Haut de page

Accueil » Tous les dossiers » Le consomm'acteur

Smart grids, un terme en avance sur les mentalités ?

Il semble que le concept de Smart grid, symbolisant l’avènement d’une ère nouvelle pour le système électrique, soit en avance sur les mentalités. Sa traduction dans les faits nécessite en effet de la part de chaque acteur, à la fois par conviction écologique, nécessité et motivation financière, une prise de conscience nouvelle et une adaptation des usages grâce aux nouvelles technologies.

L’expression Smart grids (ou réseaux intelligents) est de plus en plus utilisée dans les médias. Dans le monde de l’énergie, les deux mots « smart » et « grids » semblent désormais naturellement associés.

Cependant, cette union n’a pas toujours été évidente. Elle s’inscrit dans une dynamique demandant l’implication de tous les acteurs, du côté des utilisateurs finals comme de la fourniture d’énergie. Cependant, les changements de mentalité qui doivent nécessairement accompagner cette révolution ont-ils bien lieu ?

Les consommateurs d’énergie

Les particuliers

Grâce aux compteurs évolués, le consommateur d’électricité tend à devenir consomm’acteur. En effet, par le biais de son ordinateur ou de son Smartphone, il pourra prendre des décisions éclairées sur sa consommation. De même, l’intégration des énergies de sources renouvelables (EnR) peut amener les consommateurs à devenir producteurs : 91 % des installations de panneaux photovoltaïques en France métropolitaine ont une puissance inférieure à 3 kWc. On constate que la tendance au changement est indéniable.

Le déploiement des compteurs évolués aura ainsi pour conséquence une maîtrise, voire une réduction, de nos consommations. Chacun de nous désire-t-il néanmoins s’impliquer dans cet effort citoyen ? Ce n’est pas évident.

Tout d’abord, en France, nous avons tendance à déléguer entièrement notre gestion énergétique au fournisseur par traditions historique et culturelle. Ensuite, le changement de comportement dépendra fortement des catégories socio-économiques : les populations en situation de précarité énergétique sont les moins à même d’investir dans une solution de pilotage énergétique. Enfin, on peut estimer qu’il y a au moins deux écoles de pensée : une première qui considère qu’il est utile de mettre à disposition de chaque utilisateur un outil de pilotage de sa consommation, comptant sur une éco-responsabilité spontanée. Une seconde estime, au contraire, que les consommateurs individuels ne souhaiteront pas être proactifs, même si on met à leur disposition des outils de pilotage. C’est un sujet complexe qui fait encore débat.

Les entreprises

Les entreprises seront plus sensibles que les particuliers à l’adoption de solutions de pilotage énergétique permises par l’émergence des nouvelles technologies en raison de la réduction possible des coûts et de l’image écologique de l’entreprise. Certaines pratiquent déjà de l’effacement.

Pour réduire la facture énergétique, il faut réunir un ensemble de conditions :

  • les bâtiments doivent être intrinsèquement performants, par conception pour le neuf, par rénovation pour l’existant ;
  • l’entreprise doit être équipée d’outils de pilotage pertinents et efficaces (Smart Energy Management) ;
  • l’organisation de l’entreprise doit refléter son ambition, avec des services généraux et une direction informatique dûment formés et sensibilisés à la maîtrise des consommations électriques ;
  • la nécessaire implication des collaborateurs sera inspirée par les dirigeants et s’appuiera sur un système d’information (SI) et de communication efficace.

On observe aujourd’hui des changements de mentalité encourageants dans le monde des entreprises, où l’adoption d’un SI et d’outils de pilotage adéquats vient accompagner le déploiement de nouvelles stratégies durables d’entreprise.

En amont, le SI est au cœur de la chaîne de fourniture d’énergie

La distribution

En premier lieu, le gestionnaire du réseau de distribution doit investir dans les SI dédiés à ses fonctions supports. Le déploiement et l’intégration des compteurs évolués rendent le réseau de distribution communicant, devant remonter les données de consommation afin de les mettre à disposition du fournisseur. Pour réussir cette transformation radicale, le personnel devra aussi être accompagné et suivre des formations adaptées. Ainsi, les agents de terrain, au contact des clients, devront apprendre à convaincre les particuliers de l’utilité du dispositif.

Les Smart grids auront aussi un impact sur les fonctions opérationnelles. Il faudra adapter le niveau d’automatisation des opérations sur le réseau, qui nécessitent non seulement une nouvelle gamme de logiciels et de SI (conduite, exploitation, maintenance, régulation court terme, etc.), mais, également, un redimensionnement de l’infrastructure communicante adossée aux réseaux (notamment basse tension).

Simple outil de gestion au départ, le SI est, donc, destiné à véritablement se positionner au cœur du métier du gestionnaire de réseaux de distribution.

La fourniture

En tant que responsable de la relation avec le client final, c’est le fournisseur qui devra principalement assurer la tâche d’éduquer les consommateurs.

La plus grosse inconnue réside dans la définition et l’attractivité des nouveaux services que le fournisseur pourra offrir à ses clients afin que, d’une part, celui-ci accepte d’y souscrire et, d’autre part, qu’il les utilise régulièrement. Cette démarche implique une véritable prise de conscience et une autre conception de la relation client.

À ce sujet, on peut imaginer que l’opérateur historique cherchera à construire des offres incitatives, à l’instar des tarifications progressives expérimentées aux États-Unis et au Canada. Ces offres pourraient être fondées sur un profilage détaillé des clients, ce qui nécessiterait une transformation des modes de travail qui n’en est encore qu’à ses balbutiements.

Un autre aspect est l’adaptation des SI. Elle concerne la connexion avec les bases de données du gestionnaire de réseaux de distribution, les applications au cœur du nouveau métier de services, l’interface sécurisée avec Internet, enfin une éventuelle « smartbox » résidentielle. Ces différentes composantes de la modernisation des SI sont éloignées des problématiques classiques du fournisseur et les changements de mentalité induits sont profonds.



Cette fiche a été rédigée par Steria.




«Page 11 de 18»

Rechercher

Se tenir informé

Abonnez-vous à notre liste de diffusion pour être informé régulièrement des mises à jour du site.

S'abonner

Participer au site

Vous souhaitez participer à notre site ou réagir à un dossier, contactez-nous dès aujourd'hui.

Nous contacter

Les forums de la CRE

La CRE organise des forums, associés à chaque nouveau dossier, pour donner la parole aux experts des Smart grids.
Se tenir informé des prochains forums

Nos contributeurs

Notre site se nourrit aussi de vos contributions. Nous tenons donc à remercier "Smart grid Energy" qui fait partie de nos 168 contributeurs.
Découvrir nos contributeurs