de chaque lampe et d’indiquer à quel moment elle doit être remplacée.

Dans un troisième temps, les luminaires étant raccordés en réseau, il sera possible à terme d’utiliser ce réseau d’éclairage public pour d’autres services : les lampadaires pourront abriter des capteurs pour suivre et gérer la circulation, le stationnement, la gestion des déchets, l’arrosage des parcs, la pollution de l’air, les niveaux de particules fines, l’ozone, la pollution sonore, et les flux de circulation des véhicules et des piétons.

Pour en savoir plus :

L’éclairage urbain, un gisement important d’économies d’énergie, Actilum

Le mobilier urbain devient communicant

La notion de mobilier urbain a été inventée par Jean-Claude Decaux lors de la création de l’abribus en 1964. Le mobilier urbain désigne les équipements destinés aux collectivités territoriales implantés sur la voie publique à des fins de signalisation ou à des fins de commodités pour les usagers de la voirie : feux tricolores, panneaux de signalisation, abribus, sanisette, horloges, fontaines Wallace, colonnes Morris, etc. Il comprend également les installations d’éclairage public.

Rendre le mobilier urbain intelligent consiste à le doter de nouvelles fonctions (fournir des informations, permettre de recharger son téléphone portable, etc. sans pour autant qu’il prenne plus de place et qu’il empiète davantage sur les espaces publics. Les concepteurs de mobilier urbain développent des modules plurifonctionnels pour valoriser les espaces publics en répondant à des besoins de plus en plus diversifiés.

Intégrant les nouvelles technologies de l’information et de la communication, le mobilier urbain intelligent était à l’origine appelé « mobilier urbain communicant ».

Ce mobilier urbain est également considéré comme intelligent, car il est fabriqué dans un souci de respect de l’environnement et du développement durable (par exemple, autonome en énergie avec l’utilisation de panneaux solaires).

Pour en savoir plus :

UNIFA, Synthèse de l’enquête sur le mobilier urbain auprès des collectivités territoriales, TMO Région, juin 2012

Cadre juridique de l’éclairage public

Le cadre général de l’éclairage public

L’éclairage public consiste, d’une part, dans l’éclairage des voies et des lieux publics pour des raisons de sécurité, d’autre part, dans l’illumination de lieux, de monuments, de bâtiments ou de tout autre élément public ou privé du patrimoine culturel. Ces illuminations peuvent être permanentes, saisonnières ou encore liées à des manifestations particulières.

Les réseaux d’éclairage public sont constitués des luminaires et de leurs supports (candélabres, consoles) et de circuits d’alimentation (conducteurs aériens, câbles souterrains, accessoires) qui peuvent être soit indépendants du réseau de distribution publique d’électricité, soit faire partie de ce réseau.

L’article 2 du modèle 2007 de cahier des charges de concession pour le service public du développement et de l’exploitation du réseau de distribution de l’électricité et de la fourniture d’énergie électrique aux tarifs réglementés précise quels ouvrages appartiennent au réseau public de distribution :

  • pour les ouvrages concédés :
    • circuits aériens d’éclairage public situés sur les supports du réseau concédé,
    • circuits souterrains inclus dans les câbles dudit réseau,
    • branchements qui en sont issus.

Leur maintenance et leur renouvellement sont à la charge du concessionnaire, tandis que leur établissement et leur renforcement sont à la charge de la collectivité.

  • pour les ouvrages non concédés :
    • appareils d’éclairage public, lignes spéciales et supports d’éclairage public indépendants du réseau de distribution publique ;
    • lorsque la collectivité a demandé l’établissement, sur les supports du réseau concédé, de conducteurs d’éclairage public distincts des conducteurs du réseau de distribution.

L’article 5 de ce même modèle de cahier des charges précise en outre que toute prestation de services, travaux ou fournitures ne faisant pas directement l’objet de la concession (c’est-à-dire entretien et exploitation de l’installation d’éclairage public) consentie par le concessionnaire à l’autorité concédante (ou inversement) donnera lieu à une convention particulière avec l’autre partie. Lorsque la prestation est fournie par le concessionnaire à l’autorité concédante, la convention à intervenir doit être établie dans les conditions fixées par le code des marchés publics.

Les compétences

L’article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales (CGCT) prévoit que l’éclairage des voies et lieux publics est une compétence communale et relève d’un impératif de sécurité publique : « La police municipale a pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté et la salubrité publiques. Elle comprend notamment tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité su passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend […] l’éclairage […] ».

La maîtrise d’ouvrage et la maintenance sont dissociées en cas de transfert de la compétence en matière d’éclairage public. L’article L. 1321-9 du CGCT prévoit une dérogation au principe selon lequel la collectivité bénéficiaire d’une mise à disposition de biens consécutive à un transfert de compétences « assume l’ensemble des obligations du propriétaire » (article L. 1321-2 du CGCT).

Ainsi, « lorsqu’un établissement public de coopération intercommunale ou un syndicat mixte est compétent en matière d’éclairage public, les communes membres peuvent conserver la partie de la compétence relative aux travaux de maintenance sur le réseau d’éclairage public mis à disposition et dont elles sont propriétaires ».

En outre, lorsque la compétence « création ou aménagement et entretien de la voirie » est transférée, les communes peuvent toujours, si elles le souhaitent, procéder à des mesures d’embellissement ou d’ornementation liées à une voirie qui les traverse, dans la mesure où ces accessoires ne sont pas nécessaires pour la voie publique ou pour la sécurité des usagers. C’est le cas des éclairages publics à finalité esthétique.

Les solutions technologiques disponibles en matière d’éclairage public et de mobilier urbain intelligents

Les catégories de mobilier urbain

Les équipements de mobilier urbain sont nombreux. Il est possible de les classer selon leur utilité :

  • mobilier d’accueil et de repos (banc public, banquette, siège, table) ;
  • mobilier contribuant à la propreté de la ville (poubelles, corbeilles, sanitaires publics) ;
  • équipements d’éclairage public (réverbères, candélabres) ;
  • matériels d’information, de communication et de signalétique (kiosques à journaux, mâts et colonnes porte-affiches, colonnes Morris, plaques de rues, affichage d’informations municipales ou culturelles, tables d’orientation, mobilier de signalisation par panneaux de police, mobilier de signalisation lumineuse, panneaux d’information publicitaire et non publicitaire) ;
  • mobilier de protection et de dissuasion (bornes, abris destinés aux usagers des transports en commun, grilles, tuteurs et corsets d’arbres) ;
  • mobilier à fonction récréative (jeux pour enfants, etc.) ;
  • d’objets utiles à la circulation des véhicules ou à la limitation de celle-ci (potelets, barrières, bornes, horodateurs, range-vélos) ;
  • et autres armoires électriques, mobilier d’incendie, etc.

Parmi ces équipements, une partie seulement est raccordée au réseau public de distribution d’électricité :

  • éclairage public (réverbères, candélabres) ;
  • bornes de recharge des véhicules électriques ;
  • stations de recharge pour vélos à assistance électrique en libre-service ;
  • feux tricolores, signalisation routière, plot lumineux ;
  • barrières automatiques ;
  • panneaux publicitaires et panneaux d’affichage (plans de quartier, de ville, informations diverses, etc.) ;
  • abri-voyageurs ;
  • kiosques à journaux ;
  • colonnes Morris ;
  • abribus (affichage temps d’attente) ;
  • horodateurs ;
  • fontaines et sanitaires publics ;
  • bornes d’alimentation pour forains ;
  • illuminations de Noël ;
  • cabines téléphoniques ;
  • caméras de surveillance et détecteurs de présence ;
  • radars fixes ;
  • poubelles publiques intelligentes.

Ces équipements ne font pas tous l’objet d’un ajout d’intelligence. Les équipements privilégiés sont principalement ceux pour l’éclairage public, l’information des usagers et la bonne circulation des véhicules. Ils sont dotés de différentes technologies de l’information et de la communication.

Pour en savoir plus :

UNIFA, Synthèse de l’enquête sur le mobilier urbain auprès des collectivités territoriales, TMO Région, juin 2012

Les nouvelles technologies mises en œuvre

Pour l’éclairage public

Plusieurs technologies sont actuellement développées afin de rendre l’éclairage public intelligent :

  • le « dimming » : cette technologie consiste à abaisser le flux lumineux des lampes en réduisant la tension d’alimentation aux heures de faible fréquentation pour réaliser des économies d’énergie. Le système permet de diminuer le niveau d’éclairage de façon progressive afin de le rendre presque imperceptible par l’usager ;
  • la télégestion : système de gestion globale de l’éclairage public à partir d’un centre de contrôle duquel des informations sont transférées à chaque point lumineux de manière à commander leur allumage, extinction ou « dimming » de manière individuelle ou groupée ;
  • la télémaintenance : généralement complémentaire de la télégestion, permet de transférer les informations de chaque point lumineux vers le centre de contrôle, en particulier pour en connaître les dysfonctionnements, planifier et contrôler le remplacement sur le fondement de leur nombre d’heures de fonctionnement réel ;
  • les capteurs de mouvement : les lampadaires sont équipés de détecteurs de mouvement, ce qui leur permet de s’allumer uniquement lorsqu’il y a du passage et donc de faire des économies d’énergie ;
  • les lampadaires autoalimentés : ces lampadaires sont alimentés par des sources d’énergie renouvelable (éolienne ou panneau photovoltaïque avec stockage) et peuvent équiper des lieux nécessitant d’être éclairés mais ne disposant pas d’un réseau d’éclairage public.

