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Accueil » Tous les dossiers » La R&D : un concept aux multiples facettes

Point de vue de David Marchal (ADEME) :

C’est un des métiers de l’ADEME de soutenir l’innovation dans tous les domaines de la transition énergétique et écologique, et plus particulièrement celui des Smart grids. Le diagramme ci-dessous rappelle les différents guichets du soutien à l’innovation en fonction de la maturité des technologies. L’ADEME soutient à la fois des activités très en amont, y compris jusqu’à la recherche fondamentale, et des démonstrateurs qui sont beaucoup plus proches de la maturité industrielle et commerciale.

Bien évidemment, les outils ne sont pas les mêmes. Pour ce qui est très en amont, l’ADEME soutient une cinquantaine de thèses par an, qui ont lieu dans des structures externes à l’ADEME (laboratoires ou industries). Sur les Smart grids, on peut par exemple citer comme sujet de thèse le vehicule to grid ou encore les aspects territoriaux de la transition énergétique, ce qui est un peu plus sociologique. L’ADEME lance également des appels à projet de R&D pour des problématiques de recherche amont avec des budgets de quelques centaines de K€. Il y a notamment des appels à projets sur la thématique de « Énergie durable » mais aussi depuis deux ans un appel à projet plus centré sur les sciences humaines et sociales « Transition écologique économique et sociale », car il est important de se souvenir que le sujet des Smart grids dépasse la seule dimension technologique et que l’appropriation sociale est essentielle. Depuis 2011 enfin, les Investissements d’Avenir (IA) permettent à l’ADEME d’accompagner des projets de démonstrateurs.


Accompagnement de la Recherche et développement / Innovation par l’ADEME (Source : ADEME)

L’historique des dispositifs de soutien de l’ADEME

L’ADEME est engagée dans une démarche de soutien à l’innovation des Smart grids depuis 2009, année de publication d’une première feuille de route « Réseaux électriques intelligents », qui a donné lieu à un premier Appel à manifestation d'intérêt (AMI).

Depuis 2010, cinq AMI et Appels à projets (AAP) « démonstrateurs » ont été lancés. Ils concernent des démonstrateurs de technologies à l’échelle 1 portés par des consortiums formés d’industriels, d’énergéticiens, de PME et de laboratoires. L’ADEME a mis en avant quatre grandes thématiques :

  • l’insertion de la production distribuée et renouvelable 
  • la maîtrise et la gestion de la demande 
  • l’anticipation de l’évolution de l’environnement des réseaux 
  • l’expérimentation de nouveaux modèles d’affaires.

Par ailleurs, l’objectif de ces AMI et APP est double :

  • soutenir l’innovation d’expérimentation pré-industrielles ;
  • obtenir un retour d’expérience à prendre en compte pour l’évolution des politiques publiques.

En effet, il était clair dès le départ que sur le sujet des Smart grids, les démonstrateurs avaient une vocation certes technologique et industrielle, mais aussi d’orientation des politiques publiques. À titre d’exemple, financer une éolienne dernière génération comporte peu d’enjeux d’évolution réglementaire. Au contraire, pour les Smart grids, il y a toujours eu de fortes attentes sur l’évolution des questions traitées par la CRE, sur l’effacement diffus par exemple.

Depuis 2015, il existe un nouveau guichet « Initiative PME » qui concerne depuis cette année des projets portés par une unique PME. Dans le domaine des smart grids, une vingtaine de PME ont pu bénéficier du soutien de l’ADEME pour leur projet de recherche. Puisque ce dispositif ne porte que sur des subventions, il est plus facile à appréhender pour les PME qui ont un projet industriel de développement.

On peut aujourd’hui tirer un bilan des premiers AMI et APP pour les systèmes électriques intelligents :

  • 26 projets financés représentant 380 M€ de budget ;
  • 110 M€ d’aides au titre du programme d’aide des investissements d’avenir, à la fois des subventions et des avances remboursables ;
  • 5 appels à projets et 2 appels à projet européens (ERA-NET) ;
  • 2 fonds écotechnologies grâce auxquels l’ADEME dispose de capacités d’investissement en fonds propres dans les PME.

Un secteur caractérisé par sa vitalité

Il faut souligner la vitalité du secteur des Smart grids en France. Contrairement à ce qu’on a pu constater pour d’autres thématiques concernées par les Investissements d’Avenir, la dynamique pour les Smart grids ne s’essouffle pas. Le nombre de projets croît et leur orientation thématique évolue au fil des technologies et des réglementations. Ces projets touchent aux problématiques d’insertion des EnR, de technologies de réseaux et de gestion de la demande en électricité. Ils sont relativement bien répartis sur le territoire, quelques projets ayant par ailleurs une vocation nationale sans être implantés précisément sur un territoire.


