Les plateformes Open Data

Contenu mis à jour le 30/11/2020

Cette page a été rédigée par 

la Commission de régulation de l'énergie.

1. Définition et rôle des plateformes open data

L’open data (ou données ouvertes) qualifie à la fois des modalités de mise à disposition de données, soumises à une licence de libre diffusion, mais aussi la philosophie sous-jacente consistant à partager de manière ouverte des données d’intérêt public.

Ainsi, l’open data consiste, le plus souvent pour un acteur chargé d’une mission de service public, à mettre en place une infrastructure informatique permettant à un utilisateur de rechercher et exploiter des données libres de droit.

En France, l’État, en particulier la mission Etalab rattachée auprès du Premier ministre, a mis en place la plate-forme data.gouv.fr, qui permet à quiconque de consulter des données publiques ou des données produites par une entreprise ayant une mission de service public, qui les ont dûment répertoriées. Il s’agit notamment de données ayant trait aux comptes publics, à des statistiques d’efficacité des politiques publiques, des résultats électoraux, mais aussi à la démographie, la santé, l’éducation, le tourisme ou à l’environnement.

Ces données peuvent à leur tour être partagées, réutilisées et enrichies par la communauté d’utilisateurs. Des producteurs de données ont la possibilité d’être certifiés, afin de publier des jeux de données sur l’open data, qui pourront à leur tour être partagés et réutilisés.

La plupart des plates-formes d’open data facilitent l’accès aux données publiées par des utilisateurs souhaitant en automatiser l’exploitation par la mise en place d’API, ouvertes et documentées. Ces API ont pour objectif de mettre à disposition d’un automate de traitement l’ensemble des données également publiées sous une forme illustrée et compréhensible par un utilisateur de la plateforme.

L’accès aux données via l’API affranchit un tel automate de toutes les contraintes liées à l’affichage des données prévu pour une utilisation « par un humain ». Il systématise, sous la forme d’une grammaire décrite dans la documentation de l’API également mise en ligne, la manière dont les demandes à la plate-forme doivent être formulées et dont les réponses doivent être interprétées par l’automate.

2. L’ouverture des données publiques impulsée par la loi pour une République numérique

La loi no 2016‑1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique marque un tournant dans la politique d’ouverture des données et de volonté de transparence de l’administration. Elle engendre en outre un gisement important de création de services innovants grâce à de telles informations.

Son article 6 instaure en particulier le principe de l’open data « par défaut », que constitue l’obligation pour les collectivités de plus de 3 500 habitants et les administrations de plus de 50 agents, de mettre à disposition sur un site internet, notamment :

  • les informations publiques qu’elles détiennent ;
  • les bases de données « qu’elles produisent ou qu’elles reçoivent et qui ne font pas l’objet d’une diffusion publique par ailleurs » ;
  • les données « dont la publication présentent un intérêt économique, social, sanitaire ou environnemental ».

L’ouverture des données concerne également les algorithmes relevant de l’administration, comme le calcul des différents impôts, des systèmes d’allocations, l’affectation des élèves dans l’enseignement primaire, secondaire, supérieur.

En application de cette loi, depuis le décret no 2018-1117 du 10 décembre 2018, il est même autorisé de diffuser des documents comportant des données nominatives, dès lors que cette diffusion ne porte pas atteinte à la vie privée des personnes concernées. Ce qui revêt un large champ d’application : organigrammes et annuaires des administrations, répertoire national des associations et le répertoire des entreprises et de leurs établissements dans leur intégralité, annuaires des professions règlementées (avocats, notaires, huissiers, etc.), résultats obtenus par les candidats aux examens et concours administratifs ou conduisant à la délivrance des diplômes nationaux, conditions d’organisation et d’exercice des activités sportives, répertoire national des élus, registres des chambres d’hôtes et gîtes, base des permis de construire.

Les obligations de la CRE en matière de données de l'énergie

La CRE remplit ces obligations en mettant en ligne sur la page open data de son site internet les données qu’elle produit et les a par ailleurs répertoriées sur data.gouv.fr.

Page Open Data du site de la CRE

Données répertoriées sur data.gouv.fr

3. Quelques exemples de plateformes dans le contexte de l’énergie

L’agence ORE est une association formée par l’ensemble des gestionnaires de réseaux de distribution d’électricité et de gaz naturel français. En matière d’open data, elle a notamment pour objectif de mutualiser des infrastructures techniques de publication à destination notamment des plus petits gestionnaires (ELD), afin que ceux-ci soient en mesure de satisfaire à leurs obligations réglementaires. Elle a par ailleurs enrichi ses services en offrant à ses visiteurs des modes de visualisation de données spécifiques (dataviz) sur les données locales de l’énergie.

L’infrastructure technique utilisée (Opendatasoft) offre la possibilité d’exploiter ces informations sous différentes formes :

  • des tableaux téléchargeables, qui constituent la donnée brute ;
  • des cartes, dès lors que des coordonnées géographiques ont été intégrées aux données brutes pour projeter spatialement la donnée en question ;
  • des graphiques d’analyse, souvent dynamiques (possibilité de modifier les axes de lecture, leurs valeurs, etc.) ;
  • par API, afin d’en externaliser le traitement.
Exemple de dataviz proposée par l’agence ORE (Source : Enedis)

Les gestionnaires de réseaux de transport d’électricité et de gaz naturel (RTE, GRTgaz, Teréga), certains gestionnaires d’infrastructures de gaz (Elengy, Storengy, Dunkerque LNG), ainsi que d’autres partenaires comme l’Association française du gaz naturel pour véhicules (AFGNV) et Weathernews (fournisseur de données météorologiques) ont constitué ensemble la plateforme « Open data Réseaux énergies » (dite ODRE).

Ceux d’entre eux, qui disposaient auparavant de leur propre plateforme, mettent désormais à disposition les données sur cette infrastructure unifiée, qui permet de croiser des données à la fois sur l’électricité et le gaz naturel.

Jeux de données disponibles sur l’open data Réseaux énergie (Source : Agence ORE)

Les principaux gestionnaires de réseaux de distribution d’électricité et de gaz naturel, Enedis et GRDF, ont également mis en place des plateformes open data (respectivement https://data.enedis.fr/ et https://opendata.grdf.fr/). Ils y publient à la fois des jeux de données qui dépassent les seules exigences de mise à disposition prévues par la réglementation (registre des installations de production et de stockage d’électricité, agrégation de données annuelles à différentes mailles géographiques, etc.).

Données cartographiques issues de la plateforme open data d’Enedis (Source : Enedis)
Graphe d’analyse constitué sur la plateforme open data de GRDF (Source : Enedis)

Enfin, de nombreuses collectivités publiques mettent d’ores et déjà à disposition des données agrégées sur leur territoire concernant l’énergie, notamment les plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET), la production d’électricité par filière ou la localisation des points de recharge pour véhicules électriques (par exemple, la Métropole européenne de Lille, Orléans Métropole ou la région Sud – Provence Alpes Côte d’Azur).