Pour les autres équipements de mobilier urbain

Le Near Field Communication - NFC

La technologie sans contact (Near Field Communication - NFC) se développe sur les mobiliers urbains. Cette technologie repose sur un mode de communication sans fil qui permet d’échanger des données entre deux périphériques avec une portée d’environ 10 centimètres. Elle rend possible grâce à un Smart phone de disposer d’un bouquet de services très large. La Poste teste cette technologie sur ses boîtes aux lettres : toute personne équipée d’un Smart phone compatible NFC pourra accéder à des informations pratiques telles que les heures de levée du courrier, la localisation des autres boîtes à proximité, la recherche d’un code postal, etc.


Illustration : Céline Gontier. Source : forum-smsc.org

Dans le cadre des Investissements d’avenir, un appel à projet a été lancé sur le thème « Villes intelligentes / NFC ». Doté de 20 millions d’euros, cet appel à projet finance des projets de services sans contact innovants portés par des agglomérations de plus de 200 000 habitants. Les projets de Besançon, Bordeaux, Caen (avec Manche Numérique), Dijon, Grenoble, Lille, Marseille, Mulhouse, Nice, Reims, Rennes, Strasbourg, Toulon, Toulouse et Paris - Île de France ont été sélectionnés et comportent presque tous un volet « transports publics » (achat et validation des titres de transport). Ils portent aussi sur le tourisme, le patrimoine et la culture, ainsi que sur les services de vie quotidienne et d’information (accès à des bâtiments, renseignements publics, etc.) ou encore l’achat chez les commerçants.

Pour en savoir plus :

Lancement de l’appel à projets « Déploiement de services mobiles sans contact NFC »

L’open data

L’« open data » se développe également. Cela consiste pour les collectivités territoriales à publier leurs données sous forme numérique et de manière structurée selon une méthodologie qui garantit leur libre accès et leur réutilisation par tous, sans restriction technique, juridique ou financière. Les villes de Bordeaux, Strasbourg ou La Rochelle par exemple ont mis en ligne des données sur l’emplacement des corbeilles, des sanisettes ou des vélos en libre-service sur le domaine public.

Panorama des solutions de mobilier urbain intelligent

Le mobilier urbain intelligent destiné à l’information et au confort des usagers

Des plaques de rues dotées d’un écran

Dotées d’écrans LCD et équipées d’un système GPRS qui peut se piloter par Wi-Fi et qui fait défiler des caractères jaunes et épais, ces nouvelles plaques de rue permettent d’informer en temps réel les utilisateurs d’une rue, d’une place du dernier passage du camion poubelle, des activités aux alentours, etc.

Une notice historique numérique

La « Pelle interactive » de Tracetel est dotée d’un écran tactile permettant l’identification des usagers. Elle délivre une information culturelle, muséographique et pratique (itinéraires, horaires, tarifs, commerces).

Un panneau à réalité augmentée

Actuellement en test dans le 3e arrondissement de Paris, ce panneau interactif translucide appelé « nAutreville » centralise les informations de quartier (mairie, école, plan des rues, services, histoire de Paris, etc.). En le faisant tourner sur 360°, les citadins découvrent la ville sous forme de réalité augmentée.

Un banc public intelligent

Ce banc public possède un panneau solaire qui le rend autonome en énergie.
Il propose cette énergie solaire en libre-service en offrant une prise électrique à disposition des citoyens pour recharger les appareils électriques (téléphone, ordinateur, appareils photo, etc.).

Le banc public intègre également un système d’éclairage par un bandeau de diodes électroluminescentes (DEL). L’intensité et la durée d’éclairage sont paramétrables.

D’autres services (hot spot Wi-Fi, écran d’information, mise en sécurité d’un défibrillateur) sont également disponibles.





Le mobilier urbain intelligent destiné à la bonne circulation des véhicules

Un abribus intelligent

L’abribus intelligent offre une connectique Wi-Fi. Les citadins peuvent y télécharger gratuitement des sonneries et des applications offertes par les annonceurs partenaires.

Une station vélo polyvalente et multimodale

De la taille d’une place de stationnement, ce mobilier autonome en énergie permet de stocker dix vélos dans des box privatifs.
Il propose également un système de covoiturage spontané et dispose d’une fonction d’affichage multimédia interactif




Le potelet-balise

Dans les 13e et 20e arrondissements de Paris est testé X-Last, un potelet-balise résistant, lumineux et à mémoire de forme qui permet d’accroître la visibilité de points dangereux (carrefours, pistes cyclables, etc.), d’augmenter la sécurité des usagers et de lutter contre le stationnement sauvage.

Le réseau d’éclairage public dans une perspective de plate-forme multi-équipements

Les espaces publics urbains se transforment. Ces dernières années ont vu s’accélérer l’implantation de nouveaux équipements, en vue notamment de sécuriser ces espaces, de favoriser leur partage par les usagers, d’en faire des supports de communication et d’évènements. Le réseau électrique, et particulièrement celui de l’éclairage public, est ainsi de plus en plus « sollicité » afin d’alimenter ces équipements, de les connecter et de les faire fonctionner dans une perspective « intelligente », c’est-à-dire, conciliant un moindre impact sur l’environnement, une ouverture à des usages multiples, ainsi qu’une optimisation des procédures et des coûts liés à l‘exploitation.

L’éclairage public en mutation

Une infrastructure qui se développe sous contrainte

On dénombre 9 millions de points lumineux en France et près de 300 millions dans le monde avec en outre la perspective d’une croissance urbaine portée, notamment, par les nouvelles puissances économiques, telles que la Chine, l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du Sud. Le rôle structurant du service de l’éclairage public (l’infrastructure et sa gestion) pour l’urbanité d’aujourd’hui et de demain peut être apprécié par son « importance matérielle». Si l’idée d’« éclairer juste » implique que son impact sur le territoire soit minimisé, il s’agit bien d’un patrimoine en propre, à la fois matériel et financier de la collectivité, hérité, à préserver et valoriser.

Mais c’est surtout par son adéquation aux attentes exprimées par les collectivités et par la manière de le faire fonctionner que son rôle majeur sera renforcé. L’évolution qu’a connue l’infrastructure depuis près de deux décennies suit en effet une double dynamique. Parce que relevant des services énergétiques, la maîtrise de son impact environnemental — baisse de la consommation, réduction des émissions carbonées, limitation de la pollution lumineuse — est un objectif direct de la rénovation ou de l’extension des installations.

Parallèlement, on attend de l’éclairage une contribution plus positive au développement durable, en lien notamment avec des plans de déplacements urbains qui impliquent la création de nouveaux axes de circulation (pistes cyclables et parcs de stationnement associés, voies piétonnes), le renforcement de l’offre de transport collectif (tramway) ou plus écologique (véhicule électrique), la reconfiguration d’un « espace public partagé » générateur d’information et de communication (panneaux d’information, Hot Spot Wi-Fi) voire d’interactivité (le promeneur informe le système d’éclairage). Cela induit une croissance du nombre d’équipements installés directement liés à l’éclairage (points lumineux, supports), mais aussi une nouvelle disponibilité du réseau d’éclairage public pour d’autres équipements que le seul candélabre.

Les « prérequis » de la gestion des services locaux liés au réseau d’éclairage

Un certain nombre de « prérequis » [cf. Commissariat général au développement durable, Études et documents, n° 73, novembre 2012], valables pour l’évolution de l’éclairage lui-même, mais aussi, pour les « extensions » sur le réseau qui tendent à se démultiplier ont été identifiés :

  • la compatibilité avec la préservation des ressources de la planète et plus particulièrement les économies d’énergie et les émissions de CO2 ;
  • les exigences de sécurité, continuité et qualité du service public ;
  • une préoccupation majeure en matière de maîtrise de la dépense publique, avec un enjeu « central » concernant « l’investissement » ;
  • un questionnement sur la possibilité d’appropriation (propriété, opérationnalité, maîtrise technologique) par la collectivité, notamment quand il s’agit d’un service délégué.

Ces « prérequis » correspondent aux termes d’une équation complexe dont la résolution ne relève pas exclusivement de la technique, même si la montée en puissance des technologies de l’information et de la communication qui s’opère depuis le milieu des années 1990 a déjà fait la preuve qu’elle peut apporter des solutions. Il sera surtout question ici des réponses techniques permettant de résoudre cette équation. Tout en rappelant que ces réponses sont en lien avec une approche globale du service privilégiant le long terme [cf. Rapport d’activité, Citelum 2012] et caractérisée par des engagements de performance, concrètement mesurables, à l’appui desquels sont mobilisées ces solutions.

Exemples de problématiques et réponses techniques

Agir sur les caractéristiques des équipements : le potentiel de la LED

Aujourd’hui, comme le souligne à nouveau l’ADEME en 2013, la modernisation du seul parc français, au regard en particulier des objectifs environnementaux, est loin d’être réalisée (cf. Conférence Cluster lumière, Lumiville 2013). Cependant, les collectivités sont attentives au renouvèlement des équipements, en particulier des sources lumineuses, en lien notamment avec les critères de moindre consommation énergétique. Du reste, les lampes à incandescence seront prohibées à horizon 2015 à l’échelle de l’Europe.

Les années 2000 ont vu la montée en puissance de la technologie LED, sur laquelle se fondent beaucoup d’espérances. Désormais, elle s’impose dans le domaine des mises en lumière, ce d’autant plus qu’elle offre des potentialités remarquables sur le plan esthétique, dont notamment celle de faire évoluer la manière dont elles sont composées, en articulant scénarios fixes traditionnels et scénarios dynamiques. Ses caractéristiques techniques [cf. « Méthodologie d’évaluation et de contrôle de la technologie LED » : document technique élaboré par Citelum en collaboration avec le laboratoire LAPLACE (université de Toulouse) et le bureau d’études LED], ne permettent pas encore de l’utiliser en priorité pour l’éclairage public. Il est également à noter que son coût ne rend pas encore la diode compétitive par rapport à d’autres sources. Du fait de ses composants électroniques, elle s’intègre en revanche assez aisément à des dispositifs télégérés de régulation et de pilotage du réseau.