Des acteurs impliqués sur toute la chaîne de valeur – non exhaustif (Source : ADEME)

Le diagramme ci-dessus donne un aperçu (non exhaustif) des parties prenantes qui peuvent être impliquées dans un projet. La vitalité du secteur s’explique d’abord par la présence de nombreux industriels qui sont des leaders mondiaux dans de nombreux domaines techniques plus ou moins connus du grand public. Ils parviennent à faire profiter de cette dynamique beaucoup de PME et de laboratoires. La vitalité du secteur se mesure aussi à sa capacité à se renouveler. Depuis six ans, on observe un flux ininterrompu de projets et il reste encore un grand nombre d’idées à tester. Cette vitalité peut comporter un risque de « coopétition » du monde de l’énergie avec celui du numérique. La question est de savoir si ceux deux secteurs entretiendront des rapports de coopération ou au contraire de compétition. En effet, il ne faut pas négliger les acteurs du monde des télécommunications, régulièrement présents dans les appels à projets. Le sujet des données est au centre de multiples débats en ce moment, et on peut avancer que dans le domaine de l’électricité, l’accès au client (et donc à ses données) est le nerf de la guerre. Or, les fournisseurs d’électricité et d’accès à Internet disposent tous deux de cet accès au client. C’est peut-être là que se situe un très fort enjeu pour le futur du secteur.

Les projets soutenus par l’ADEME

Le diagramme ci-dessous illustre le chemin déjà parcouru depuis le lancement des premiers projets soutenus par l’ADEME en 2012, mais il montre aussi qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire. Depuis 2009, un certain nombre de projets comme Greenlys ou MILLENER sont arrivés à leur fin et ont livré leurs premiers résultats, mais de nombreux autres projets sont en cours et viendront alimenter les réflexions à venir. Face à ce constat, l’ADEME a dressé un premier bilan, un premier retour d’expérience des démonstrateurs. Ce travail réalisé en 2016 a donné lieu à une publication (http://www.ademe.fr/systemes-electriques-intelligents-premiers-resultats-demonstrateurs) dans laquelle l’ADEME s’est efforcée de tirer quelques conclusions communes des différents démonstrateurs à la fois sur :

  • des questions d’orientation des politiques publiques, par exemple sur le volume de l’effacement diffus ;
  • de déploiement industriel, par exemple sur les acquis des démonstrateurs et les technologies que l’on peut espérer déployer au niveau industriel.

Il est important de souligner que les participants aux différents démonstrateurs n’attendent pas la fin des projets pour utiliser les acquis tirés des expérimentations et orienter leurs réponses à la CRE sur les sujets de régulation par exemple.


Planning d’avancement des projets soutenus par l’ADEME (Source : ADEME)

Parmi les derniers projets ayant obtenu un soutien de l’ADEME, on peut citer :

  • Next : d’un coût total de 7,8 M€ sur quatre ans, il vise à développer un logiciel de simulation et d’optimisation d’un réseau de distribution.
  • PicoWatty : d’un coût total de 4,5 M€ sur deux ans et demi, son objectif est de développer de mettre à disposition des consommateurs des équipements permettant de mesurer sa consommation et de l’informer dans un optique multi-service. Il fait notamment intervenir la technologie de communication LoRa, qui fait partie des évolutions technologiques qui participent au renouvellement continu des projets et amènent à réfléchir sur de nouveaux modèles économiques.
  • Smart Occitania : d’un coût total de 8 M€ sur trois ans et demi, il vise à expérimenter de nouveaux modèles de réseaux de distribution intelligents adaptés aux zones rurales.
  • Pride : d’un coût total de 5,2 M€ sur trois ans, il s’inscrit dans le cadre de l’expérimentation SMILE et teste une plate-forme de données qui permettraient de mettre ces dernières à disposition des territoires.
  • Rennes Grid : d’un coût total de 5,8 M€ sur quatre ans, il expérimente un modèle de gestion active de l’énergie à l’échelle d’un quartier, ce qui permettra de valoriser la production locale. On touche là au sujet de l’autoconsommation, assez peu abordé dans les projets historiques.
  • Digisol : d’un coût total de 2,5 M€ sur trois ans, il concerne la mise en place d’une blockchain. C’est une technologie qui peut directement impacter l’autoconsommation collectivité d’électricité d’origine photovoltaïque.
David Marchal
03 novembre 2017






David Marchal est directeur adjoint Production et Énergies durable à l’ADEME.




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