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Accueil » Tous les dossiers » L’éclairage public et le mobilier urbain intelligents

Introduction

Le 1er juillet 2013, l’arrêté rendant obligatoire l’extinction des vitrines, des bureaux et des façades de bâtiments la nuit est entrée en vigueur. Cette mesure fait partie des décisions prises à la suite du Grenelle de l’environnement, qui a inséré dans la loi la notion de pollution lumineuse. Ainsi, l’article 173 de la loi dite « Grenelle 2 » du 12 juillet 2010 introduit dans le droit de l’environnement la prévention des nuisances lumineuses et un objectif d’économies d’énergie visant à réduire les émissions inutiles de lumière artificielle, sans nuire à la sécurité publique ou à la sûreté d’installations et d’ouvrages sensibles.

L’éclairage public participe à la fois à la sécurité publique, en jouant un rôle important dans la perception nocturne des espaces publics (identification des différents usagers, perception de leur comportement, détection des obstacles éventuels de la voirie), à la convivialité et à l’embellissement des espaces publics en mettant en valeur le patrimoine et en créant des ambiances nocturnes agréables. Il est aujourd’hui au cœur des préoccupations dans la construction de la ville de demain et, ce, pour plusieurs raisons.

L’éclairage public : un gouffre énergétique

La première raison est économique. En France, 9 millions de lampes fonctionnent entre 3 500 et 4 300 heures par an pour une puissance installée d’environ 1 260 MW. L’éclairage public des villes représente près de la moitié de la consommation d’électricité des collectivités territoriales, soit 18 % de leur consommation toutes énergies confondues. Le poids de l’éclairage public dans la facture des collectivités est donc très important.

Il est donc nécessaire pour les collectivités territoriales d’investir dans des technologies intelligentes capables de faire baisser leur consommation d’électricité. Cela est d’autant plus vrai que, lors du Grenelle de l’environnement, une analyse de l’état des lieux des installations d’éclairage a fait apparaître d’importants besoins de rénovation. Plus de la moitié du parc est composée de matériels obsolètes (40 % des luminaires en service ont plus de 25 ans) et énergivores : boules diffusantes, lampes à vapeur de mercure (environ 1/3 du parc), etc.

À l’échelon européen, ces investissements dans des technologies d’éclairage public intelligent pourraient représenter des économies d’énergie annuelles de l’ordre de 38 TWh, soit une réduction 63,7 % de la consommation d’énergie par l’éclairage public (source : projet E-Street).

De nouveaux enjeux environnementaux et culturels en ville

Depuis les premières lanternes à huile déposées en 1558 devant quelques portes et fenêtres parisiennes jusqu’aux systèmes d’éclairage les plus récents à diodes électroluminescentes, les critères de performance et de sécurité sont au cœur des exigences des acteurs de l’éclairage extérieur (villes, fabricants, maîtres d’ouvrage, etc.).

Cependant, aujourd’hui, de nouveaux enjeux préoccupent les acteurs de la ville de demain. L’éclairage public, comme le mobilier urbain, doivent répondre à des critères socio-culturels et à des critères environnementaux :

  • critères sociaux et culturels : la sécurité des personnes et des biens reste la première priorité, qu’elle soit immédiate (sécurité des déplacements dans les espaces publics), ou de long terme (limitation des rejets de CO2 et des effets du changement climatique). Elle s’accompagne de la recherche d’une qualité de vie, d’un confort et d’une convivialité que les ambiances lumineuses judicieusement réparties dans l’espace et le temps et un mobilier urbain utile, opportun et bien inséré dans la ville peuvent procurer. Par un aménagement intelligent des zones urbaines, il s’agit de faire réapparaître dans les villes une vie sociale en dehors du domicile et de faire renaître un lieu d’échanges, de rencontres et de loisirs. Les espaces urbains sont la vitrine de la ville, le reflet de son dynamisme et de son identité ;
  • critères environnementaux : il existe un vrai enjeu politico-économique dans l’aménagement des zones collectives. C’est pourquoi petit à petit, certaines municipalités innovantes privilégient les aménagements naturels et économes en entretien. Des consommations contrôlées, des nuisances lumineuses limitées, un éclairage adapté aux seules exigences visuelles, etc., sont autant de critères à prendre en compte pour des installations respectueuses de l’environnement.

L’introduction de l’intelligence pour concilier ces différentes contraintes

Poussées par les contraintes réglementaires et budgétaires, mais également afin de concilier les enjeux sociaux, environnementaux et d’attractivité, les villes cherchent des solutions innovantes pour mieux gérer leur éclairage public et développer un mobilier urbain adapté aux attentes des citoyens.

Elles ont conscience de la valeur des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) pour développer de manière efficace et durable des services pour les citoyens, visiteurs et entreprises dans tous les domaines et métiers du territoire. À l’instar des réseaux d’énergie, elles choisissent aujourd’hui de déployer les technologies de l’information et de la communication au mobilier urbain et à l’éclairage public pour les rendre intelligents.

En outre, le déploiement de ces technologies sur le réseau d’éclairage public et de mobilier urbain, permettra de renforcer l’efficacité des réseaux électriques pour l’ensemble du territoire (meilleure qualité de l’alimentation, plus grande maîtrise de la demande en énergie, etc.).

La résolution de cette nouvelle équation à laquelle les villes d’aujourd’hui sont confrontées passera par le développement de l’intelligence du mobilier urbain et de l’éclairage public. Les acteurs de la ville désignent cela par le terme de « nouvelles fonctionnalités urbaines ». Il s’agit des nouvelles possibilités de produits et de services offertes en ville grâce à l’ajout d’intelligence.

Ainsi réduire les coûts, préserver l’environnement et accroître l’attractivité de la ville ne sont pas des objectifs incompatibles. Au contraire, la recherche d’une réponse optimale implique de mener une réflexion sur les besoins véritables en termes d’éclairage public et de mobilier urbain : l’éclairage est-il vraiment nécessaire ou un simple balisage peut-il suffire ? Quand éclairer ? De manière continue dès la tombée du jour ou seulement à certaines périodes de la nuit et/ou de l’année ? Où déployer le mobilier urbain ? Quel mobilier choisir ? Etc. mais, également, de raisonner en termes de coût global et, au-delà de l’investissement initial, de tenir compte notamment de la durée de vie du matériel, de sa performance, des coûts d’exploitation, de maintenance et de recyclage.

Des technologies efficaces qui permettent de répondre à ces questions sont aujourd’hui disponibles. La suite de ce dossier apportera les développements nécessaires pour comprendre l’utilité et l’impact du déploiement du mobilier urbain et de l’éclairage public intelligents.

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