Agir sur l’interface équipement/réseau : la télégestion au point lumineux

Le fait d’agir plutôt sur les performances du réseau d’éclairage public est désormais considéré comme aussi, sinon plus, judicieux que l’amélioration de la qualité des matériels. La télégestion au point lumineux consiste à utiliser le réseau d’éclairage pour déployer un système de communication de type Intranet pilotant l’ensemble de l’infrastructure à distance, au moyen d’un boitier électronique positionné sur le candélabre ou sur l’armoire de commande et connecté à un terminal informatique.

Cette solution répond d’abord à un objectif d’économies d’énergie pour un niveau de résultat pouvant atteindre jusqu’à 30 %. Sa mise en service assure a minima (mode dit « light ») une régulation à la source lumineuse (candélabre ou armoire) par variation de puissance. Le mode « télégestion » permet également d’agir sur la pollution lumineuse (modulation et territorialisation des niveaux d’éclairement) et la réduction des émissions de CO2 grâce à la diminution des déplacements liés aux interventions de maintenance. Toutefois, le dispositif de télégestion fonctionne lui-même sur alimentation en électricité et génère donc une consommation en propre.

L’aspect « sécurité, continuité et qualité du service public » repose sur la conformité aux normes régissant l’éclairage et les réseaux de communication. Opérationnellement, le système de télégestion contribue à améliorer les qualités fonctionnelles des installations (durabilité des sources, etc.) et surtout à optimiser les opérations d’exploitation et de maintenance (réactivité, continuité, prévention, sécurisation des intervenants). Cette approche de la maintenance est également à l’origine d’une solution informatique de la maintenance (GMAO, gestion de maintenance assistée par ordinateur).

Les deux outils, dans leur version la plus récente, sont interconnectés et ils peuvent être mobilisés, à l’amont du système, pour l’élaboration de stratégies globales de gestion de l’infrastructure lumière et des services associés, telles que les Schémas directeurs d’aménagement lumière — le SDAL est un outil de diagnostic et de préconisations d’ordre technique concernant les installations (conformité aux critères de service public, état de fonctionnement, performances) qui s’articule au projet urbain de territoire.

- L’hypothèse d’une plate-forme multi-équipements

Pertinence technique (régulation du réseau, interface électronique), prise en compte des besoins (économies d’énergie, maîtrise budgétaire, service public, appropriation) du maître d’ouvrage comme de l’exploitant : à partir de ces « acquis », il est envisageable de greffer sur le réseau d’éclairage public une multiplicité d’équipements qui seront à la fois alimentés et mis en communication.

On peut en effet constater que le réseau d’éclairage public est actuellement sous-exploité, puisqu’il ne fonctionne que durant un temps limité de la journée. On peut envisager ainsi d’utiliser l’énergie pour les besoins d’autres équipements que le candélabre, et ce sans générer de consommation supplémentaire. Par ailleurs, étant donné que le réseau maille très densément le territoire, il devient possible d’implanter de nouveaux équipements à partir d’une infrastructure existante avec laquelle, qui plus est, les gestionnaires du service public (collectivité, entreprise délégataire) sont déjà familiarisés. Les coûts de l’installation et du service sont ainsi limités pour le propriétaire, tandis qu’il évite d’accroître l’emprise déjà forte de l’infrastructure sur le territoire (la voirie) et le génie civil. La bascule de la solution originelle vers la plate-forme multi-équipements est, notamment, liée au mode « télégestion » : le pilotage en temps réel des équipements installés est facilité par l’interfaçage à un logiciel de supervision permettant d’avoir une vue précise de l’état des installations et de leur consommation énergétique.

- Un exemple d’application

C’est sur la base des fonctionnalités de la télégestion évoluée qu’un groupe d’entreprises fédérées autour de Citelum expérimente actuellement sur le territoire de la communauté du Pays-d’Aix (France), une solution de charge normale pour les véhicules électriques. La borne peut être installée sur un candélabre ou à proximité, l’alimentation en énergie s’effectuant grâce au boitier Citenergy®. Développé sous marque TéléWatt®, ce système inclut une interface avec la téléphonie mobile, permettant ainsi à l’usager d’identifier et de réserver l’équipement le plus approprié. Le déploiement du dispositif présente ainsi l’avantage :

  • de limiter le coût d’investissement (pas de coût d’infrastructure, intégration à une architecture technique existante) ;
  • de maintenir la performance environnementale ;
  • d’être techniquement compatible avec tout type de borne de recharge pour véhicule électrique ;
  • d’être attractif auprès de l’usager.


Source : Schéma fonctionnement de Citenergy - Citelum

Ce dispositif répond à l’un des enjeux du Grenelle de l’environnement, à savoir le développement massif du véhicule propre sur le territoire français, particulièrement dans l’espace urbain et le périurbain. Cet objectif a conduit le législateur (décret du 27 juillet 2010) à habiliter les collectivités à créer, entretenir, exploiter ce type de service. Le projet TéléWatt® a été retenu par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), en novembre 2012, au titre du Programme des investissements d’avenir (PIA).

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Source : Citelum

Pour en savoir plus :

Le Magazine de Citelum : Le réseau électrique intelligent
Rapport annuel de Citelum
Fiche ADEME : Téléwatt®



Citelum est spécialiste de la gestion des services publics locaux de la lumière urbaine, de la gestion des déplacements et des équipements de sécurisation et de communication dans l’espace public. Il gère ainsi des installations d’éclairage public, de mise en lumière, de signalisation lumineuse tricolore, mais déploie et exploite aussi de nouveaux équipements électriques urbains tels que bornes de recharge de véhicules électriques, réseaux de vidéo-protection, radars de feux, etc.

Les projets d’éclairage public et de mobilier urbain intelligents en France

Paris

Appels à projets « Mobilier urbain intelligent »

En février 2011, la ville de Paris et le Laboratoire Paris Région Innovation ont lancé un appel à projets pour des installations innovantes de mobilier urbain intelligent. Plus de 40 ont été retenus pour être testés en grandeur réel par les Parisiens. Parmi ces installations, on trouve notamment :

  • des colonnes numériques avec une interface tactile sur lesquelles les passants peuvent consulter des informations pratiques, se repérer sur un plan interactif ou consulter la qualité de l’air (boulevard Haussmann et en face de la gare du Nord) ;

  • la Velobox : de la taille d’une place de stationnement, ce mobilier autonome en énergie constitue un mode de stationnement vélo sécurisé et compact qui permet de stocker dix vélos dans des boxes privatifs. Il propose également un système de covoiturage spontané et dispose d’une fonction d’affichage multimédia et interactif (place de la Bastille) ;

  • un Abribus qui fournit un fil d’information en continu pour connecter les voyageurs au réseau de transport et à la ville par l’information digitale (place de la Bastille).

Ces installations sont implantées dans divers endroits de Paris et sont testées depuis un an.

Le concours : « Hackez la ville »

En juin 2012, pour prolonger l’expérience « mobilier urbain intelligent », la ville de Paris et le Laboratoire Paris Région Innovation ont lancé un concours intitulé « Hackez la ville » destiné à inciter les petites entreprises innovantes à inventer ou à adapter des services numériques pour les prototypes de mobilier urbain intelligent expérimentés actuellement sur le territoire parisien.

À la suite de ce concours, quatre horodateurs intelligents ont été installés dans Paris. Ces horodateurs donneront accès à de multiples informations locales destinées à la fois aux touristes curieux de découvrir la richesse de l’offre culturelle et aux résidents désireux de mieux profiter des infrastructures mis à leur disposition par la Ville de Paris et les mairies d’arrondissement. L’horodateur donne la liste des lieux liés à la culture (musées, expositions, etc.), aux spectacles (théâtres, cinémas, cabarets, etc.), à la pratique sportive, à la présence de parcs et jardins, et aux équipements urbains dans un rayon d’un kilomètre environ autour du mobilier.

Pour en savoir plus :

Intervention de Salim BENSMAIL, Mairie de Paris, au forum de la CRE du 8 octobre 2013
Interview d’Albert Asseraf, Directeur général Stratégie, Etudes et Marketing, JC Decaux

Nice (Alpes-Maritimes)

Ville-laboratoire des technologies intelligentes, Nice a lancé la première expérimentation de « boulevard connecté » en juin 2013. Le long du boulevard Victor-Hugo, la ville a installé environ 200 capteurs dans la chaussée, les lampadaires et les bennes à ordures. Ces capteurs transmettent en temps réel des données à la municipalité et permettront à terme de faire des économies de gestion, des économies d’énergie et, en principe, de rendre la vie quotidienne des habitants plus facile et plus agréable.

Grâce aux capteurs installés sur la chaussée, les automobilistes pourront consulter en temps réel, sur leur Smart phone, les places de stationnement disponibles puis payer à distance. Ce système devrait permettre de réduire le trafic routier à Nice, qui selon la municipalité est à 25 % le fait de véhicules à la recherche d’une place. Une étude de Sareco (entreprise spécialisée dans l’ingénierie du stationnement) dédiée aux enjeux du stationnement en France a d’ailleurs chiffré à 70 millions d’euros par an les externalités négatives liées à la recherche d’une place par les automobilistes français : bruit, pollution, insécurité, congestion.

