Haut de page

Accueil » Territoires et projets » Afrique

Les Smart grids en Afrique

La problématique des réseaux électriques africains

L’énergie est indispensable à la vie, au développement économique et à la lutte contre la pauvreté. Cependant, aujourd’hui encore, près d’un tiers des 7 milliards d’habitants de la planète ont un accès très restreint à l’énergie. C’est notamment le cas en Afrique. En 2008, 558 millions d’Africains n’avaient pas accès à l’électricité. En 2030, du fait de la croissance démographique, ce chiffre devrait bondir de 18 % pour atteindre 652 millions.

Avec plus de 50 pays présentant de fortes disparités entre monde rural, monde urbain et péri-urbain, bidonvilles en forte croissance et zones isolées, l’Afrique est un grand continent très contrasté.


Une image classique de l’Afrique est le « Continent noir » sans lumière !

La situation des réseaux en Afrique aujourd’hui

Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, les infrastructures électriques sont très insuffisantes. La forte augmentation de la demande électrique se heurte à des coupures et des délestages très fréquents. Par ailleurs, les réseaux ne sont pas du tout « smart ». Les réseaux sont faiblement interconnectés entre pays, peu maillés, insuffisants et vieillissants, mal entretenus et dégradés, les matériels sont hétérogènes et les standards techniques datent parfois de l’ère coloniale.

Or, l’énergie non distribuée du fait d’insuffisance de production ou de pannes sur réseau (END) est un frein au développement socio-économique dont l’électricité est, encore une fois, un vecteur incontournable. Les besoins d’investissements sur les réseaux sont immenses et l’électrification universelle prendra au moins 50 ans. Pour généraliser l’accès à l’énergie, il faudra améliorer la fiabilité, la sécurité, la qualité de service, la maintenance et la gestion des réseaux électriques. De plus, la production d’électricité décentralisée sera indispensable. Les énergies renouvelables devront trouver leur place dans le système électrique africain.

En effet, le potentiel de production d’électricité à partir de différentes énergies en Afrique est important mais encore sous-exploité. Le pétrole et le gaz sont prédominants au Nord et à l’Ouest, le charbon au Sud, et l’Afrique centrale présente un énorme potentiel hydroélectrique. Bien que très coûteux, le solaire pourrait largement se développer sur le continent africain, tout comme l’éolien en zone littorale ou encore la géothermie (au Kenya par exemple). En revanche, la biomasse ne doit plus être surexploitée au risque d’entraîner déforestation et désertification, avec toutes les conséquences désastreuses que cela peut avoir.

Il y a, donc, la diversité et la complémentarité nécessaires, mais les obstacles majeurs à un bon développement de l’accès à l’énergie en Afrique sont les très grandes distances et la faible densité de population.

L’idéal serait de mettre en place des réseaux de transport en coopération régionale. Entre l’Afrique humide et l’Afrique sèche, il faut des infrastructures électriques, des réseaux régionaux et subrégionaux, de grandes interconnexions et des micro-réseaux.

Les Smart grids en Afrique, une solution pour répondre aux besoins énergétiques de l’Afrique ?

Ainsi, la question centrale est celle des réseaux. La demande en énergie est en forte croissance et les effets du changement climatique en Afrique ne seront pas neutres de ce point de vue. D’énormes investissements sont nécessaires pour la remise en état et la modernisation des réseaux, et ce sur plusieurs décennies. La mise en place de nouvelles technologies de réseaux électriques intelligents et de compteurs communicants pourraient permettre à l’Afrique de rattraper beaucoup plus rapidement son retard en la matière.

Parmi les bénéfices attendus, les Smart grids auront pour effet de rendre le réseau bidirectionnel, d’améliorer la gestion, la maintenance et la qualité de service, mais permettront aussi aux opérateurs de faire des économies, notamment au niveau des pertes techniques et non techniques (voir encadré). Par ailleurs, les Smart grids contribueront à l’intégration des énergies de sources renouvelables et à l’amélioration de l’efficacité énergétique en Afrique.

L’impact des Smart grids et des Smart meters, pour la réduction des pertes

Les pertes techniques et non techniques sont souvent très importantes au sein du continent africain.

  • Les pertes techniques sont de l’énergie perdue dans les réseaux, par échauffement des conducteurs (pertes « cuivre »), dans les transformateurs (pertes « fer » et pertes « cuivre ») et par effet couronne (ionisation de l’air sous certaines conditions atmosphériques).
  • Les pertes non techniques sont des pertes financières : problèmes de comptage, relève, facturation, mauvais recouvrement, compteurs trafiqués, corruption, dette non collectée, inadéquation entre coûts et tarifs, connexions illégales, vols de courant, etc.

Les Smart meters, difficilement piratables, sont une aide précieuse pour le recouvrement et la gestion de la consommation.


D’un point de vue très concret pour le quotidien de millions d’Africains, les Smart grids permettront de diminuer les temps de coupure, accélérer les réalimentations ou, encore, renforcer la sécurité et la qualité de la fourniture d’électricité. Les compteurs évolués permettront une meilleure gestion des clients et des consommations.

La question est maintenant de savoir comment relier les réseaux du continent africain, souvent obsolètes, directement à l’âge des Smart grids ? Comment permettre aux États africains, comme à d’autres pays en voie de développement, de réussir ce saut technologique nécessaire et transformer une contrainte en opportunité, de passer d’un rêve à une réalité ?

La transition vers les nouvelles technologies de l’information et la communication est déjà en marche en Afrique : c’est le marché de téléphones cellulaires qui présente la plus forte croissance au monde. Les besoins de modernisation des réseaux électriques constituent une opportunité unique d’apprendre, à partir du retour d’expérience des pays industrialisés, et d’aller de l’avant. Au minimum, il est nécessaire d’assurer la compatibilité avec de nouveaux concepts et les technologies du futur. Il est indispensable d’éviter les verrous technologiques, car la durée de vie d’un équipement de réseau peut être supérieure à 50 ans. La normalisation doit aussi être préparée : normes, standards et protocoles partagés, compatibilité, tropicalisation des matériels électroniques (compteurs et concentrateurs) pour qu’ils supportent la chaleur et l’humidité.

Préparer l’avenir des Smart grids dans les pays en développement est un grand enjeu de coopération technique. Avec anticipation, renforcement des capacités (capacity building), formation et développement des compétences, le continent africain pourrait devenir le laboratoire des Smart grids de demain !

Extrait d’une présentation de Henri Boyé, membre du Conseil général de l’Environnement et du Développement Durable et ancien Directeur Afrique à EDF, au Colloque du Mastère OSE, Optimisation des Systèmes énergétiques, du 29 septembre 2011.
Page 1 de 2»

Rechercher

Se tenir informé

Abonnez-vous à notre liste de diffusion pour être informé régulièrement des mises à jour du site.

S'abonner

Participer au site

Vous souhaitez participer à notre site ou réagir à un dossier, contactez-nous dès aujourd'hui.

Nous contacter

Les forums de la CRE

La CRE organise des forums, associés à chaque nouveau dossier, pour donner la parole aux experts des Smart grids.
Se tenir informé des prochains forums

Nos contributeurs

Notre site se nourrit aussi de vos contributions. Nous tenons donc à remercier "CoSMo" qui fait partie de nos 168 contributeurs.
Découvrir nos contributeurs