Les capteurs situés sur les lampadaires permettent d’ajuster la luminosité des candélabres en fonction de la présence de passants. L’objectif est ainsi de réduire la facture de l’éclairage public qui représente jusqu’à 30 % du poste électricité d’une ville. Chaque candélabre informe également et en temps réel, les services techniques municipaux d’une éventuelle panne.

Grâce aux capteurs situés dans les bennes à ordures, la ville peut adapter la tournée de ses camions-poubelles en fonction du remplissage effectif des containers, mais également en croisant d’autres données comme l’état du trafic, la pollution de l’air, etc.

L’expérimentation, entièrement financée par Cisco devrait durer une année, à la suite de laquelle la ville pourrait décider détendre ou non le dispositif.

Toulouse (Haute-Garonne)

La ville de Toulouse est également en pointe sur l’éclairage et le mobilier urbain intelligents.

Les lampadaires urbains à détecteur de présence

En 2009, la ville de Toulouse a lancé une expérimentation d’éclairage dynamique dans le quartier de Saint-Etienne. Sur 350 mètres, douze lampadaires du quartier sont équipés de détecteurs de présence et de diodes électroluminescentes qui permettent de faire varier rapidement l’intensité lumineuse des lampadaires de 30 W à 80 W lors de la présence de piétons. Ainsi, chaque luminaire dispose de deux rangs de DEL : le premier rang d’une puissance de 30 W éclaire toute la nuit et le second de 50 W se déclenche uniquement au passage des piétons.

Etant donné que les lampes à détecteur de présence dédiée à l’éclairage urbain ne sont pas encore commercialisées, le service technique municipal a réalisé lui-même ce dispositif en achetant des lampadaires à DEL de la firme allemande Wees et des radars Theben.

Ce système pourrait permettre à la ville de diviser par deux ses consommations électriques liées à l’éclairage d’ici 2020.

Le trottoir électrique

En 2010, la ville a poursuivi ses expérimentations de mobilier urbain intelligent en lançant un trottoir producteur d’électricité. Le système est composé de deux dalles montées sur ressorts et reliées à des lampadaires. Lorsqu’un piéton marche sur les dalles, l’énergie mécanique produite se transforme en électricité et vient alimenter une batterie, également raccordée aux lampadaires voisins.

L’énergie mécanique produite par les piétons peut ainsi être stockée et utilisée la nuit lorsqu’il y a peu de passage.

Le stationnement intelligent

La ville de Toulouse teste également depuis 2010 un système de sondes placées dans la chaussée, reliées entre elles et à un ordinateur central qui gère les données. Ce système permet d’indiquer en temps réel aux automobilistes, via leur Smart phone, si une place est libre ou occupée.

Généralisée, cette technologie pourrait permettre de réduire de 10 % le volume de voitures en circulation en ville, selon le Centre d’études sur les réseaux de transport, l’urbanisme et les constructions publiques (Certu). Cela permettra de réduire la pollution, les émissions de CO2 et le bruit. En outre, cela offre aux collectivités territoriales un outil de régulation des déplacements.

Pour en savoir plus :

Le mobilier urbain, Les cahiers de l’espace public, Orientations pour les acteurs et les partenaires des opérations d’urbanisme, Mairie de Toulouse

Vif (Isère)

La commune de Vif a installé sur les voies piétonnes et cyclables de son territoire un système d’éclairage public intelligent. Le système gère le niveau d’éclairage de façon autonome, en intégrant la présence ou non d’usagers. Les lampadaires s’illuminent progressivement lors du passage de promeneurs ou de cyclistes, croissant de 10 % à 100 % de leur capacité d’éclairage, à mesure de la progression de l’utilisateur. Puis ils décroissent et repassent à 10 %, après leur passage.

Ce système est fondé sur l’emploi de détecteurs de formes installés sur les 67 lampadaires à diodes électroluminescentes basse consommation. Chaque candélabre est muni d’un détecteur capable de communiquer avec ceux qui se trouvent directement à proximité.

Lorsqu’une présence est détectée sur le chemin, un signal est envoyé aux deux candélabres suivant pour déclencher l’allumage. Une vague de lumière accompagne alors le piéton ou le cycliste.

Ce projet a été subventionné par la métropole grenobloise hauteur de 684 000 euros, le reste étant à la charge de la commune.

Grâce à cette technologie, la commune de Vif devrait économiser 21 000 kWh par an, soit l’équivalent de deux tonnes de CO2.

Les projets d’éclairage public et de mobilier urbain intelligents dans le monde

Europe

Toute l’Europe : le programme E-Street

En janvier 2006, 13 acteurs (fournisseurs d’électricité, constructeurs de matériels, etc.) issus de 11 pays européens (Norvège, Suède, Finlande, Pays-Bas, Allemagne, Pologne, Grande-Bretagne, République tchèque, Slovénie, Bulgarie et Portugal) ont lancé le programme « E-Street » qui consiste à développer des systèmes d’éclairage public modulables en fonction de la lumière naturelle et capables de remonter des informations de maintenance.

Aujourd’hui, environ 80 000 lampadaires intelligents ont été installés, principalement au Danemark, en Norvège (cf. ci-dessous), en République tchèque, en Irlande, en Finlande, aux Pays-Bas et en Espagne. Les projets sont généralement conduits par les opérateurs de réseaux et financés par des fonds publics.

D’une durée de 3 ans et d’un budget total de 1,1 million d’euros, le programme est financé pour moitié par le programme de l’Union européenne sur l’énergie intelligente (European Union Intelligent Energy programme).

L’Union européenne devrait poursuivre son financement à travers un nouveau programme intitulé Energy Saving in Outdoor Lighting (ESOLI). Ce programme est coordonné par l’Agence berlinoise de l’énergie (Berliner Energieagentur) et regroupera, en plus des pays déjà impliqués dans E-Street, de nouveaux partenaires (The Polish National Energy Conservation Agency, European Lamp Companies Federation, etc.).

Pour en savoir plus :

Site du projet E-street
Site du projet ESOLI

Belgique : Grâce-Hollogne

Depuis le mois de février 2013, un système d’éclairage public intelligent est expérimenté dans la zone d’activité économique de la commune de Grâce-Hollogne, en Wallonie. Baptisé Gestion de l’éclairage public des parcs d’activité, durable et intelligent (GEPPADI), ce système de gestion et de contrôle de l’éclairage public est capable de s’adapter au trafic, qu’il soit piéton, cycliste ou routier.

Les luminaires sont équipés de diodes électroluminescentes (DEL) et de capteurs de mouvement et de présence. Ces capteurs permettent de détecter la présence d’un usager et d’en identifier le type en fonction de sa vitesse (piéton, cycliste, jogger, véhicule). Un système intelligent, qui permet la communication entre des lampadaires voisins, gère ensuite l’éclairage coordonné d’un groupe de luminaires successifs de manière à fournir des conditions agréables de sécurité et d’ambiance lumineuse tout en ayant la consommation énergétique la plus limitée possible. Les DEL permettent de passer quasi instantanément d’un éclairage minimum de sécurité à un éclairage maximum et d’adapter l’intensité lumineuse aux conditions ambiantes de luminosité.

Ce système permettrait de réduire de près de 80 % la facture énergétique liée à l’éclairage public.

Coordonné par l’agence de développement économique pour la province de Liège (la SPI), le projet rassemble des universités (le laboratoire Electronique, Microélectronique, Mesures et Instrumentation de l’Université de Liège et la cellule Architecture et Climat de l’Université catholique de Louvain) et des entreprises (Arthos Technics, spécialisée dans la recherche, le développement et la production de produits environnementaux innovants en utilisant les énergies durables et renouvelables pour une nouvelle gamme de luminaires en éclairage public et Ronveaux, spécialiste des produits et services en construction, électricité et rénovation).

La région wallonne apporte son soutien financier au projet, dont le budget s’élève à 1,5 million d’euros.

Pour en savoir plus :

Un éclairage public, durable et intelligent en test à Grâce-Hollogne
Communiqué de presse de la SPI
GEPPADI : un éclairage intelligent en test à Grâce-Hollogne (vidéo)

Allemagne : Lemgo

A Lemgo, dans le Nord-Ouest de l’Allemagne, pour des raisons d’économies d’énergie, les réverbères publics s’éteignent dès 21 heures. Mais pour des raisons de sécurité et pour répondre aux besoins des habitants, un système a été mis en place qui permet d’éclairer les rues en fonction des besoins des habitants. Créé en 2006, le projet Dial4Light (appelez pour allumer) donne la possibilité aux citoyens de déclencher l’éclairage de leur rue à l’aide de leur téléphone.

Les habitants qui souhaitent utiliser ce service s’inscrivent gratuitement sur le site Internet de Dial4Light en donnant leurs coordonnées et leur numéro de téléphone. Ensuite le système fonctionne grâce à un modem et à un logiciel spécifiques. À chaque pâté de maison correspond un code à six chiffres. L’habitant appelle le service et compose le numéro du pâté de maison qu’il souhaite être éclairé. En quelques secondes, l’information est relayée jusqu’aux réverbères concernés grâce au modem. Les lampadaires restent allumés 10 à 15 minutes avant de s’éteindre automatiquement. Le service ne coûte que le prix d’un appel local aux habitants.

Ce système a été étendu à la ville de Dörentrup (à quelques kilomètres de Lemgo) en 2008 puis aux villes de Kalletal et Rahden. Grâce à ce système, Dörentrup, ville de 8 500 habitants, a fait 25 % d’économies sur ses frais d’exploitation. Le fournisseur d’électricité local indique que ce système permet à la ville de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 12 tonnes et d’économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros par an.

Ce système responsabilise les habitants en leur faisant prendre conscience du coût économique et environnemental de l’éclairage public.

Norvège : Oslo

L’éclairage représente 15 à 20 % de la demande en électricité annuelle en Norvège et 3 % vont à l’éclairage public. Face à ce constat, la ville d’Oslo a décidé d’agir. En partenariat avec le fournisseur d’électricité norvégien Hafslund, elle a déjà modernisé, entre 2005 et 2007, 10 000 des 62 000 lampadaires présents sur son territoire. Elle est ainsi devenue l’une des capitales européennes les plus en pointe dans le développement de l’éclairage intelligent.

Les anciennes ampoules ont été remplacées par des lampes au sodium à haute performance, les lampadaires ont été équipés d’un système qui fait varier l’éclairage en fonction de différents paramètres définis par la ville (luminosité, affluence, etc.), qui mesure le niveau de consommation d’électricité et qui transmet des informations sur l’état des candélabres et leur besoin de maintenance. Le système de transmission de données utilise la technologie du courant porteur en ligne grâce aux câbles électriques.

Ces nouveaux lampadaires intelligents sont capables d’ajuster le niveau de la lumière en fonction des besoins précis, estimés à un moment donné, dans les rues et les parcs de la ville, ainsi que dans de grandes entreprises. Les besoins sont déterminés grâce à différentes informations :

  • celle provenant de l’horloge astronomique : quand le soir tombe ou que le jour se lève, on allume ou on éteint progressivement ;
  • celle provenant des capteurs de luminosité qui peuvent mesurer le niveau d’éclairement des surfaces, variable avec la clarté du ciel, la pluie, ou – ce qui est essentiel dans une région nordique – la réverbération sur la neige ;
  • celle issue des appareils de mesure du trafic qui transmettent des données sur l’encombrement des routes, les vitesses des véhicules. Elles permettent alors d’améliorer l’éclairage dans les périodes de pointe de trafic.

Ces informations, ainsi que les demandes des usagers (requête ou signalement de dysfonctionnement) transmises grâce à un site Internet dédié, sont ensuite envoyées vers un système central. Le système central analyse alors les données, prend la décision et envoie les instructions par GPRS vers des postes de contrôle de secteur qui sont reliés aux différents points d’éclairage de la zone.


L’utilisation de données joue également un rôle important dans la maintenance du réseau. La gestion très précise du parc de lampadaires permet de prolonger la durée de vie du matériel, de rationaliser la maintenance et la gestion du stock et, donc, de réaliser d’importantes économies.


Selon le fournisseur d’électricité norvégien Hafslund, le remplacement des 10 000 lampadaires aurait permis en deux ans de réduire de 70 % la consommation d’électricité de la ville, soit 4,5 GWh par an. L’investissement aura coûté à la ville 12 millions d’euros (6 millions pour le remplacement de vieux lampadaires, 3 millions pour le système d’information et 3 millions pour les coûts d’installation) et sera amorti en 5 à 8 ans, en fonction des coûts de maintenance et des prix de l’électricité.

Royaume-Uni : Londres

À Londres dans le quartier de Westminster, des lampadaires intelligents sont en cours de déploiement depuis le début de l’année 2013. Le remplacement des 14 000 lampadaires du quartier devrait durer 4 ans et coûter 3,75 millions d’euros. Ces nouveaux lampadaires sont contrôlés à l’aide d’une tablette et permettent ainsi à la municipalité d’ajuster l’intensité de la lumière et de connaître les besoins d’éclairage et les pannes éventuelles en temps réel et d’agir rapidement si nécessaire.

Beaucoup plus économes en énergie que des lampadaires classiques, ils permettront de faire des économies d’énergie importantes, de l’ordre de 484 000 euros par an.

Si le dispositif s’avère concluant, il pourrait s’étendre à l’ensemble de la ville.

Monde

L’association Lighting Urban Community International (LUCI)

L’association LUCI a été créée en décembre 2001, à l’initiative de la Ville de Lyon. Elle regroupe 90 membres dont 63 métropoles du monde entier (Paris, Lyon, Moscou, Shanghai, Séoul, Montréal) ainsi que des entreprises spécialisées dans l’éclairage (Philips, Schréder, Thorn, YGLS, etc.).

Son but est de rassembler des municipalités et des professionnels afin d’échanger informations et expériences dans le domaine de la lumière et de les aider à trouver des réponses appropriées aux défis de l’énergie.

Elle a pour objectifs :

  • d’utiliser la lumière comme outil du développement urbain ;
  • de promouvoir une identité collective par des choix artistiques et techniques ;
  • de prendre en compte les questions environnementales et édifier des grands principes pour la lumière « durable » dans la ville.

Pour en savoir plus :

Site Internet de l’Association LUCI

Forum et interviews

La Commission de régulation de l’énergie a organisé son treizième forum le 8 octobre 2013 sur le thème « Les applications innovantes de la ville de demain : l’éclairage public et le mobilier urbain intelligents ».

Jean-Noël Guillot, Directeur du projet Ville Durable, Direction de Marché Collectivités Territoires et Solidarité d’EDF Collectivités, Salim Bensmail, Directeur du développement économique de l’emploi et de l’enseignement supérieur à la Mairie de Paris et Jean-Michel Guéry, Directeur général adjoint Développement et Technologies de Bouygues Energies et Services sont intervenus lors du forum afin de nous présenter ces nouveaux équipements de la ville de demain, source d’attractivité et de valeur ajoutée pour les collectivités territoriales, ainsi que les problématiques techniques, économiques et juridiques associées.


Point de vue de Jean-Noël Guillot
Directeur du projet Ville Durable, Direction de Marché Collectivités Territoires et Solidarité

Point de vue de Salim Bensmail
Directeur du développement économique de l’emploi et de l’enseignement supérieur

Point de vue de Jean-Michel Guery
Directeur général adjoint, Développement et Technologies


Vous découvrirez également les interviews suivantes :

Interview d'Albert Asseraf
Directeur général Stratégie, Etudes et Marketing

Interview de Soufyane Miloudi
Directeur Général Adjoint en charge du Développement à Aubrilam
à venir...




Point de vue de Jean-Noël Guillot (EDF) :


EDF accompagne les collectivités dans leur réflexion sur l’éclairage public. Pour mener à bien cette réflexion, l’éclairage public doit être repositionné dans les enjeux globaux des collectivités.



Elles sont aujourd’hui confrontées à un triple défi :

  • l’attractivité de leur territoire ;
  • l’urbanisation croissante ;
  • le respect de l’environnement.

Et les stratégies d’action et d’optimisation peuvent être menées à différentes mailles du territoire : celle du bâtiment, de la collectivité mais aussi celle de la région.


Source : EDF Collectivités

Pour mettre en place une démarche de transition vers la ville durable, il existe une multitude de leviers :

  • travailler sur les bâtiments publics afin de réduire la consommation énergétique du patrimoine de la collectivité ;
  • travailler sur les mobilités pour développer des modes de transport durables ;
  • et travailler sur la rénovation résidentielle, notamment pour lutter contre la précarité énergétique, etc.

Pour choisir les leviers d’action à activer, il est nécessaire de déterminer, à horizon de temps fixé, quelles seront les évolutions de la population sur un territoire et quels en seront les impacts sur la consommation énergétique du territoire. Il s’agit de faire de la prospective territoriale. Grâce à cette prospective territoriale, il est possible de déterminer le poids de l’éclairage public dans l’ensemble des contraintes énergétiques et environnementales d’une collectivité, de définir les trajectoires d’évolution possibles et, par la suite, de guider les choix d’investissement pour réduire l’impact de l’éclairage public sur ces contraintes.


Source : EDF Collectivités

Aujourd’hui, l’éclairage public représente plus d’1 % des consommations d’électricité en France (soit 6 TWh). 9 millions de lampes sont installées dont 40 % ont plus de 25 ans et dont 1/3 sont encore des lampes à vapeur de mercure. Le taux de renouvellement de candélabres est relativement lent. Seuls 3 % du parc sont renouvelés annuellement Source Cluster Lumière. Le passage d’une technologie à l’autre prend donc du temps.

Pour les communes, l’éclairage public représente, en moyenne selon l’ADEME en 2010

  • 18 % de la consommation énergétique des communes ;
  • 47 % de la consommation électrique ;
  • 37 % de la facture d’électricité.

Face à ces statistiques, l’objectif est désormais d’« éclairer juste ». Ce terme est intéressant car il est à la croisée de quatre grandeurs :

  • les coûts d’investissement et d’exploitation (coûts de maintenance et facture énergétique) ;
  • l’identité lumineuse (elle est très importante pour l’attractivité des territoires) ;
  • la sécurité des biens et des personnes (elle conditionne le niveau d’éclairement et l’adhésion des habitants aux travaux d’éclairage public) ;
  • les rejets de gaz à effet de serre.

L’optimisation de l’éclairage public suit des approches différentes selon l’état du quartier concerné : quartier neuf ou quartier existant.

Eclairage public d’un quartier existant

Dans ce cadre, la démarche possible pour les quartiers existants repose sur :

  • la redéfinition des ambiances nocturnes pour augmenter les niveaux de confort et surtout de sécurité ;
  • l’association des coûts d’investissement et de fonctionnement aux choix effectués ;
  • la diminution des consommations d’énergie ;
  • la rationalisation des opérations de maintenance ;
  • la réduction des coûts d’exploitation ;
  • la diminution des émissions de CO2 ;
  • la protection contre les pollutions lumineuses.

La démarche se divise en deux grandes phases :

  • le diagnostic : audit de la sécurité électrique, puis diagnostic des équipements (inventaire des matériels, de leur état de vétusté par rapport aux dernières innovations technologiques) et enfin cartographie des points lumineux (cela peut prendre deux formes terrestre ou aérienne – voir photos) ;
  • le choix des actions possibles :
    • la mise en œuvre d’une véritable politique de gestion des points lumineux avec un plan pluriannuel des investissements et un plan lumière dans lequel est définie, quartier par quartier, ou à l’occasion du remplacement des luminaires, une stratégie de remplacement des points lumineux accompagnée d’une stratégie de gestion de l’éclairage optimisée en fonction des coûts lumineux ;
    • une analyse de la pollution lumineuse ;
    • la formation des exploitants notamment lorsqu’ils sont intégrés aux équipes municipales.

Pour optimiser l’investissement et les charges d’exploitation, il est nécessaire d’avoir une analyse technique et économique des gisements d’économie liés aux installations d’éclairage intérieur ou extérieur.

Pour mettre en valeur le patrimoine existant, il est nécessaire de connaître et respecter les réglementations et normes en vigueur, d’être accompagné dans la démarche de maîtrise de l'énergie sur la problématique de l’éclairage et de bénéficier de conseils pour le choix des matériels, l’organisation des travaux et de la maintenance.

Le diagnostic permet d’avoir une remodélisation des empreintes lumineuses sur la voie publique en fonction des technologies (LED et lampes à décharge).


Source : EDF Collectivités

Cela permet de recalibrer l’espacement des mâts mais aussi de réaliser une analyse technico-économique sur la durée de vie des équipements. Elle est déterminée sur 20 à 25 ans en intégrant les investissements, les coûts d’exploitation et la réduction des consommations énergétiques. Cela permet d’aboutir à un véritable « merit order » des actions à engager avec des calculs de taux de retour sur investissement de ces différentes actions (remplacement des ballasts, modulation de la puissance, renouvellement du système d’allumage ou remplacement des luminaires à foyer ouvert pour des foyers fermés).

Cette démarche permet à une collectivité d’optimiser son plan pluriannuel d’investissement.


Source : EDF Collectivités

L’éclairage public pour les projets d’aménagement neuf

Sur les projets d’aménagement de nouveaux quartiers, la problématique est différente. Etant donné qu’il ne s’agit pas de remplacement mais de création, cela ouvre d’autres possibilités en termes d’investissement.

Le travail consiste d’abord à identifier le plan de masse. Cela signifie que, pour pouvoir faire la cartographie lumineuse à partir de ce qui est prévu en termes de plan d’aménagement, il faut identifier les lieux ou les bâtiments méritant une mise en lumière. Il arrive que dans certaines opérations d’aménagement, un immeuble soit plus haut que les autres et puisse ainsi faire office de totem lumineux.

À partir de ce plan de masse, il est alors possible de faire des modélisations, des cartographies d’éclairement.


Source : EDF Collectivités

Cette démarche permet d’avoir un vrai choix pour l’aménageur et la collectivité avec trois niveaux :

  • un niveau de base qui est le niveau réglementaire : on équipe la collectivité grâce à des investissements a minima qui répondent aux exigences réglementaires ;
  • un niveau plus performant, aux investissements plus élevés mais aux coûts de fonctionnement plus faibles ;
  • un niveau qui privilégie la technologie, la dimension environnementale et la MDE.

L’analyse multicritères (viabilité économique, confort des usagers et lutte contre le changement climatique) permet au client de faire le choix de la solution qui lui semble la plus pertinente en fonction des caractéristiques de son projet.


Source : EDF Collectivités

Concernant le choix des technologies, les LED atteignent un degré de maturité très intéressant au regard de leur durée de vie (50 000 à 70 000 heures contre 12 000 à 24 000 heures pour les lampes à sodium haute pression). Elles sont très présentes sur le marché et mais leurs niveaux de performance en lumens par watt ne sont pas encore ceux des lampes à sodium haute pression (80 à 80 lm/W contre 100 à 120 lm/W). La LED conquiert aujourd’hui l’espace public, mais oblige à repenser l’éclairage public car les propriétés physiques des LED et celles des lampes à sodium haute pression sont différentes et ne génèrent par le même éclairement. Ce travail est réalisé dans le labo LED d’EDF.

L’efficience de l’éclairage public est donc une alchimie entre les différentes caractéristiques de la zone à traiter :

  • performance des sources lumineuses ;
  • optimisation des implantations ;
  • Niveaux d’investissements ;
  • coût du pilotage et de l’exploitation ;
  • exigences d’éclairement ;
  • impacts des consommations énergétiques (euros, CO2) ;
  • identité lumineuse souhaitée.

En particulier, le positionnement du curseur entre les équipements physiques (candélabres, lampes à haute performance, etc.) et les systèmes intelligents (systèmes de pilotage, équipements communicants, capteurs, actionneurs, etc.) constitue une difficulté majeur dans le choix des investissements des collectivités. Parallèlement, d’autres enjeux émergent :

  • potentiels multiservices à partir des infrastructures d’éclairage public ;
  • viabilité économique des candélabres auto-producteurs ;
  • recyclage.

EDF dispose aujourd’hui d’expertises en mesure d’accompagner les collectivités et les aménageurs dans cette démarche d’optimisation énergétique de l’éclairage comme sur l’ensemble des usages énergétiques.


Jean-Noël Guillot
08 octobre 2013






Jean-Noël Guillot est Directeur du projet Villes et Térritoires Durables à la Direction de Marché Collectivités Territoires et Solidarité chez EDF Collectivités..




Point de vue de Salim Bensmail (Mairie de Paris) :

La Mairie de Paris a réalisé une expérimentation sur le mobilier urbain intelligent. Il s’agit pour elle de favoriser le développement de l’innovation et des jeunes entreprises sur son territoire. En effet, c’est dans le domaine des start-ups innovantes que se joue l’avenir économique de la ville de Paris, y compris au plan mondial.


Dans le cadre du soutien que la Mairie de Paris apporte à l’écosystème de l’innovation, différents leviers et outils peuvent être mobilisés :

  • des offres de financement ponctuelles avec des partenaires comme Oseo grâce au fonds dédié « Paris Innovation Amorçage » ;
  • des offres de foncier à bas coût pour les jeunes entreprises parisiennes (surfaces de pépinières et d’incubateurs qui permettent d’accueillir des entreprises et de leur offrir un cadre dans lequel elles peuvent être accompagnées au départ de leur existence : entre 2001 et 2014 on est passé de 5 000 à 100 000 m2 de surface d’incubateurs et de pépinières sur Paris) ;
  • des offres de services d’accompagnement pour lesquelles la Mairie de Paris s’appuie sur différentes structures et notamment sur le « Paris Région Innovation Lab » (association partenaire de la ville qui gère un grand nombre des incubateurs du territoire parisien) ;
  • des expérimentations.

Les objectifs de l’expérimentation

L’expérimentation est le levier le plus original mobilisé pour soutenir les jeunes pousses.

À partir du constat que le financement peut être apporté par d’autres acteurs et que les sommes mises en jeu par la Mairie sont assez modestes, il fallait trouver une autre façon de soutenir les jeunes entreprises. La ville possède un actif spécifique que personne d’autre sur le marché ne peut apporter aux porteurs de projets : l’espace public. Le territoire parisien possède un patrimoine immobilier très étendu et également très divers (bureaux, bâtiments publics, équipements publics – piscines, gymnases, écoles). Ce patrimoine immobilier constitue un formidable terrain de jeu, un terrain d’expérimentation qui permet de transformer la ville en un « viving lab » : un endroit où les jeunes entreprises peuvent déployer leurs projets en grandeur nature, tester leur faisabilité.

Dans le processus de recherche de développement d’une petite entreprise, ce type d’expérience est très utile : elle constitue une fenêtre sur le monde et lui fait de la publicité. Ainsi, dans le cadre de l’expérimentation sur le mobilier urbain intelligent, certains porteurs de projet ont pu communiquer sur leur projet grâce à des doubles pages dans le Financial Times.

En déployant ces innovations, l’objectif est également d’essayer de sensibiliser l’ensemble des directions de la ville à la nécessité de réfléchir à des solutions innovantes soit pour commander les prestations habituelles soit pour rendre des services aux Parisiens avec des approches nouvelles.

Les principes de l’appel à projets

Le principe des appels à projets en matière d’expérimentation est simple.

Il commence par un appel à projets auquel la Mairie de Paris essaie de donner une publicité aussi large que possible. Dans ce cadre, certains canaux d’information spécifiques à destination de l’écosystème des jeunes entreprises parisiennes et franciliennes existent.

L’expérimentation concerne les produits ou solutions déjà conçus, mais non commercialisés et qui ont besoin de faire leurs preuves en situation réelle.

Elle doit avoir lieu sur une durée limitée (principe de réversibilité pour des raisons de réglementation en matière de commande publique) et sur un périmètre restreint. La dernière condition est qu’il faut qu’elles aient un modèle économique qui soit autosuffisant.

Le processus de sélection est centré sur la faisabilité des projets et est le plus ouvert et le plus neutre possible. Il y a d’abord un jury technique qui doit évaluer la faisabilité technique des projets et ensuite un jury composé d’élus. Sur l’expérimentation MUI par exemple, le projet « Abri Voyageur du futur » proposé par un grand groupe a été sélectionné tout comme un projet de champignonnière qui fonctionne avec le marc de café récupéré chez les cafetiers parisiens.

Depuis que la démarche a été lancée, cinq appels à projets d’expérimentation ont été lancés :

  • EXAPAD (2011) : favoriser le maintien des personnes âgées et tester des solutions en faveur de l’Autonomie des Personnes Âgées à Domicile ;
  • Efficacité énergétique des bâtiments (2012 et 2013) : expérimenter de nouvelles technologies pour réduire l’impact carbone des bâtiments ;
  • Végétalisations innovantes (2013) : expérimenter des solutions innovantes dans les domaines de la biodiversité, de l’agriculture urbaine et de l’adaptation au changement climatique ;
  • Mobiliers Urbains Intelligents (2010) : permettre aux Parisiens de venir tester en conditions réelles les équipements et services de la ville du futur ;
  • Hackez la ville (2012) : concours sur les applications susceptibles d’enrichir l’offre des mobiliers expérimentés dans le cadre de l’expérimentation MUI.

Dans le cadre de l’appel à projets MUI, 40 projets ont été retenus pour être implantés sur le domaine public parisien. Parmi les expérimentations figurent le stockage de vélos dans des boxes privatifs, des bornes permettant le rechargement de véhicules électriques, des panneaux interactifs translucides qui centralisent les informations d’un quartier, des abri-voyageurs interactifs, etc.


Source : Mairie de Paris

Les projets de mobilier urbains intelligents déployés concernaient différentes thématiques : « s’informer et s’orienter », « l’assise dans la ville », « jouer et se filmer », des services de mobilité, « les abris-voyageurs futuristes ». L’expérimentation de ce dernier thème était tout particulièrement intéressante parce que le contrat pour les abris-voyageurs parisiens arrive à son terme et que la mairie de Paris est entrée dans la phase d’achat public pour les nouveaux abris-voyageurs.

L’expérimentation MUI a permis de tester la faisabilité technique du mobilier, sa capacité à résister aux dégradations et également de tester les usages des Parisiens sur les innovations.


Source : Mairie de Paris

Bilan des expérimentations

Le premier bilan de l’expérimentation est très positif. Elle a offert une opportunité aux porteurs de projet de tester leurs produits ou solutions in situ ainsi que leurs modèles économiques. Elle a permis de renforcer les capacités du territoire à innover et a inclus les usagers dans une démarche d’« innovation participative ».

Des difficultés ont tout de même émergé. Elles concernent :

  • l’identification des lieux d’expérimentation et la validation de leurs contraintes techniques ;
  • le coût pour les entreprises est parfois plus important que prévu (travaux de voirie, etc.) ;
  • les pratiques d’un arrondissement à un autre sont plus ou moins contraignantes envers l’expérimentation ;
  • la création d’un lien entre l’expérimentation et l’achat public d’innovation.

Salim Bensmail
08 octobre 2013






Salim Bensmail est Directeur du développement économique de l’emploi et de l’enseignement supérieur à la Mairie de Paris.




Point de vue de Jean-Michel Guery (Bouygues Energies et Services) :

Dans les années à venir, le candélabre va évoluer en raison du développement des nouvelles technologies (LED par exemple) mais également de la convergence des technologies de l’énergie et du numérique. Il évoluera dans le sens de l’usage qu’il pourra lui-même avoir dans la ville.
Ainsi, le candélabre qui est un point haut sur la voie publique, implanté tous les 25 mètres, pourra proposer d’autres services que le seul éclairage des rues.
C’est pourquoi, dès 2005, Bouygues Energies et Services a lancé un programme prospectif de recherche sur le candélabre urbain du futur.




Source : Bouygues Energies et Services

Aujourd’hui, l’objectif est d’offrir un éclairage plus « juste ». Le terme « juste » signifie apporter la lumière là où il faut quand il le faut (vocation de sécurité et de respect de l’identité lumineuse de la ville), au meilleur coût et dans le respect de l’environnement (notamment de la biodiversité dans la ville). Afin d’éclairer au plus juste et d’améliorer l’efficacité lumineuse, des cartographies, des mesures, et l’élagage des arbres sont régulièrement réalisés. L’objectif est également d’accroître les économies d’énergie : efficacité lumineuse et efficacité énergétique ne sont pas nécessairement convergentes, il faut donc développer le pilotage et l’intelligence des candélabres.

Demain, en plus de ces prérequis, le candélabre du futur permettra de déployer un réseau numérique et des services à moindre coût. Il sera possible de faire du réseau d’éclairage un réseau numérique haut débit et connecter une multitude de services urbains sur ce réseau (Wi-Fi, sonorisation, vidéoprotection).

Toutes les données collectées sur le réseau d’éclairage public appartiennent à la ville car ce réseau est propriété de la ville et ne peut être concédé.


Source : Bouygues Energies et Services

Faire du réseau d’éclairage un réseau numérique haut débit et connecter une multitude de services urbains sur ce réseau est désormais possible et se matérialise aujourd’hui par la Citybox. Il s’agit d’une boîte intelligente de 5 x 5 cm à installer sur le pied des candélabres neufs ou existants. Elle possède beaucoup de fonctions, dont le très haut débit (40 Mbit/s aujourd’hui) et le pilotage de trois équipements IP intelligents. Comme d’autres outils communicants, la Citybox pourrait également être utilisée pour optimiser la bande passante disponible sur les réseaux de télécommunication 4G. Elle offrirait ainsi un nouveau service pour les opérateurs de réseau de télécommunications.

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Source : Bouygues Energies et Services

Ce système est utilisé dans le cadre de l’expérimentation Issygrid, l’expérimentation de ville intelligente menée à Issy-les-Moulineaux. Les grands groupes ont besoin des collectivités locales pour réaliser leurs expérimentations parce qu’une expérimentation in situ permet de tester non seulement la technologie mais également les usages.


Source : Bouygues Energies et Services

Plus de 8 000 Citybox sont installées et opérationnelles aujourd’hui dans plusieurs villes de France et permettent de maîtriser l’efficacité lumineuse en fonction des scénarios que la ville a retenus et d’apporter différents services pour rendre la ville plus attractive.

Par exemple, lorsqu’un élu décide d’augmenter la sécurité aux abords des écoles vers 16h30, il peut, grâce à la technologie point à point de ses candélabres, allumer spécifiquement soit le chemin principal que vont prendre les enfants soit l’ensemble des carrefours de la ville tout en tenant compte de l’ambiance lumineuse qu’il souhaite donner à la ville.


Source : Bouygues Energies et Services

Dans le futur, on pourra également imaginer que les candélabres permettront la recharge du véhicule électrique. Il s’agira d’utiliser le service des candélabres pour y mettre des bornes de recharge lente. Cette nouvelle solution pose des questions en matière de législation et de réglementation.

Il est intéressant que ces innovations poussent à réfléchir sur les limites de la réglementation, mais ces limites ne doivent pas être un frein au développement de nouveaux services pour le citoyen et pour la collectivité.


Jean-Michel Guéry
08 octobre 2013




Jean-Michel Guéry est Directeur général adjoint Développement et Technologies de Bouygues Energies et Services. Bouygues Energies et Services est la branche Energies et Services de Bouygues Construction. Sa vocation est de travailler sur la performance énergétique, notamment de la ville. L’entreprise agit comme concepteur d’un système, intégrateur et exploitant pour le compte des collectivités locales.



Interview d'Albert Asséraf (JCDecaux) :

Pouvez-vous nous présenter les expérimentations de mobilier urbain que vous développez à Paris ?

La ville de Paris, avec le Paris Région Lab, a lancé fin 2011 un appel à projets intitulé « Mobilier Urbain Intelligent », destiné à expérimenter, sur le territoire parisien, de nombreuses innovations urbaines. JCDecaux a répondu avec 6 projets inédits sur l’espace public, structurés autour de cinq thématiques : découvrir la ville, s’informer, partager, travailler et se divertir. Notre démarche de conception s’est avant tout appuyée sur ces usages et la manière de les mettre en scène en faisant appel aussi bien au design qu’aux nouvelles technologies numériques. Nous avons proposé, depuis mars 2012, des mobiliers urbains pour certains inédits – tous destinés à apporter des nouveaux services à ceux qui fréquentent la ville. Quatre d’entre eux sont particulièrement intéressants, car ils permettent des usages de la ville jusqu’ici peu développés.

Le Concept-Abribus installé sur la place de la Bastille propose, à partir d’un mobilier connu du public et dont le design a été confié à Patrick Jouin, de nouvelles fonctionnalités : fil d’information, prises USB pour brancher son téléphone portable quelques instants et, surtout, trois grands écrans tactiles qui proposent un bouquet de 18 applications. Les contenus et services proposés incluent bien sûr des informations et services sur les transports publics, mais vont très au-delà : bons plans shopping à proximité, guide touristique et proposition de balades, découverte photographique de la ville à travers les âges, quiz ludique sur la ville, sensibilisation aux premiers secours, etc. Nous avons souhaité proposer une grande variété de contenus pour répondre aux attentes, souvent non formulées, du public très varié qui fréquente la ville.

Cette même proposition d’écrans tactiles d’information et de services se trouve à l’Escale Numérique, un mobilier situé au Rond-Point des Champs-Elysées, qui propose une pause physique et numérique dans la ville. Equipée d’assises confortables, de prises électriques, de WiFi et de tablettes pour poser un sac ou un ordinateur portable, l’Escale est aussi protégée d’un toit qui a été végétalisé. Le design, qui a été confié à Mathieu Lehanneur, utilise le bois, le béton, la résine, etc. et compose un ensemble esthétique qui invite à la pause.

Dans un autre registre de services, nous avons conçu les bornes e-Village®, des stèles équipées de trois écrans chacune, qui proposent un service de recherche d’emplois géolocalisés, à l’échelle d’un quartier ou de la ville. Ces bornes sont équipées d’un écran dédié aux personnes à mobilité réduite, le design du mobilier permettant d’insérer de manière confortable un fauteuil roulant et d’utiliser facilement l’écran tactile.

Enfin, pour répondre à une utilisation plus ludique de la ville, nous avons installé le concept Play, square du Temple dans le 3e arrondissement. Cet ensemble est composé de deux tables inclinées équipées de grands écrans tactiles et d’assises, permettant à deux personnes de s’installer pour jouer, seuls ou face à face. Les écrans proposent en effet une sélection de 8 jeux simples, qui s’inscrivent naturellement dans la continuité des jeux que l’on trouve dans les parcs et jardins parisiens.

Pouvez-vous nous présenter d’autres expérimentations que vous menez en France ?

En France, nous avons aussi participé à la toute première biennale de création de mobilier urbain, Forme Publique, organisée par De Facto sur le parvis de La Défense en 2012. Cela a été l’occasion de créer des mobiliers inédits en collaboration avec de jeunes designers. Nous avons par exemple conçu et installé Stanzes, des mobiliers d’assise et de sociabilité dont les usages sont tacites mais non précisés ; une invitation à s’installer et utiliser des mobiliers mis à la disposition d’un public qui en général ne fait que passer sur cette esplanade.

Nous menons parallèlement de nombreuses expérimentations au sein de notre Medialab, centre de recherche et développement (R&D) mondial. Nous y testons des innovations dans le domaine du numérique, en particulier autour de la problématique de l’Internet des Objets qui ouvre des perspectives intéressantes. Dans un contexte d’explosion des équipements mobiles personnels, nous verrons demain de plus en plus d’interactions entre la ville physique – les bâtiments, le mobilier urbain, etc.- et la couche d’information et de services que l’on peut consulter facilement à partir d’un Smartphone. Ce sont des usages encore émergents, mais les perspectives de cette « ville augmentée » sont réelles.

Quel lien faites-vous entre le mobilier urbain intelligent et les Smart grids ?

Bien sûr, la problématique de l’énergie et de la connectivité est centrale dès lors que l’on développe de nouveaux services numériques à valeur ajoutée sur l’espace public. Le développement des Smart grids est un levier supplémentaire qui permettra de déployer plus facilement de tels services et d’en garantir la qualité. Mais le plus important, finalement, est bien la pertinence et la qualité d’exécution des services qui sont proposés au public.

En quoi le mobilier urbain intelligent modifie-t-il les usages dans la ville ?

Un premier constat important : tous ceux qui pratiquent la ville – qu’ils y habitent, y travaillent ou la visitent – ont accueilli très favorablement les innovations que nous avons conçues. Aujourd’hui, le numérique est présent dans de nombreux domaines de nos vies privée et professionnelle et son irruption sur l’espace public est perçue comme tout à fait pertinente et naturelle. Offrir la possibilité de se connecter à la ville pendant quelques minutes lorsqu’on est en mobilité ou en phase d’attente, dès lors que les contenus sont de qualité, c’est augmenter la couche de services disponibles sur l’espace public. Que ces contenus soient pratiques ou ludiques, ils permettent une véritable continuité de service en mobilité et contribuent à proposer une ville plus riche, utile, accessible, agréable et familière, que l’on soit résident, visiteur ou touriste étranger.

Comment gérez-vous la consommation d’électricité de ces nouveaux dispositifs numériques très énergivores ?

Le parc digital de JCDecaux s’élève à un peu plus de 12 000 dispositifs dans le monde, ce qui est à mettre au regard des plus d’un million de mobiliers JCDecaux implantés dans le monde.

Pour limiter la consommation électrique de ces mobiliers digitaux, JCDecaux a mis en place plusieurs actions, couvrant l’intégralité du cycle de vie du mobilier (de la conception du mobilier à son recyclage en fin de vie).

1- Conception des dispositifs digitaux

La Direction des études de JCDecaux travaille à l’amélioration, lors de la phase de conception, de la consommation énergétique des mobiliers digitaux et à une optimisation de la maintenance. Ces améliorations se traduisent par :

  • une veille permanente sur les nouvelles technologies d’écrans digitaux proposant des consommations réduites (LCD LED, OLED, etc.) ;
  • l’installation d’une carte de contrôle, adaptant la consommation d’énergie des écrans en fonction de la luminosité et déclenchant la ventilation uniquement quand cela est nécessaire. Quand la luminosité extérieure baisse, la luminosité de l’écran est elle aussi réduite ce qui permet d’abaisser les consommations électriques des dispositifs ;
  • le calcul de structure, permettant l’optimisation des quantités de matériaux tout en préservant les critères de sécurité liés à leur résistance ;
  • une conception prévue pour faciliter le démontage des pièces d’usure.

2- Sélection des produits et des fournisseurs

JCDecaux a mis en place une politique d’achats pour les dispositifs digitaux basée sur le choix du couple produit/fournisseur le plus fiable et le plus efficient pour garantir une durée de vie plus longue des composants et une consommation électrique optimale.

Le choix des écrans est motivé par :

  • une consommation électrique la plus faible parmi les différentes solutions techniques équivalentes disponibles ;
  • le respect de la réglementation RoHS visant à limiter l’utilisation de certaines substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques.

3- Activités d’assemblage certifiée ISO 14 001

L’assemblage des dispositifs digitaux de JCDecaux se fait dans le respect de la réglementation environnementale liée à ces activités sur le site de Maurepas, dans les Yvelines (Certification ISO14001). Ces activités sont associées à une démarche systématique de diminution des impacts environnementaux, notamment sur l’optimisation des consommables utilisés et l’optimisation du tri des déchets.

4- Impact environnemental diminué pendant l’exploitation

JCDecaux a mis en place un processus de maintenance optimisé pour prolonger la durée de vie des dispositifs digitaux. Ce processus se fonde sur :

  • un outil permettant la détection précise du problème rencontré à distance, ce qui optimise chaque intervention technique sur le terrain ;
  • des éléments pouvant être séparés afin de mieux remplacer la pièce posant problème ;
  • une extinction nocturne des écrans programmée suivant le contrat et l’emplacement du mobilier (extinction lors des fermetures nocturnes des aéroports, gares routières ou ferroviaires, stations de métros, etc.) pour réduire la consommation électrique des écrans.

Sur le sujet des outils qui permettent de piloter à distance les mobiliers JCDecaux, nos mobiliers sont équipés de capteurs qui permettent d’identifier la nécessité d’intervenir pour un type de maintenance spécifique, ce qui nous permet notamment d’optimiser les déplacements des équipes d’exploitation sur le terrain. Ces informations sont remontées en temps réel via nos systèmes de supervision, elles sont simplifiées pour prendre la forme d'un code défaut et d'une fin de défaut.
La consommation électrique est l'un des indicateurs de maintenance, par exemple un caisson publicitaire dont l'éclairage est défectueux a une consommation modifiée par rapport à sa valeur standard ce qui veut dire qu’un changement de tube fluorescent est nécessaire.

Pour ce qui concerne nos mobiliers digitaux, en particulier en extérieur, nous sommes amenés à généraliser les capteurs, en particulier de luminosité pour adapter l'intensité lumineuse, et donc la consommation électrique, à l'ambiance lumineuse dans laquelle se situent les écrans. Ces dispositifs étant par nature connectés, la remontée et l'analyse de cette consommation va progressivement se généraliser, ces informations ne sont pas encore « historisées » mais traitées localement. Nous avons réalisé sur le sujet de la consommation énergétique des démonstrateurs qui remontent des informations avec une fréquence d'échantillonnage plutôt haute (de l'ordre de 10 à 60 mesures par heure), mais nous serons certainement amenés en déploiement « réel » à créer des indicateurs plus synthétiques à l'échelle de quelques remontées par heure, hors détection d'un défaut de fonctionnement.

5- Traitement optimisé de la fin de vie des produits par des filières de recyclage agréées

En fin de vie, les composants électriques et électroniques sont séparés et acheminés vers les filières appropriées pour être recyclés permettant de sécuriser les polluants et recycler les autres matériaux.


Albert Asséraf
08 octobre 2013



Albert Asséraf est Directeur Général Stratégie, Etudes et Marketing France et membre du Comité de Direction France de JCDecaux.
Il est titulaire d’une Maîtrise de Sciences et Techniques de l’Information. Il a commencé sa carrière, en 1985, chez Comecon, société de conseil en publicité extérieure. Il l’a poursuivi au sein de Carat Comecon Affichage où il est nommé, en 1990, Directeur des Etudes et des Outils. En 1993, il devient Directeur Général de Carat Expert Affichage.
De 2001 à 2004, il est Directeur Général de Carat Expert Affichage et Médias Locaux et Directeur Général de Carat Local.
Albert Asséraf est membre du Conseil d’Administration du Centre d’Étude des Supports de Publicité (CESP), Président du Collège Publicité Extérieure du CESP, Professeur Associé au sein du Département Marketing, Publicité et Communication du CELSA Paris Sorbonne, Président de Neuilly Nouveaux Médias et a été Président d’Affimétrie, organisme dédié à la mesure d’audience des supports de Communication Extérieure, pour l’année 2011.


JCDecaux est une entreprise spécialisée dans la communication extérieure. Inventeur du concept du mobilier urbain en 1964, JCDecaux est présent dans les trois principales activités du métier de la communication extérieure : le mobilier urbain, la publicité dans les transports et l’affichage grand format.